malédiction

L’esprit dans la bouteille

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jean-veberUn esprit hantait les écuries d’un métayer. Les vaches ne donnaient plus de lait, les chevaux furieux rompaient leurs licols.

Que faire en pareil cas ? La sorcière consultée conseilla de clouer sur la porte un morceau de plomb bénit et de placer à l’entrée de l’étable une bouteille vide. L’esprit conjuré devait y entrer. Il suffisait ensuite de boucher la bouteille et de l’enterrer dans un champ. Ce que fit notre métayer. 

Longtemps après ces événements, alors que tout le monde avait oublié la bouteille et l’esprit, une route fut établie dans la région. Un des tournants de cette route était très dangereux et vit maints accidents. Les animaux s’affolaient à ce passage, les chiens hurlaient, les voitures versaient. Une vieille femme explique que l’esprit de la bouteille avait dû s’échapper et que si on creusait au tournant de la route on trouverait certainement des débris de verre provenant de la bouteille enterrée par le métayer.

Ce qui fut vérifié.

L’esprit a été conjuré de nouveau et la circulation en ce passage est redevenue normale. Mais sait-on jamais ? L’esprit qui est enfoui maintenant sous ce tas de pierres ne réussira-t-il pas un jour à se libérer de nouveau

Illustration : Jean Veber.

Le réveil de Tout-ank-Amon

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Le réveil de Tout-ank-Amon… ou plutôt le réveil de l’activité dans sa tombe déjà si exploitée. On espère que les travaux pourront reprendre le 25 janvier prochain, mais la concession définitive, accordant à M. Howard Carter le droit de diriger les recherches durant cette saison de fouilles et la prochaine, c’est-à-dire jusqu’au mois d’octobre 1926, n’est pas encore signée. Elle ne le sera que quand M. Carter remettra au gouvernement égyptien un document confirmant l’abandon par les héritiers de lord Carnarvon de tout droit sur la tombe.

Le nouvel arrangement reconnaît au gouvernement égyptien la propriété de tous les objets trouvés. Mais les duplicatas pourront être attribués à M. Carter pour des raisons scientifiques, lorsque leur séparation d’avec le reste ne pourra pas affecter la valeur scientifique de la collection.

Maintes gens trouvent que M. Howard Carter ne manque pas de courage, car, après avoir parlé de la mort de lord Carnarvon, on rappelle que le sirdar, misérablement assassiné depuis, fut, l’an dernier, l’un des premiers visiteurs de la célèbre tombe.

L’autre jour, aux obsèques de M. André Tudescq, M. de Lachevrotière rappelait que le défunt était, après lord Nordcliff et M. Maurice Long, le dernier des trois visiteurs de marque des ruines d’Angkor qui, bravant l’interdiction et les malédictions d’un bonze, avaient pénétré près d’une tombe vieille de plusieurs siècles.

Il y a tout de même des coïncidences bien étranges.

« L’Écho annamite. » Saïgon, 1925. 

Perles hantées

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Tout étudiant des sciences psychiques sait bien qu’il y a des maisons hantées, et des personnes hantées, et cette dernière catégorie se rapporte aux cas qu’on appelle « le poltergeist ». C’est à dire les personnes autour desquelles les objets sont violemment projetés sans aucune action physique. Des cas du caractère le plus étonnant se présentent souvent, mais la question n’est pas encore déterminée si cette « infestation physique » (pour employer le terme du Professeur Bozzano) ne se trouve pas dans de plus petites choses, inanimées par exemple les vêtements ou les bijoux.

L’idée est peut-être un peu inquiétante, car cela nous conduit sur le terrain douteux et glissant des malédictions et des influences malignes, qui, à ce qu’affirme la tradition, sont attachées à bien des joyaux historiques. Toutefois, il est parfaitement certain qu’on ne peut pas toujours négliger ce sujet, et qu’il faudra l’étudier sérieusement un de ces jours. Il faut noter que des cas de ce genre arrivent quelquefois, et tout récemment un cas très frappant vient d’être rapporté dans un numéro du Zeitschrift fur Parapsychologie par la Baronne Von Dalwigk.

C’est l’histoire d’un collier de perles qui, originaire des Indes, était en possession de la famille depuis 1701 et dont les perles sont « vivantes ». En ce moment, il appartient à la Comtesse Ellinor, soeur de la Baronne. Dernièrement, elle fit une visite à sa soeur et cette dernière s’aperçut que le fameux collier de perles était sans éclat, « malade », comme disent les experts, et on persuada la Comtesse de le porter constamment : les perles ainsi guérirent et reprirent leur éclat.

