Mars

Allo ! allo ! la planète Mars ?

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C’est maintenant chose faite. Les Terriens ont envoyé un message aux Martiens. En pleine nuit. M. Millener, profitant de ce que Mars se trouvait alors sur le point de sa trajectoire le plus rapproché de la terre, a lancé d’Amérique des ondes hertziennes d’abord de 18.000 mètres, puis de 300.000 mètres de longueur.

Cette tentative a dû désespérer un autre Américain, M. Todd, qui fut devancé de douze heures dans son essai de communication avec notre voisine. son intention est, en effet, d’envoyer d’un ballon suspendu dans l’espace, à 18.000 mètres au-dessus du sol, des ondes amplifiées par des appareils spéciaux mais émises par une puissante station à terre.

Mars est la planète la plus éloignée du Soleil après la Terre. Elle en est distante de 225 millions de kilomètres alors que notre globe n’en est éloigné que de 148 millions de kilomètres. La trajectoire que décrit Mars autour de l’astre central mesure 1.400 millions de kilomètres. Elle est parcourue par cette planète en une année martienne de 687 jours. Ce globe, qui a 21.500 kilomètres de tour, avance donc à raison de 23.850 mètres à la seconde, alors que la vitesse de la terre est de 29.500 mètres. La distance moyenne entre les routes suivies par Mars et la Terre, est de 77 millions de kilomètres. Elle peut se réduire à 56 millions de kilomètres. C est déjà une jolie distance qu’un obus de Bertha mettrait, si sa vitesse restait la même, dix ans à franchir. Il est vrai qu’un rayon lumineux et une onde hertzienne qui progressent tous les deux à raison de 300.000 kilomètres à la seconde, iraient de la Terre à Mars en trois minutes six secondes.

Notre voisine a une atmosphère analogue à la nôtre, avec des nuages qui semblent identiques, car l’eau existe dans Mars, puisqu’on aperçoit des calottes neigeuses vers les pôles, lesquelles varient, comme sur terre, avec les saisons, d’ailleurs comparables aux nôtres, mais deux fois plus longues.

Toutefois, Mars montre un aspect géographique différent de celui de la Terre. Il n’y a ni vastes mers, ni grands continents, ceux-ci étant plutôt répartis le long et au sud de l’Equateur. De plus, les mers semblent peu profondes et les continents peu élevés. On n’aperçoit pas de hautes montagnes, sauf peut-être l’Ile dite neigeuse située en pleine eau. Les inondations doivent être fréquentes, car on a vu dans le télescope des centaines de milliers de kilomètres carrés de parties claires devenir sombres et réciproquement, comme si un agent liquide se répandait brusquement sur de grandes surfaces martiennes. En outre, il existe à la surface de Mars des canaux longs souvent de 5.000 kilomètres, larges de 100 et qui font toujours communiquer des mers entre elles. Ces canaux, qui se croisent selon des angles variables et sont moins profonds que les mers, se dédoublent fréquemment à des époques déterminées. Ils ne paraissent pas naturels aux observateurs qui voient dans ces dépressions l’œuvre d’êtres très intelligents.

En tout cas, déjà en 1656 des astronomes dessinaient des cartes de Mars et cherchaient à découvrir des traces de vie sur ce globe à l’aide de lunettes ingénieuses. Disons qu’il est impossible de se rendre compte, avec les instruments même les plus puissants, si Mars est habité, et cela se comprend puisque déjà, pour les aéronautes, qui s’élèvent à de grandes hauteurs, la terre paraît absolument déserte. Cependant, il est logique de penser que cette planète, qui est si voisine de la nôtre à tous les points de vue, qui reçoit une quantité de chaleur et de lumière presque égale à celle que nous recevons, abrite des êtres vivants, mais il est probable que les formes de la vie sont essentiellement différentes des formes terrestres, étant donné surtout la faible intensité de l’attraction martienne qui fait qu’un corps tombe trois fois moins vite dans l’atmosphère de Mars que dans l’atmosphère de la Terre.

Cette constatation a fait admettre que les formes aériennes doivent être la règle sur Mars, alors qu’elles sont l’exception sur notre globe.

« Le Miroir. » Paris, 1920.

