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Pudibonderie et mariage à bail

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Le Daily News raconte que les femmes du Minnesota sortent la nuit avec de grandes feuilles de papier blanc et des pots de colle, et qu’elles couvrent de ces feuilles les affiches théâtrales sur lesquelles des femmes sont représentées en maillot.

C’est de cette manière que ces dames protestent contre le rejet d’un projet de loi qui a été soumis l’année dernière à la législature de l’Etat et qui demandait qu’il fût défendu aux actrices de se montrer en maillot sur la scène. Le même journal ajoute que les femmes du Minnesota, ne voulant pas dire la jambe (leg) d’un piano, d’une chaise, d’une table, ont remplacé ce substantif indécent par le mot membre (limb). Dans un autre Etat de l’Ouest, les dames, encore plus pudibondes, ont voilé, il y a quelque temps, toutes les statues composant une magnifique collection que possède la bibliothèque publique. On a revêtu Mercure d’un pantalon et d’un veston, drapé Vénus dans un ample peignoir et mis une culotte courte au petit Cupidon jouant à ses pieds. 

L’on croyait les Américains d’esprit moins pudibond. Il semble que ce soit une histoire d’Anglaise que le Daily News nous ait contée là. Et même l’Angleterre entre dans le mouvement : un Anglais propose de ne plus se marier qu’à bail

M. Donisthorpe n’est peut-être pas l’inventeur de cette idée qui a pu venir à quelque martyr du mariage, mais il s’en fait le propagateur, l’apôtre, Voici comment un de nos confrères résume les idées exprimées par cet Anglais « antimariageux. » 

Ce brave homme demande au législateur la création du mariage à bail ! Non pas un bail emphythéotique, presque éternel. pas même l’espace des trois six neuf prévu par les propriétaires, mais un simple petit marché en vertu duquel un homme et une femme cohabiteront légitimement pendant douze mois. Tout engagement pour une durée plus longue serait nul, et l’officier de l’état-civil qui aurait l’imprudence de l’accepter et de le consigner sur ses registres serait passible d’une forte amende. 

Le divorce, après tout, n’est pas une solution gaie, je la trouve même déplorable. Un homme est malheureux en mariage : la loi vient à son secours et le délivre du fléau domestique, de sa femme. C’est bien. Mais après ? S’il aime la compagnie et si sa moralité lui interdit d’en choisir une illégitime, que fera-t-il ? Faudra-t-il, pour tromper les ennuis de sa chambre, qu’il se remarie et risque encore une fois les dangers d’une association ? Cruelle perspective ! Avec le mariage à bail, la pénible alternative du mariage obligatoire ou du célibat forcé n’existera pas : l’homme choisira dans le tas une personne aimable et s’associera avec elle pour une année. 

Il y a bien la délicate question des enfants. Le moraliste anglais l’a tranchée de lamanière la plus simple : en se quittant, les époux tireront au sort pour savoir celui des deux qui devra garder le rejeton. Ce ne sera pas plus difficile que cela. 

Ils vont bien, quand ils s’y mettent, en Angleterre.

« La Joie de la maison. » Paris, 1892.

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Elles ont épousé un arbre

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M. Port, anthropologiste anglais, décrit dans le Globus une coutume indienne de mariage symbolique qui fera le bonheur de la Société des amis des arbres.

Dans certaines régions hindoues, une jeune fille ne peut se marier qu’après sa sœur aînée. Mais pour surmonter la difficulté, la sœur aînée peut épouser un arbre, des plantes ou des objets inanimés. Les suites fâcheuses que ne pouvait manquer d’entraîner la transgression aux coutumes, se trouvent de la sorte évitées, et la jeune sœur peut se marier en toute sécurité.

L’inconvénient se réduit à avoir pour beau-frère un peuplier, un orme ou un sapin. Mais il y a des compensations quand ce proche parent est un chêne dont il a nécessairement le coeur, ou bien un prunier, ce qui permet à la sœur ainée de secouer son époux suivant la méthode usitée dans les mariages non symboliques. Les dames indiennes qui ont des propensions au veuvage épousent tout naturellement un saule pleureur, et celles qui ont le caractère particulièrement cassant, un acacia. 

« La Tradition. » Paris, 1900.

Mariages

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Comme nous allons le constater, à la lecture de cet article publié en 1936, le mariage entre phénomènes et gens que l’on qualifie de « normaux » n’est pas toujours une source de joie et de bonheur.

Dick Thompson, homme-caoutchouc dont la taille était plus que modeste, s’amouracha un jour d’une jolie vendeuse de fleurs qui travaillait au music-hall où il était engagé. La jeune fille (ceci se passe en Amérique) subjuguée peut-être par la fortune de Thompson, accepta de devenir la femme de l’homme-caoutchouc. Le mariage s’accomplit, mais après quelques semaines la jeune femme se présentait devant le juge de l’endroit et demandait le divorce :

« Il m’est impossible, dit-elle, de supporter plus longtemps la compagnie de mon mari. Imaginez qu’il lui arrive très souvent, à la maison, de se transformer comme il le fait au music-hall. Une seconde auparavant, j’avais encore devant les yeux un homme normal et voici que, soudain, sur le parquet ce n’est plus qu’une masse grouillante qu’on ne peut reconnaître. Ceci me donne vraiment des frissons de peur et me ferait perdre la tête. » 

Le juge, bonhomme, accorda le divorce, notifiant dans son arrêt que la vie en effet ne pouvait être normale et possible en compagnie d’un homme dont les attitudes n’avaient rien d’humain.

