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Des ondes mortelles au mariage

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walska-matthewsLa superstition n’a aucune prise sur les savants. Harry Grindell Matthews le sait. En août 1924, n’occupait-il pas la première page des quotidiens du monde entier, pour y annoncer la naissance du rayon mortel ?

Treize ans après, treize, chiffre fatidique, M. Matthews à la même place qu’il eut dans la presse, nous dit son mariage avec Mme Ganna Walska. Curieuse coïncidence que ce chiffre mêlé à la vie de l’ingénieur, maître des ondes invisibles et mortelles qui va s’unir avec celle dont les ondes de la voix nous enchantent et nous charment !

Mais, au fait, qu’est devenu ce fameux rayon mortel ? Plus rien depuis quelques années ne nous a été communiqué sur les projets ou les réalisations du savant anglais. Silence que rompent seulement l’annonce d’un mariage prochain et cette phrase sèche, hypocrite, relevée dans un journal : M. Matthews qui fut l’inventeur d’un rayon mortel… méchanceté voulue, hypocrisie volontaire dans cette épithète évoquant un passé révolu, ou simplement indifférence provoquée par ignorance presque totale des résultats obtenus ? Qui le dira ? 

Evidemment, Harry Grindell Matthews avait beaucoup promis… Le voici parlant à un journaliste du Sunday Express :rayon-mortel

« Mes travaux, disait-il, ont pour buts : 

1° De perfectionner un système détecteur de la présence de sous-marins à une distance de cinquante kilomètres. 
2° De découvrir un rayon capable de tuer les germes de maladie. 
3° De créer une nouvelle défense aérienne de Londres. 
4° D’inventer des avions-fusées susceptibles de voyager à la vitesse de 10 kilomètres à la seconde et grâce auxquels l’homme pourrait atteindre la lune.
5° Enfin, préparer un rayon de la mort doué de la vitesse de la foudre et capable tout aussi bien d’arrêter des avions, des moteurs et machines à combustion que de tuer. » 

« Je pourrai donner à l’entente cordiale le moyen d’imposer la paix au monde entier, concluait-il. » 

S’il y a beaucoup de promesses, il y en a peu de tenues. Cependant, Matthews ne trouvera jamais de meilleures occasions que celles, nombreuses, qui se présentent sur notre pauvre terre humaine. Voici la guerre d’Espagne, voici, celle de Chine. Mais où est la paix ? rayon-mortDans tout homme, il y a un Wells, il y a un Jules Verne qui sommeille. L’imagination créatrice d’épopée, s’entoure, dans la pénombre de nos rêves, de monstres humains et d’êtres dont elle se joue, pour en être, à la fin, maîtresse : rien n’existe pour elle, ni la distance, ni la durée. Mais le songe fini, la réalité humaine naturelle, bornée, réapparaît. 

Je ne crois pas que M. Matthews soit un Jules Verne ou un Wells. Certains savants accueillirent en 1924, sa découverte, avec beaucoup d’espoir et suivirent des expériences au cours desquelles de la poudre a brûlé, une cartouche a éclaté, une petite souris est morte sous l’action du rayon ardent. Tout cela, c’est du positif (sauf pour la petite souris !), et possède un germe, une science nouvelle. g-matthiewsMais Marconi, maître des ondes hertziennes, à la recherche du fameux rayon de la mort, a révélé à ses intimes qu’il en était resté au domaine des expériences infimes, mais le Dr Esaü, de l’Institut physico-technique de l’Université d’Iéna, n’a pas renouvelé ses déclarations qu’il faisait en 1925, annonçant qu’il tuait des insectes et-même de petits animaux. Mais M. Charbonneaux, ingénieur français, en 1924, annonçait qu’il en savait et faisait autant que Matthews. Mais, le Français Garbarini-Benedictus, en 1917, avait déjà fait des essais. 

Que de sciences réunies pour trouver, en fin des expériences, la mort de l’homme !

Triste sort de l’intelligence humaine et du génie de quelques-uns.

Matthews l’a-t-il compris qui, désormais, veut consacrer ses jours à l’amour, régénérateur du genre humain. 

Denis Lucas. « Le Monde illustré. » Paris, 1937.
L’US Navy a testé un canon laser.