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Les messages de Mars

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M. Marconi, l’inventeur de la télégraphie sans fil, a fait à un journal de Sydney une communication sensationnelle :

On sait, a-t-il dit, qu’il existe a Cape Clear, le promontoire le plus occidental des Iles Britanniques, une station de télégraphie sans fil. C’est là que sont reçues les dernières dépêches expédiées par les vaisseaux s’éloignant d’Europe, et les premiers appels de ceux qui s’y dirigent à travers l’Atlantique.

A cette station arrive chaque jour, après minuit, un mystérieux message intraduisible, incompréhensible. Mais toujours à un certain moment, variant de nuit en nuit, on reçoit un mot, toujours le même.

On ne peut le reconnaître que par son signe invariable. Il n’appartient à aucune langue connue. Depuis deux années, cette mystérieuse communication n’a jamais manqué de se produire, et toujours entre minuit et une heure du matin.  

L’explication que donne Guglielmo Marconi de ce phénomène est plus extraordinaire encore que le phénomène lui-même. Il croit que c’est Mars qui essaie de communiquer avec la planète-sœur.

Pourquoi le message parvient-il toujours à ce même point du globe ? Que désire nous dire Mars ? Et pourquoi cette patience obstinée à répéter chaque nuit la même chose depuis deux ans ?

« Le Radical. » Paris, 1906.

Les Martiens

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Comment sont faits ces Martiens qui, suppose-t-on, nous font signe ? Plusieurs savants ont émis, à ce sujet, des hypothèses, dont voici les principales, rassemblées par Sergines, dans les Annales Politiques et Littéraires.

On peut imaginer, dit le président de l’Académie Royale de Londres, que les hommes de Mars sont grands parce que la pesanteur y est faible, blonds parce que la lumière y est atténuée, ont quelque chose, avec plus de gracilité, des membres de nos Scandinaves, et ont aussi probablement le crâne plus élargi.

Leurs yeux bleus sont plus grands et doués d’une faculté d’accommodation plus étendue : leur nez est également plus fort, leurs pavillons auditifs plus grands. Leur tête volumineuse, leur vaste poitrine, leurs membres longs et grêles, l’absence de taille séparant le thorax de l’abdomen, leur donnent un aspect général assez différent de celui que nous présentons. Leurs grands yeux, leur nez puissant, à narines mobiles, leurs larges pavillons auditifs constituent un type de beauté que nous n’apprécierions sans doute pas beaucoup. 

M. H.-G. Wells, auteur d’une Guerre des Mondes, a une autre idée des Martiens.

Les habitants de la planète Mars, écrit-il, ont d’énormes corps ronds, ou plutôt ils ont pour corps d’énormes têtes rondes d’environ quatre pieds de diamètre avec un visage au milieu. Ce visage n’a pas de nez, mais une paire de gros yeux de couleur sombre et immédiatement sous les yeux une sorte de protubérance charnue. A l’arrière du corps se trouve l’oreille. La bouche est entourée de seize tentacules effilés semblables à des jouets.  

M. Camille Flammarion n’est pas de cet avis.  

Les habitants de Mars ne peuvent qu’être pareils à notre espèce humaine. Ils doivent être plus grands, plus légers, d’une forme différente. Ils doivent être aussi plus beaux que nous et meilleurs. 

Le professeur Hyslop, dans les Annales des Sciences Psychiques, a tracé le portrait d’un Martien d’après un médium, Mme Smead. Elle s’est bornée à dire :

Les habitants de Mars, en chair et en sang, ressemblent à des Indiens de l’Amérique du Nord. 

La Presse, de Montréal, a publié, en 1900, deux images de Martiens. L’une d’après l’astronome Nicolas Climius, dont le nom ne nous est pas très familier. Pour Nicolas Climius, le Martien (il l’a dessiné) est un homme-arbre. Son tronc est un vrai tronc ligneux et ses bras sont des branches. Quand les Martiens sont en mouvement, on croirait voir marcher la forêt dans Macbeth.

Tout autre est le Martien pour sir Himpfry Davy’s.

Le Martien, après études, est de taille immense. Il ressemble à un humain. Mais ses membres sont d’un développement extraordinaire.  

En un mot, et c’est pour lui assurer le respect de certaines gens, le Martien a le bras long. 

Sergines. « L’Écho du merveilleux. » Paris, 1913.