Il y eut dans les annales des phénomènes une tentative d’enlèvement aux fins de mariage. Ne vous récriez pas ! L’histoire remonte en 1932 et se déroula dans un cirque, en Autriche. Une femme à barbe voulut un jour épouser l’homme-oiseau. Non point, je crois, par amour mais bien par intérêt. Ce brave homme-oiseau était un pauvre phénomène La nature l’avait ainsi fait que le corps avait eu un développement normal et que la tête en était restée aux proportions de celle d’un bébé. Par contre, l’appendice nasal avait grandi, si bien que l’homme avait à peu près la tête d’un oiseau. Il gagnait beaucoup d’argent sous le contrôle de ses parents qui ne pouvaient, sans malheur pour lui, le quitter d’une semelle. Or, un jour ses parents furent inquiets de ne pas avoir aperçu leur fils depuis quelques heures. Angoissés, ils se mirent aussitôt à sa recherche. Arrivés à la hauteur de la roulotte de la femme à barbe, ils ne furent pas peu étonnés de voir sortir cette dernière toute essoufflée et de l’entendre leur crier :

« Reprenez-le vite, car je n’en veux plus. »

L’explication fut courte. La femme à barbe avait enlevé l’homme-oiseau pour, après s’être mariée avec lui, cumuler son cachet avec le sien. Malheureusement l’homme-oiseau n’était qu’un être sans raison qui, aussitôt ses gardiens habituels disparus, avait révélé sa nature animale : il ne pensait qu’à manger, ne vivait que pour manger et demandait des soins de tous les instants. La femme à barbe ne pouvait en supporter autant.

« Le Monde illustré. » Paris, 1936.

Un mariage par surprise

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Un événement, qui occupe vivement la la haute société de Madrid, s’est produit dimanche dernier, dans l’église de la Conception.

Au moment où le prêtre officiant quittait l’autel, deux jeunes gens se jetèrent à ses pieds en se déclarant réciproquement :

— Je t’aime et je consens à t’épouser.

Le jeune homme est un tout petit employé de la Cour des Comptes, Juan Milla, et la  jeune fille s’appelle Josefa Ramirez de Arrellano y Moyano, fille de la richissime marquise de la Fuensenta del Balle. Les jeunes amoureux étaient accompagnés du comte de Jover, du major Estrada et du dessinateur Antunez. Ces mariages, qu’on appelle matrimonios  por sorprisa (mariages par surprise) sont fréquents en Espagne. On les lient pour valables devant l’église.

En tout cas, celui qui nous occupe sera un régularisé : touchée par tant d’amour, la marquise, qui jusqu’à présent s’était obstinément refusée à donner son consentement, vient d’autoriser sa fille à s’unir au roturier Juan Milla.

 « Arcachon-journal » 1899.
Peinture de Antonio López García.

Le trust des fiancés

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Inconsciemment, une Américaine, miss Jane Davis, vient de le réaliser avec un succès express, qui donne une crâne idée de l’homme. Cette jeune fille, quoique âgée de quatre-vingt sept ans, et complètement tombée en enfance, a reçu, en moins d’un mois, trois mille six cent quarante demandes en mariage.

L’empressement de ces bons Yankees s’explique le plus naturellement du monde : miss Davis venait d’hériter de vingt-cinq millions de son frère, banquier à San-Francisco. Voilà un parti qui dépasse toutes les espérances ! On assure qu’il fallut organiser une véritable administration, composée de plusieurs secrétaires, pour répondre aux aimables soupirants. Que de jolies fiancées déjà abandonnées pour la radieuse octogénaire !

Avis aux beaux coureurs de dot qui n’auront qu’à se rendre auprès de la belle, domiciliée dans la ville de New York ! Car elle n’a pas encore choisi.

 « Touche-à-tout. »  Paris, 1904.
Illustration : ©The Walt Disney Company.

Bénédiction aérienne

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Déjà deux fiancés anglais avaient utilisé un avion pour aller à l’église et faire leur voyage de noces au-dessus de l’Ecosse, mais le lieutenant américain George Burgess est certainement le premier qui se soit marié en aéroplane. Les deux jeunes fiancés et un pilote montèrent en avion.

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Le chapelain Alexandre Wonter, qui les suivait dans un autre aéroplane muni d’un appareil de téléphonie sans fil, leur posa les questions d’usage, et la cérémonie religieuse, la première du genre, s’accomplit suivant les rites ordinaires.

« Le Miroir . » Paris, 1919.

Mariage au télégraphe

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La semaine dernière, miss Mary Slaughter se présentait, avec ses demoiselles d’honneur et ses témoins, au bureau du télégraphe de Bowling Green, Etat du Kentucky, où un clergyman l’avait précédée.

Il lui donnait aussitôt la bénédiction nuptiale puis, saisissant l’appareil télégraphique, transmettait lui-même la bénédiction à M. James Murrel, qui était avec ses témoins à l’autre bout du fil dans le Wyoming. Ensuite de quoi, la nouvelle mariée et son époux, se précipitaient vers un train et se rencontraient à une station intermédiaire, d’où ils gagnèrent San Francisco pour se rendre aux Philippines.

On nous annonce en même temps, qu’une jeune et riche Américaine, miss Mary Paulin, a fait le pari vis-à-vis de ses amis de trouver un mari en faisant le tour du monde bien qu’elle ne doit s’arrêter que trois jours dans chaque ville. Avis aux épouseurs ! Pour peu qu’elle s’attarde en route, elle aurait le temps non seulement de se marier, mais de divorcer, de se remarier, de redivorcer, etc.

« Le Journal du dimanche : gazette hebdomadaire de la famille. »  Paris, 1905.