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Le trust des fiancés

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Inconsciemment, une Américaine, miss Jane Davis, vient de le réaliser avec un succès express, qui donne une crâne idée de l’homme. Cette jeune fille, quoique âgée de quatre-vingt sept ans, et complètement tombée en enfance, a reçu, en moins d’un mois, trois mille six cent quarante demandes en mariage.

L’empressement de ces bons Yankees s’explique le plus naturellement du monde : miss Davis venait d’hériter de vingt-cinq millions de son frère, banquier à San-Francisco. Voilà un parti qui dépasse toutes les espérances ! On assure qu’il fallut organiser une véritable administration, composée de plusieurs secrétaires, pour répondre aux aimables soupirants. Que de jolies fiancées déjà abandonnées pour la radieuse octogénaire !

Avis aux beaux coureurs de dot qui n’auront qu’à se rendre auprès de la belle, domiciliée dans la ville de New York ! Car elle n’a pas encore choisi.

 « Touche-à-tout. »  Paris, 1904.
Illustration : ©The Walt Disney Company.

Bénédiction aérienne

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Déjà deux fiancés anglais avaient utilisé un avion pour aller à l’église et faire leur voyage de noces au-dessus de l’Ecosse, mais le lieutenant américain George Burgess est certainement le premier qui se soit marié en aéroplane. Les deux jeunes fiancés et un pilote montèrent en avion.

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Le chapelain Alexandre Wonter, qui les suivait dans un autre aéroplane muni d’un appareil de téléphonie sans fil, leur posa les questions d’usage, et la cérémonie religieuse, la première du genre, s’accomplit suivant les rites ordinaires.

« Le Miroir . » Paris, 1919.

Mariage au télégraphe

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La semaine dernière, miss Mary Slaughter se présentait, avec ses demoiselles d’honneur et ses témoins, au bureau du télégraphe de Bowling Green, Etat du Kentucky, où un clergyman l’avait précédée.

Il lui donnait aussitôt la bénédiction nuptiale puis, saisissant l’appareil télégraphique, transmettait lui-même la bénédiction à M. James Murrel, qui était avec ses témoins à l’autre bout du fil dans le Wyoming. Ensuite de quoi, la nouvelle mariée et son époux, se précipitaient vers un train et se rencontraient à une station intermédiaire, d’où ils gagnèrent San Francisco pour se rendre aux Philippines.

On nous annonce en même temps, qu’une jeune et riche Américaine, miss Mary Paulin, a fait le pari vis-à-vis de ses amis de trouver un mari en faisant le tour du monde bien qu’elle ne doit s’arrêter que trois jours dans chaque ville. Avis aux épouseurs ! Pour peu qu’elle s’attarde en route, elle aurait le temps non seulement de se marier, mais de divorcer, de se remarier, de redivorcer, etc.

« Le Journal du dimanche : gazette hebdomadaire de la famille. »  Paris, 1905.

Un comble

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Grande réception chez Me Campinchi. Au fumoir, repris par la déformation professionnelle, nos bons Maîtres parlent Palais. Les anecdotes succèdent aux anecdotes, émouvantes, égrillardes, bouffonnes.

Le regretté bâtonnier Chenu conte qu’il lui arriva, en sa jeunesse, de plaider, dans la même semaine, deux procès contradictoires intentés contre un peintre qui devait, depuis, faire une brillante carrière.

Un de ces procès demandait l’annulation du mariage contracté par l’artiste trois ans plus tôt. Motif allégué : impuissance physique du mari à donner des enfants à sa femme. L’autre procès était, au contraire, un procès en reconnaissance de paternité intentée par une servante du jeune peintre.

Lequel avez-vous gagné ? questionna Me Campinchi.

Le bâtonnier Chenu eut un petit rire :  

Je les ai gagnés tous les deux.

« Marianne : grand hebdomadaire littéraire. »  Paris, 1933. 

Une famille un peu compliquée

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Les journaux anglais du mois de juin 1836 rapportent qu’il y a quelque temps, un fait probablement unique dans son genre s’est passé à Cambden.

Un homme veuf et déjà d’un certain âge devient amoureux d’une très-jeune fille et l’épouse. Peu après, le fils que ce veuf avait eu de son premier mariage devint amoureux de la mère de la nouvelle femme  de son père, femme du reste à la fleur de l’âge. Il lui offre sa main et l’épouse.

Ainsi voilà un père gendre de son fils, et une épouse qui devient non-seulement belle-fille de son propre beau-fils , mais encore belle-mère de sa mère, qui elle-même se trouve être la belle-fille de sa fille, tandis que le mari de celle-ci est beau-père de sa belle-mère et beau-père de son père.

Ce sera une bien autre confusion s’il vient un jour des enfants de ces deux mariages singuliers.

« Le livre des singularités. »  G. P. Philomneste. Dijon, 1841.
Image d’illustration : Samuel Luke Fildes.

Un mariage au Ku-Klux-Klan

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Ku-Klux-Klan

On peut appartenir au Ku-Klux-Klan et ne pas demeurer étranger aux choses du sentiment. Bien au contraire, paraît-il. Deux jeunes gens, appartenant comme tous ceux de leur famille à la fameuse société secrète américaine, viennent de se marier à Claredon, non loin de Washington.

Leur mariage eut lieu toutefois selon les rites et us du Ku-Klux-Klan. Entendez qu’ils étaient revêtus d’une cagoule de pénitent blanc, que les gens du cortège l’avaient pareillement et que le défilé dut ressembler étrangement aux processions de la semaine sainte à Séville ou à un enterrement chez les frères de la Miséricorde à Florence.

Mais quoi, comme dit le titi, il faut bien rigoler un peu.

« Comoedia. »  Paris, 1927.
Image d’illustration.

La cape et l’épée

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Un jour Mme de Beauharnais fait appeler son notaire, M. de la F…

Devinez un peu le motif qui m’a fait vous prier de venir , s’écria-t-elle en l’apercevant.

Après l’avoir quelque temps observée en silence, avoir quelque temps cherché à lire dans ses yeux :

— Mme la marquise penserait-elle à se remarier ?
Précisément… Mais avec qui ? voyez…., cherchez… 
— J’avoue qu’il m’est impossible de pénétrer votre secret. 
— Eh bien ! pour vous tirer de peine, mon cher M. de la F…, apprenez que j’épouse Bonaparte. 
— Impossible. 
— Très possible, je vous jure. 
— Vous vous moquez, madame, il n’a que la cape et l’épée. Oh ! je vous en supplie, croyez-moi, réfléchissez, ne faites pas une semblable folie. 
— Très bien, M. de la F…, très bien, j’aime que l’on prenne les intérêts de ses clients , dit le général Bonaparte, soulevant le rideau derrière lequel il s’était caché à l’arrivée du notaire. Aussi, à partir de ce jour, je vous donne ma clientèle; elle est mince encore, je n’ai que la cape et l’épée, d’accord, mais j’ai la confiance que tôt ou tard elle en vaudra bien une autre.

Le général a tenu parole; sa cape est devenue le manteau semé d’abeilles d’or; son épée a dominé le monde, et la clientèle du notaire s’est nécessairement ressentie de cette grande et inconcevable métamorphose.

« Le Spectateur : revue des moeurs, des arts et de la littérature. »  Poitiers, 1840.