Ces braves martiens

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Pour ceux qui ne le sauraient pas, rappelons que les martiens sont les habitants de Mars, comme les Parisiens sont les habitants de Paris. Ajoutons que Mars est une planète, tout comme la Terre elle-même. Si bien que, si Mars est habitée, ce qui n’est pas sûr, ses habitants, les martiens, pourraient être des hommes comme nous.

S’ils existent, il est à souhaiter que ces braves martiens soient animés de bons sentiments à notre endroit. S’ils nous voulaient du mal (au vrai on ne voit pas bien pourquoi ils nous en voudraient !) rien ne serait plus facile (?) pour eux que de nous laisser tomber des obus de 510, et même de beaucoup plus gros, sur la tête. Heureusement, nous allons être bientôt fixés, et nous allons savoir s’il faut préparer des abris bétonnés contre les cadeaux explosifs des enfants de Mars.

Un savant… un docteur, descendant si l’on en croit son nom, de Robinson Crusoë lui-même, le Dr Robinson, va pour peu de jours entrer en relations avec la planète Mars. Ce sera au moyen de la T.S.F. Ce serait presque aussi simple de se servir de l’avion, ou du…  » Comte Zeppelin », retour d’Amérique. Le Dr Robinson est sûr du succès. Il a pris ses garanties. Il est en relations télématiques !… avec une dame de Mars. Il le croit du moins. Cette dame étant bavarde, ce qui semble indiquer qu’il y a des ressemblances entre Martiens et Terriens, cette dame lui a dit qu’on était prêt là-bas à recevoir ses messages… (Je vois un « jeune » qui. rit !… « jeunes » ne riez pas ! C’est un docteur télépathe qui parle). Donc, au jour fixé, le Dr Robinson va envoyer des appels sur une longueur d’ondes de 13 kilomètres. Les membres de l’Académie Martienne des Sciences auront pris leur casque. Leur président sera prêt a nous répondre :

Quel honneur ! Monseigneur !…

En avons-nous de la chance ! Les Martiens, galants hommes, nous ont réservé la primeur de leurs interviews, M. le Dr Robinson nous le promet… Je ne demande qu’à le croire, mais il me reste plus d’un doute.

Comment Branly a-t-il fait part de sa découverte aux Martiens ? Si ce n’est pas Brandy, qui est-ce qui nous permet de supposer qu’il y a, sur le bord des canaux de Mars, une tour Eiffel ou un poste correspondant de Rugby d’où va partir l’appel de Robinson ? En quelle langue parlera-t-on ? Qui sont les interprètes ? Quand on songe que nos savants n’ont pas encore déchiffré certaines inscriptions étrusques; qu’il a fallu attendre Champollion pour « lire » les hiéroglyphes, nous avons le droit de demander si le Dr Robinson se moque de nous, et si les journaux qui nous annoncent sérieusement son expérience se paient notre figurine ! Au moins nous exigerons qu’ils y mettent le prix, et nous retiendrons cette nouvelle histoire pour mettre une sourdine à nos admirations pour le « Progrès » télépathique ou autre, et pour développer notre esprit critique à l’égard des dépêches des agences.

De cette façon le Dr Robinson nous aura tout de même rendu service.

« Les Jeunes. Courrier de quinzaine du Journal le Patronage. » Paris, 1928.

Signaux martiens

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La planète Mars éprouve de temps en temps le besoin de nous faire des signes. Ce sont les astronomes qui l’affirment. Le fait, constaté il y a quelques années déjà, vient de l’être, à nouveau.

On assure que l’observatoire de télégraphie lumineuse de Cape Clear, en Angleterre, reçoit tous les soirs à la même heure, un télégramme mystérieux qu’enregistrent ses appareils et qu’il n’a pas encore été possible de déchiffrer, bien qu’il se compose toujours des mêmes signes, Les astronomes sont tentés d’attribuer ce télégramme inter-astral aux habitants de la planète Mars qui chercheraient à entrer en relations avec nous,

M. Camille Flammarion, consulté, déclare que la chose est très possible, attendu que les Martiens sont très probablement plus avancés que nous dans leur évolution, et qu’ils doivent avoir trouvé depuis bien longtemps le fil à couper le beurre… et même à couper le télégraphe.

Mais la politesse exige que nous répondions. J’espère que nos astronomes s’y préparent.

« La Justice. »  Paris, 1906.
Illustration : Jean Ignace Isidore Gérard.