marinier

Le pari

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berge-tamise.

Un marinier remontait la Tamise dans une frêle embarcation. Un coup de vent survient et la chavire. Le pauvre homme s’efforce de regagner la rive.

La foule s’amasse sur le quai (on est aussi curieux à Londres qu’aux bords de la Seine), et tout aussitôt des paris s’organisent.

Il sait nager !
Il ne sait pas nager !
Il se noiera !
Il ne se noiera pas !
Dix livres qu’il se noie !
Dix livres que non !

Deux bateliers, témoins de l’accident, sautent dans leurs barques, et viennent de l’autre rive au secours du malheureux. Encore quelques coups d’aviron, et ils vont l’arracher au danger.

Mais, à ce moment, un cri général part de la rive opposée :

— Il y a un pari !…

A ces mots sacramentels, les bateliers s’éloignent aussitôt, l’homme se noie, le pari est gagné, et la foule se dissipe en grognant de joie d’y avoir assisté.

« Dictionnaire encyclopédique. »  Victor Fournel. paris, 1872.

 

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Pas très clair…

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Madelain-Gustave

Où le style peut conduire un homme. Un fait-diversier raconte qu’une péniche s’est mise à sombrer pendant la nuit et il rédige textuellement :

Le marinier qui la conduisait, éveillé par un heureux hasard, s’est aperçu de l’envahissement des eaux. Il a pu fuir en barque avec sa famille, à demi vêtue.

Un quart d’heure plus tard on déplorait la mort de quatre personnes.

Alors c’est donc que la barque aura chaviré ? A moins que le rédacteur n’ait voulu dire : « Un quart d’heure plus tard et l’on déplorait. »

Parce que jai déniché cette paille dans la prose du voisin, ce n’est pas une raison pour que ceux qui me lisent s’avisent de m’envoyer mes poutres par la Poste, cela pourrait me coûter trop cher.

« La Joie de la maison : journal hebdomadaire. »  Paris, 1892.
Tableau de Gustave Madelain.