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Petit problème juridique

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mariageEst-il nécessaire, pour célébrer valablement un mariage, d’avoir au préalable revêtu la classique redingote ? A défaut même de veston, peut-on procéder à cette cérémonie, lorsqu’on porte jupons… et pour cause ? La question vient d’être posée aux environs
de Mende d’assez comique façon. 

On sait (ou, du moins, il faut d’abord savoir) qu’à Rieufort-de-Randon, gros bourg du département de la Lozère, le maire a été tout récemment révoqué de ses fonctions et que l’adjoint est démissionnaire. Par suite de ces incidents, les fonctions de premier magistrat de la commune ont été dévolues à M. Pons, conseiller municipal, dont l’instruction est des plus rudimentaires. Or, celui-ci, ayant à célébrer un mariage, refusa de procéder aux formalités d’usage, sous prétexte qu’il ne savait pas lire et manquait d’expérience. 

Grand émoi dans l’auditoire et cruelle déception des futurs époux. Allait-on se trouver obligé de s’en retourner comme on était venu ? Le festin de noce, tout prêt, devrait-il être renvoyé ? C’est ce que ne voulut pas Mlle Daudé, fille du maire révoqué, qui remplissait les fonctions de secrétaire de mairie. Sans embarras aucun, elle posa les questions  d’usage, donna lecture des articles du Code civil, prononça la formule sacramentelle,  bref, fit tout ce qu’aurait dû faire le conseiller-maire, si bien que la cérémonie s’accomplit et que les désirs de chacun parurent ainsi réalisés. 

Mais ici intervient la loi, qui avait négligé de prévoir le cas. On demande, maintenant, si un mariage célébré dans de telles conditions est valable. La plupart des chroniqueurs qui se sont occupés de la question estiment qu’il est nul. En aucun cas, en effet, le secrétaire de la mairie, fût-il du sexe gracieux, ne saurait avoir la capacité d’officier de l’état civil.  Pour être valable, le mariage doit être célébré par le maire, l’adjoint délégué ou le  conseiller municipal désigné au rôle. Pour le cas des époux de Rieufort, il y a eu incompétence de l’officier public; donc, nullité, et le tribunal de Mende va, sans doute, être saisi par le Parquet. 

Le tribunal de la Seine dut s’occuper, il y a quelques années, d’une affaire qui fit grand bruit à l’époque pour son étrangeté, et qu’on a appelée « l’affaire des mariés de Montrouge ». 

Six mariages avaient été célébrés à la mairie de Montrouge par un conseiller municipal qui n’était pas celui régulièrement désigné au tableau de roulement. Le procureur de la République saisit le tribunal civil, qui prononça l’annulation des six mariages, « non pour incompétence de l’officier public (c’était, en effet, un conseiller municipal), mais pour défaut absolu de qualité et de pouvoir en sa personne ». 

L’arrêt, d’ailleurs, fut corrigé par la Cour de cassation, qui estima valides les mariages en raison de la commune erreur de tous ceux, marieur et mariés, qui avaient participé à leur célébration. 

Mais ce qu’il y eut de plus drôle, dans toute cette affaire, c’est que, prenant fait de la décision du tribunal qui annulait les mariages, et sans attendre la sentence des juges suprêmes, cinq des maris intéressés revinrent, avec leur femme, faire légitimer leur union. Le sixième ne revint pas. 

Fût-il le plus négligent ou le plus sage ?… 

« Les Annales. » Paris, 1905.

Pudibonderie et mariage à bail

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protestation

Le Daily News raconte que les femmes du Minnesota sortent la nuit avec de grandes feuilles de papier blanc et des pots de colle, et qu’elles couvrent de ces feuilles les affiches théâtrales sur lesquelles des femmes sont représentées en maillot.

C’est de cette manière que ces dames protestent contre le rejet d’un projet de loi qui a été soumis l’année dernière à la législature de l’Etat et qui demandait qu’il fût défendu aux actrices de se montrer en maillot sur la scène. Le même journal ajoute que les femmes du Minnesota, ne voulant pas dire la jambe (leg) d’un piano, d’une chaise, d’une table, ont remplacé ce substantif indécent par le mot membre (limb). Dans un autre Etat de l’Ouest, les dames, encore plus pudibondes, ont voilé, il y a quelque temps, toutes les statues composant une magnifique collection que possède la bibliothèque publique. On a revêtu Mercure d’un pantalon et d’un veston, drapé Vénus dans un ample peignoir et mis une culotte courte au petit Cupidon jouant à ses pieds. 

