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Mariages

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Comme nous allons le constater, à la lecture de cet article publié en 1936, le mariage entre phénomènes et gens que l’on qualifie de « normaux » n’est pas toujours une source de joie et de bonheur.

Dick Thompson, homme-caoutchouc dont la taille était plus que modeste, s’amouracha un jour d’une jolie vendeuse de fleurs qui travaillait au music-hall où il était engagé. La jeune fille (ceci se passe en Amérique) subjuguée peut-être par la fortune de Thompson, accepta de devenir la femme de l’homme-caoutchouc. Le mariage s’accomplit, mais après quelques semaines la jeune femme se présentait devant le juge de l’endroit et demandait le divorce :

« Il m’est impossible, dit-elle, de supporter plus longtemps la compagnie de mon mari. Imaginez qu’il lui arrive très souvent, à la maison, de se transformer comme il le fait au music-hall. Une seconde auparavant, j’avais encore devant les yeux un homme normal et voici que, soudain, sur le parquet ce n’est plus qu’une masse grouillante qu’on ne peut reconnaître. Ceci me donne vraiment des frissons de peur et me ferait perdre la tête. » 

Le juge, bonhomme, accorda le divorce, notifiant dans son arrêt que la vie en effet ne pouvait être normale et possible en compagnie d’un homme dont les attitudes n’avaient rien d’humain.

Il y eut dans les annales des phénomènes une tentative d’enlèvement aux fins de mariage. Ne vous récriez pas ! L’histoire remonte en 1932 et se déroula dans un cirque, en Autriche. Une femme à barbe voulut un jour épouser l’homme-oiseau. Non point, je crois, par amour mais bien par intérêt. Ce brave homme-oiseau était un pauvre phénomène La nature l’avait ainsi fait que le corps avait eu un développement normal et que la tête en était restée aux proportions de celle d’un bébé. Par contre, l’appendice nasal avait grandi, si bien que l’homme avait à peu près la tête d’un oiseau. Il gagnait beaucoup d’argent sous le contrôle de ses parents qui ne pouvaient, sans malheur pour lui, le quitter d’une semelle. Or, un jour ses parents furent inquiets de ne pas avoir aperçu leur fils depuis quelques heures. Angoissés, ils se mirent aussitôt à sa recherche. Arrivés à la hauteur de la roulotte de la femme à barbe, ils ne furent pas peu étonnés de voir sortir cette dernière toute essoufflée et de l’entendre leur crier :

« Reprenez-le vite, car je n’en veux plus. »

L’explication fut courte. La femme à barbe avait enlevé l’homme-oiseau pour, après s’être mariée avec lui, cumuler son cachet avec le sien. Malheureusement l’homme-oiseau n’était qu’un être sans raison qui, aussitôt ses gardiens habituels disparus, avait révélé sa nature animale : il ne pensait qu’à manger, ne vivait que pour manger et demandait des soins de tous les instants. La femme à barbe ne pouvait en supporter autant.

« Le Monde illustré. » Paris, 1936.

Un mariage par surprise

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Un événement, qui occupe vivement la la haute société de Madrid, s’est produit dimanche dernier, dans l’église de la Conception.

Au moment où le prêtre officiant quittait l’autel, deux jeunes gens se jetèrent à ses pieds en se déclarant réciproquement :

— Je t’aime et je consens à t’épouser.

Le jeune homme est un tout petit employé de la Cour des Comptes, Juan Milla, et la  jeune fille s’appelle Josefa Ramirez de Arrellano y Moyano, fille de la richissime marquise de la Fuensenta del Balle. Les jeunes amoureux étaient accompagnés du comte de Jover, du major Estrada et du dessinateur Antunez. Ces mariages, qu’on appelle matrimonios  por sorprisa (mariages par surprise) sont fréquents en Espagne. On les lient pour valables devant l’église.

En tout cas, celui qui nous occupe sera un régularisé : touchée par tant d’amour, la marquise, qui jusqu’à présent s’était obstinément refusée à donner son consentement, vient d’autoriser sa fille à s’unir au roturier Juan Milla.

 « Arcachon-journal » 1899.
Peinture de Antonio López García.

Le trust des fiancés

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Inconsciemment, une Américaine, miss Jane Davis, vient de le réaliser avec un succès express, qui donne une crâne idée de l’homme. Cette jeune fille, quoique âgée de quatre-vingt sept ans, et complètement tombée en enfance, a reçu, en moins d’un mois, trois mille six cent quarante demandes en mariage.