Deux semaines plus tard, la Comtesse reçut un choc nerveux, elle sentit les perles remuer sur son cou, La Baronne Dalwigk se moquait un peu et disait, à sa soeur que c’était seulement de l’imagination, mais la Comtesse pâlit et un étrange silence s’établit entre elles. Quelques nuits après, la Comtesse rêva avoir vu deux Hindoux masqués qui la menaçaient d’une revanche. Le matin suivant, un noeud très compliqué (qu’on appelle un noeud de pêcheur) était fait dans le collier. Noeud impossible à faire sans couper le cordon, car le fermoir était fermé. La Comtesse Ellinor, effrayée, refusa de le porter.

La Baronne la persuada de mettre le collier le jour suivant. Elle faisait une promenade dans le jardin, quand subitement, la Comtesse cria d’une voix rauque en essayant de retirer les perles de son cou. sa soeur la conduisit vers un banc, et vit que le collier avait encore un double noeud, quoique le fermoir n’ait pas été touché.

A ce moment, le mari de la Comtesse commença de se troubler, il prit les perles, défit le noeud, mit le collier dans un écrin, enferma celui-ci dans une boîte dont il garda la clé dans sa poche. A son grand étonnement, le matin suivant, le cordon était noué de nouveau. A dater de ce jour, le phénomène eut lieu tous les jours, quelquefois trois fois dans la même journée.

Quelques semaines plus tard, à une réception donnée chez elle, la Comtesse accepta de porter les perles mystérieuses. Pendant que le collier de perles était sur la table, elle remarqua une chose étrange : son collier remua, se tordit, et après un effort, se dressa perpendiculairement droit comme une bougie.

Effrayée, et le front couvert d’une sueur froide, elle trouva assez de courage pour mettre sa main sur le collier et sentit une résistance qui dura quelques secondes avant qu’il ne retomba. Tout de même, elle trouva le courage d’attacher les perles autour de son cou. Aucun autre fait extraordinaire ne se produisit jusqu’au milieu du dîner, et subitement, la Comtesse cria, sa figure devint livide, ses cheveux se crispèrent et elle tomba inconsciente sur sa chaise.

Autour de son cou était une marque rouge comme du sang, large de deux doigts, et qui encerclait le cou entièrement : le cordon qui retenait les perles était brisé en plusieurs endroits. Pendant deux jours, la Comtesse ne recouvra pas l’ouïe et la marque autour de son cou dura quelques semaines.

Quand les perles furent présentées à un vieux bijoutier avec les morceaux de cordon, il secoua la tête et affirma que le cordon avait une grande force de résistance et ne pouvait être brisé que par un effort violent. Mais il regarda la Comtesse et lui dit :

« Il y a, Madame, de drôles de cas dans les vieilles chroniques de bijoux. N’est-il pas possible que vous soyez une de ces personnes naissant tous les mille ans et sur lesquelles les colliers de perles se nouent toujours ? Il y a beaucoup de tels cas dans l’histoire. »

Voici le sommaire de cette étrange histoire. Devons-nous supposer qu’une influence psychométrique existe dans le collier de perles lui-même, dont la puissance était rehaussée par des pouvoirs psychiques inconnus de la Comtesse, à un tel degré que cela ait produit des mouvements télékinétiques et même l’étrange fait de ce noeud compliqué qu’est le noeud de pêcheur.

C’est une question qui reste encore à étudier.

Dr. Nandor Fodor. « L’Astrosophie. » Carthage/Nice, 1931.
Peinture : Accard Eugène. 

Toujours la momie de mauvais augure

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La presse quotidienne et d’actualité s’est beaucoup occupée, il y a quelque années, d’une momie exposée dans le British Museum de Londres et à laquelle on attribuait une influence malheureuse sur tout ce qui avait affaire avec elle. Les journaux français en ont parlé comme les autres, et l’un de nos « psychistes » les plus estimés, occupant une situation sociale élevée, écrivit alors, sous le pseudonyme de Dr. A. Wylm, un ouvrage des plus humoristiques et spirituels : L’Amant de la Momie.

Maintenant, la fameuse momie fait de nouveau parler d’elle. Un petit article publié par Marion Ryan dans le Weekly Dispatch racontait comme quoi, depuis le début de la guerre (1914-1918), les directeurs du British Museum avaient reçu nombre de lettres les suppliant de procéder sans retard à la destruction de la « momie de malheur » à laquelle on attribuait toutes les calamités subies par les alliés.

