Maxime Weygand

Courage tardif 

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weygand-clemenceauGeorges Clemenceau n’aimait pas Maxime Weygand parce que celui-ci était le collaborateur de Foch que Clemenceau n’aimait pas, tout en le subissant comme généralissime. 

Un jour, le Tigre eut ce mot méchant, comme tous ses mots d’ailleurs : 

« Weygand, qui après tout, n’a jamais vu le feu que du coin de sa cheminée… ». 

Le propos ne manqua pas d’être rapporté à Weygand qui répondit doucement : 

« Il est certain qu’en ce moment Clemenceau va plus souvent que moi jusque vers les tranchées de première ligne. J’ai un autre emploi obligatoire de mon temps, Quant à lui, il va jusqu’où nous voulons et où il ne court aucun péril. Il est vrai qu’il n’en sait rien, et il fait donc preuve du même courage que si tout ceci n’était pas camouflé. Mais en 1870, alors que je sortais à peine de nourrice, Clemenceau avait trente ans, ce qui est un bel âge pour combattre en première ligne. Je n’ai pas entendu dire qu’alors il ait eu l’idée de s’engager. » 

Et Weygand conclut : 

« Clemenceau est courageux, mais le courage lui est venu tard ! »

« Sans-gêne. » Paris, 1935.