L’empressement de ces bons Yankees s’explique le plus naturellement du monde : miss Davis venait d’hériter de vingt-cinq millions de son frère, banquier à San-Francisco. Voilà un parti qui dépasse toutes les espérances ! On assure qu’il fallut organiser une véritable administration, composée de plusieurs secrétaires, pour répondre aux aimables soupirants. Que de jolies fiancées déjà abandonnées pour la radieuse octogénaire !

Avis aux beaux coureurs de dot qui n’auront qu’à se rendre auprès de la belle, domiciliée dans la ville de New York ! Car elle n’a pas encore choisi.

 « Touche-à-tout. »  Paris, 1904.
Illustration : ©The Walt Disney Company.

Bénédiction aérienne

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Déjà deux fiancés anglais avaient utilisé un avion pour aller à l’église et faire leur voyage de noces au-dessus de l’Ecosse, mais le lieutenant américain George Burgess est certainement le premier qui se soit marié en aéroplane. Les deux jeunes fiancés et un pilote montèrent en avion.

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Le chapelain Alexandre Wonter, qui les suivait dans un autre aéroplane muni d’un appareil de téléphonie sans fil, leur posa les questions d’usage, et la cérémonie religieuse, la première du genre, s’accomplit suivant les rites ordinaires.

« Le Miroir . » Paris, 1919.

Mariage au télégraphe

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La semaine dernière, miss Mary Slaughter se présentait, avec ses demoiselles d’honneur et ses témoins, au bureau du télégraphe de Bowling Green, Etat du Kentucky, où un clergyman l’avait précédée.

Il lui donnait aussitôt la bénédiction nuptiale puis, saisissant l’appareil télégraphique, transmettait lui-même la bénédiction à M. James Murrel, qui était avec ses témoins à l’autre bout du fil dans le Wyoming. Ensuite de quoi, la nouvelle mariée et son époux, se précipitaient vers un train et se rencontraient à une station intermédiaire, d’où ils gagnèrent San Francisco pour se rendre aux Philippines.

On nous annonce en même temps, qu’une jeune et riche Américaine, miss Mary Paulin, a fait le pari vis-à-vis de ses amis de trouver un mari en faisant le tour du monde bien qu’elle ne doit s’arrêter que trois jours dans chaque ville. Avis aux épouseurs ! Pour peu qu’elle s’attarde en route, elle aurait le temps non seulement de se marier, mais de divorcer, de se remarier, de redivorcer, etc.

« Le Journal du dimanche : gazette hebdomadaire de la famille. »  Paris, 1905.

Un comble

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Grande réception chez Me Campinchi. Au fumoir, repris par la déformation professionnelle, nos bons Maîtres parlent Palais. Les anecdotes succèdent aux anecdotes, émouvantes, égrillardes, bouffonnes.

Le regretté bâtonnier Chenu conte qu’il lui arriva, en sa jeunesse, de plaider, dans la même semaine, deux procès contradictoires intentés contre un peintre qui devait, depuis, faire une brillante carrière.

Un de ces procès demandait l’annulation du mariage contracté par l’artiste trois ans plus tôt. Motif allégué : impuissance physique du mari à donner des enfants à sa femme. L’autre procès était, au contraire, un procès en reconnaissance de paternité intentée par une servante du jeune peintre.

Lequel avez-vous gagné ? questionna Me Campinchi.

Le bâtonnier Chenu eut un petit rire :  

Je les ai gagnés tous les deux.

« Marianne : grand hebdomadaire littéraire. »  Paris, 1933. 

Une famille un peu compliquée

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Les journaux anglais du mois de juin 1836 rapportent qu’il y a quelque temps, un fait probablement unique dans son genre s’est passé à Cambden.

Un homme veuf et déjà d’un certain âge devient amoureux d’une très-jeune fille et l’épouse. Peu après, le fils que ce veuf avait eu de son premier mariage devint amoureux de la mère de la nouvelle femme  de son père, femme du reste à la fleur de l’âge. Il lui offre sa main et l’épouse.

Ainsi voilà un père gendre de son fils, et une épouse qui devient non-seulement belle-fille de son propre beau-fils , mais encore belle-mère de sa mère, qui elle-même se trouve être la belle-fille de sa fille, tandis que le mari de celle-ci est beau-père de sa belle-mère et beau-père de son père.

Ce sera une bien autre confusion s’il vient un jour des enfants de ces deux mariages singuliers.

« Le livre des singularités. »  G. P. Philomneste. Dijon, 1841.
Image d’illustration : Samuel Luke Fildes.