Interviewé par Marion Ryan, le Dr. Bunch, du British Museum, affirmait que cet établissement n’avait jamais possédé la momie en question, bien que deux momies jouissant d’une réputation sinistre aient été successivement exposées, durant quelques jours, dans le Musée. Le public avait fini par les identifier avec un sarcophage qui appartenait bien au British Museum, mais qui était vide.

Un dame favorablement connue dans les milieux spirites anglais, Mrs. E. Katharine Bates, écrivit dernièrement au Light protestant contre cette version du Dr. Bunch. Elle assure que la « momie de malheur » était bien au Musée, auquel elle a été donnée par. Mr. Douglas Murray, qui en raconta l’histoire à Mrs. K. Bates. Cette histoire est à peu près conforme à celle qu’on avait publiée il y a quelques années :

Mr. Douglas Murray achète la momie en Egypte, mais éprouve aussitôt pour elle une vive aversion. Quelques jours  après, il est blessé d’un coup de feu au bras, qu’on doit lui amputer. Durant le voyage de retour, un de ses compagnons mourut et se produisirent d’autres malheurs que Mr. D. Murray attribua à la « Princesse » égyptienne. Il la céda à une amie, qui la lui rendit, peu après, par suite de diverses calamités qui l’avaient frappée. Un capitaine W… se fit prêter le cercueil pour en copier quelques détails : quelques mois après, il se suicidait. Mr. Murray fit transporter le cercueil chez un photographe. Le voiturier qui fit le transport, se suicida à son tour, peu après. Le photographe mourut d’une façon quelconque, etc. 

Nous sommes convaincus que cette macabre histoire résisterait mal à une enquête approfondie. Mais il est intéressant de constater comment ces croyances si probablement superstitieuses ont des racines même en des pays qu’on considère généralement comme peu portés à les admettre, tel que l’Angleterre.

« Annales des sciences psychiques. » Paris, 1916.
Affiche : « The Mummy » de Karl Freund, avec Boris Karloff. 1932.

Les perles de la  Reine Elisabeth 

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Le 11 juin 1898, l’impératrice Elisabeth d’Autriche, trouvant que les perles d’un magnifique collier qu’elle possédait devenaient ternes et sans éclat, prit la décision de les plonger dans l’eau de mer et de les y laisser un certain temps, espérant qu’elles recouvreraient ainsi le superbe orient qu’elles avaient eu.

Un moine, aidé d’un pêcheur, se chargea alors de les cacher dans une anfractuosité de rocher sous la mer. C’était dans l’île de Corfou. Six mois après, le moine et le pêcheur devaient aller prendre le trésor dans sa cachette. A dater de ce jour, il semble qu’une force mystérieuse seule ait agi. Le 2 août de la même année, le moine fut appelé au chevet d’une vieille femme. Jamais on ne le revit et personne n’a jamais pu donner une explication à cette disparition. Au mois de septembre, l’impératrice tombait sous le poignard de Luigi Lucheni à Genève et en novembre, c’est-à-dire un mois avant la date fixée pour aller chercher les perles, le pêcheur fut trouvé noyé.

Les perles sont toujours dans leur cachette, où probablement la mer les conservera, à moins que… Le hasard fait tant de choses !

Palace maudit

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peur

Ce billet évoque une fatalité bien mystérieuse dont un grand palace, du quartier des Champs-Elysées, a été le théâtre.

Un été, une admirable jeune femme descendait à l’hôtel X… et s’y faisait inscrire sous un nom supposé. Elle avait grand air, portait des bijoux de prix. Elle passait dans les couloirs silencieuse, admirablement habillée. Elle recevait peu de visites. Un jeune homme pourtant la venait voir fréquemment. Une nuit, on avait entendu du bruit. Le matin on trouvait la jeune femme et son visiteur morts, tués chacun de deux coups de revolver. La morte était tombée sur le lit. La pièce était pleine de sang.