L’on croyait les Américains d’esprit moins pudibond. Il semble que ce soit une histoire d’Anglaise que le Daily News nous ait contée là. Et même l’Angleterre entre dans le mouvement : un Anglais propose de ne plus se marier qu’à bail

M. Donisthorpe n’est peut-être pas l’inventeur de cette idée qui a pu venir à quelque martyr du mariage, mais il s’en fait le propagateur, l’apôtre, Voici comment un de nos confrères résume les idées exprimées par cet Anglais « antimariageux. » 

Ce brave homme demande au législateur la création du mariage à bail ! Non pas un bail emphythéotique, presque éternel. pas même l’espace des trois six neuf prévu par les propriétaires, mais un simple petit marché en vertu duquel un homme et une femme cohabiteront légitimement pendant douze mois. Tout engagement pour une durée plus longue serait nul, et l’officier de l’état-civil qui aurait l’imprudence de l’accepter et de le consigner sur ses registres serait passible d’une forte amende. 

Le divorce, après tout, n’est pas une solution gaie, je la trouve même déplorable. Un homme est malheureux en mariage : la loi vient à son secours et le délivre du fléau domestique, de sa femme. C’est bien. Mais après ? S’il aime la compagnie et si sa moralité lui interdit d’en choisir une illégitime, que fera-t-il ? Faudra-t-il, pour tromper les ennuis de sa chambre, qu’il se remarie et risque encore une fois les dangers d’une association ? Cruelle perspective ! Avec le mariage à bail, la pénible alternative du mariage obligatoire ou du célibat forcé n’existera pas : l’homme choisira dans le tas une personne aimable et s’associera avec elle pour une année. 

Il y a bien la délicate question des enfants. Le moraliste anglais l’a tranchée de lamanière la plus simple : en se quittant, les époux tireront au sort pour savoir celui des deux qui devra garder le rejeton. Ce ne sera pas plus difficile que cela. 

Ils vont bien, quand ils s’y mettent, en Angleterre.

« La Joie de la maison. » Paris, 1892.

Elles ont épousé un arbre

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M. Port, anthropologiste anglais, décrit dans le Globus une coutume indienne de mariage symbolique qui fera le bonheur de la Société des amis des arbres.

Dans certaines régions hindoues, une jeune fille ne peut se marier qu’après sa sœur aînée. Mais pour surmonter la difficulté, la sœur aînée peut épouser un arbre, des plantes ou des objets inanimés. Les suites fâcheuses que ne pouvait manquer d’entraîner la transgression aux coutumes, se trouvent de la sorte évitées, et la jeune sœur peut se marier en toute sécurité.

L’inconvénient se réduit à avoir pour beau-frère un peuplier, un orme ou un sapin. Mais il y a des compensations quand ce proche parent est un chêne dont il a nécessairement le coeur, ou bien un prunier, ce qui permet à la sœur ainée de secouer son époux suivant la méthode usitée dans les mariages non symboliques. Les dames indiennes qui ont des propensions au veuvage épousent tout naturellement un saule pleureur, et celles qui ont le caractère particulièrement cassant, un acacia. 

« La Tradition. » Paris, 1900.

Mariages

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Comme nous allons le constater, à la lecture de cet article publié en 1936, le mariage entre phénomènes et gens que l’on qualifie de « normaux » n’est pas toujours une source de joie et de bonheur.

Dick Thompson, homme-caoutchouc dont la taille était plus que modeste, s’amouracha un jour d’une jolie vendeuse de fleurs qui travaillait au music-hall où il était engagé. La jeune fille (ceci se passe en Amérique) subjuguée peut-être par la fortune de Thompson, accepta de devenir la femme de l’homme-caoutchouc. Le mariage s’accomplit, mais après quelques semaines la jeune femme se présentait devant le juge de l’endroit et demandait le divorce :

« Il m’est impossible, dit-elle, de supporter plus longtemps la compagnie de mon mari. Imaginez qu’il lui arrive très souvent, à la maison, de se transformer comme il le fait au music-hall. Une seconde auparavant, j’avais encore devant les yeux un homme normal et voici que, soudain, sur le parquet ce n’est plus qu’une masse grouillante qu’on ne peut reconnaître. Ceci me donne vraiment des frissons de peur et me ferait perdre la tête. » 

Le juge, bonhomme, accorda le divorce, notifiant dans son arrêt que la vie en effet ne pouvait être normale et possible en compagnie d’un homme dont les attitudes n’avaient rien d’humain.