De telles aventures sont désastreuses pour un hôtel qu’elles peuvent ruiner du coup. La Préfecture reconnut ou déclara qu’il y avait eu double suicide, qu’il n’y avait donc pas lieu d’informer. Les corps disparurent sans bruit, dans la nuit. La chambre fut renouvelée des murs aux tapis, et quinze jours après, un vieil étranger connu et fort respectable vint l’habiter. Il n’était pas là depuis deux jours, qu’un soir en rentrant du théâtre, et remontant à sa chambre par l’ascenseur, il se trompa, fit un geste hâtif, ouvrit trop tôt la porte du palier, eut la jambe prise dans la cage de l’escalier et subit une fracture de la cuisse. Deux jours après, des suites de son accident, il mourrait.

La chambre fatale fut renouvelée de fond en comble, mais la direction voulut d’abord la laisser fermée. Quand les habitués passaient dans le couloir, machinalement ils baissaient la voix.

Après trois mois de silence, un soir que les voyageurs affluaient, la chambre, toute neuve, fut rouverte et rendue à un client. Quelques jours après, le personnel de l’hôtel manifestait tout à coup une agitation extrême, une nervosité inaccoutumée et qui ne pouvait échapper aux yeux des voyageurs habituels. C’est qu’en effet le dernier habitant de la chambre tragique, pris d’une syncope, avait dans la nuit succombé à une embolie !

Hasard, coïncidence, fatalité, qu’on donne à cette « malédiction » toutes les explications qu’on voudra. Ceux qui croient aux lois mystérieuses d’un monde inconnu de nos sens trop limités, ceux-là seuls pourraient expliquer ces morts inexplicables.

Inspiré par un article paru en 1913 dans « L’Écho du merveilleux« .
Photo : http://www.nipponconnection.fr

La malédiction du Charles Haskell

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Ce sont près de 600 bateaux et plus de 3000 personnes qui disparurent entre 1830 et 1892 sur le Grand Banc de Terre-Neuve, une zone dangereuse sujette aux coups de vent.

Les victimes étaient les pêcheurs de morue, dont les bateaux s’éperonnaient souvent, tellement la compétition était rude, ou qui s’échouaient sur des hauts-fonds. C’était un travail pénible, éprouvant pour les nerfs, et ces hommes qui risquaient leur vie dès qu’ils allaient en mer étaient sensibles au moindre présage, bon ou mauvais, réel ou imaginaire.

En 1869, le Charles Haskell, un gracieux schooner conçu et équipé pour la pêche à la morue, subissait une ultime inspection avant sa mise à l’eau, lorsque l’un des ouvriers glissa et se rompit le cou. Il ne pouvait y avoir pire présage qu’une mort, et le marin qui devait prendre le commandement du bateau pour son voyage inaugural se récusa. Personne ne voulut le remplacer pendant une année; puis le capitaine Curtis, de Gloucester (Massachusetts), accepta le poste.

Lors de sa première campagne de pêche, durant un hiver notoirement rude, le Charles Haskell pêchait parmi une centaine d’autres vaisseaux sur George Bank, lorsqu’un ouragan se leva. Dans la déroute de la flottille, le Haskell éperonna un autre bateau, l’envoyant par le fond avec tout son équipage, tandis que lui-même réussissait à regagner le port.

Si cette aventure semblait contredire sa réputation de vaisseau maudit, les pêcheurs n’en démordaient pas pour autant: il avait eu trop de chance. Il aurait dû couler avec l’autre, et seul le diable l’en avait empêché.

Arriva le printemps, un temps meilleur et d’excellentes prises. Le Haskell se trouvait à nouveau sur le Grand Banc. Au sixième jour de campagne, les deux hommes de veille virent soudain, épouvantés, des hommes en suroîts huilés, dégoulinant d’eau, passer en silence par-dessus le bastingage, le regard sans expression. Ils appelèrent le capitaine, et tout l’équipage observa les fantômes qui s’installaient sur les bancs de pêche, appâtaient et lançaient d’invisibles lignes. Leur tâche accomplie, les 26 marins morts repartirent en file indienne, comme ils étaient venus, pour les profondeurs de la mer.

Le capitaine Curtis mit immédiatement le cap à terre, mais il fallut passer une deuxième nuit en mer. A minuit, le même scène que la veille se reproduisit. Mais cette fois-ci, comme l’aube pointait et que le navire approchait du port de Gloucester, ils partirent en procession, marchant sur les eaux, en direction de Salem.

Ce fut le dernier voyage du Charles Haskell, car il n’y eut plus un marin pour accepter de naviguer dessus, et il finit par pourrir sur place.

M. Bolté, Haunted New England: A Devilish View of the Yankee Past, p 43-46.
« Le grand livre du mystérieux. » » Sélection du Reader’s Digest.