Il y eut dans les annales des phénomènes une tentative d’enlèvement aux fins de mariage. Ne vous récriez pas ! L’histoire remonte en 1932 et se déroula dans un cirque, en Autriche. Une femme à barbe voulut un jour épouser l’homme-oiseau. Non point, je crois, par amour mais bien par intérêt. Ce brave homme-oiseau était un pauvre phénomène La nature l’avait ainsi fait que le corps avait eu un développement normal et que la tête en était restée aux proportions de celle d’un bébé. Par contre, l’appendice nasal avait grandi, si bien que l’homme avait à peu près la tête d’un oiseau. Il gagnait beaucoup d’argent sous le contrôle de ses parents qui ne pouvaient, sans malheur pour lui, le quitter d’une semelle. Or, un jour ses parents furent inquiets de ne pas avoir aperçu leur fils depuis quelques heures. Angoissés, ils se mirent aussitôt à sa recherche. Arrivés à la hauteur de la roulotte de la femme à barbe, ils ne furent pas peu étonnés de voir sortir cette dernière toute essoufflée et de l’entendre leur crier :

« Reprenez-le vite, car je n’en veux plus. »

L’explication fut courte. La femme à barbe avait enlevé l’homme-oiseau pour, après s’être mariée avec lui, cumuler son cachet avec le sien. Malheureusement l’homme-oiseau n’était qu’un être sans raison qui, aussitôt ses gardiens habituels disparus, avait révélé sa nature animale : il ne pensait qu’à manger, ne vivait que pour manger et demandait des soins de tous les instants. La femme à barbe ne pouvait en supporter autant.

« Le Monde illustré. » Paris, 1936.

Un mariage par surprise

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Un événement, qui occupe vivement la la haute société de Madrid, s’est produit dimanche dernier, dans l’église de la Conception.

Au moment où le prêtre officiant quittait l’autel, deux jeunes gens se jetèrent à ses pieds en se déclarant réciproquement :

Je t’aime et je consens à t’épouser.

Le jeune homme est un tout petit employé de la Cour des Comptes, Juan Milla, et la jeune fille s’appelle Josefa Ramirez de Arrellano y Moyano, fille de la richissime marquise de la Fuensenta del Balle.

Les jeunes amoureux étaient accompagnés du comte de Jover, du major Estrada et du dessinateur Antunez. Ces mariages, qu’on appelle matrimonios  por sorprisa (mariages par surprise) sont fréquents en Espagne. On les lient pour valables devant l’église.

En tout cas, celui qui nous occupe sera un régularisé : touchée par tant d’amour, la marquise, qui jusqu’à présent s’était obstinément refusée à donner son consentement, vient d’autoriser sa fille à s’unir au roturier Juan Milla.

 « Arcachon-journal » 1899.
Peinture de Antonio López García.

Le trust des fiancés

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Inconsciemment, une Américaine, miss Jane Davis, vient de le réaliser avec un succès express, qui donne une crâne idée de l’homme. Cette jeune fille, quoique âgée de quatre-vingt sept ans, et complètement tombée en enfance, a reçu, en moins d’un mois, trois mille six cent quarante demandes en mariage.

L’empressement de ces bons Yankees s’explique le plus naturellement du monde : miss Davis venait d’hériter de vingt-cinq millions de son frère, banquier à San-Francisco. Voilà un parti qui dépasse toutes les espérances ! On assure qu’il fallut organiser une véritable administration, composée de plusieurs secrétaires, pour répondre aux aimables soupirants. Que de jolies fiancées déjà abandonnées pour la radieuse octogénaire !

Avis aux beaux coureurs de dot qui n’auront qu’à se rendre auprès de la belle, domiciliée dans la ville de New York ! Car elle n’a pas encore choisi.

 « Touche-à-tout. »  Paris, 1904.
Illustration : ©The Walt Disney Company.