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Maximes et proverbes

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Les vieilles maximes ont du bon. C’est comme du pur jus extrait de l’expérience de nos pères… et dont nous ne savons généralement pas nous servir. Certains d’entre ces vieux proverbes exigent d’ailleurs quelques amendements. A la manière des Lois, ils ne peuvent toujours représenter la perfection dans la prévoyance et le jugement. 

Telle cette maxime, qui se rapporte d’ailleurs à ce qui précède, et nous dit : 

« On ne profite jamais de l’expérience des autres… »

C’est vrai. Voyez un petit enfant auquel on dit : « Ne touche pas à ce fer à repasser, il est chaud et tu te brûlerais… » Le gosse n’y croit point tant qu’il ne s’est pas brûlé. Une fois qu’il a eu le doigt cuit, il devient compréhensif, mais il a fallu qu’il fasse lui-même l’expérience. 

Il en est, ainsi des grandes personnes. Pour les jouvenceaux, le fer chaud ce sera l’Amour. Les vieux les avertissent, mais rien à faire. Ils attendent d’être victimes. Alors ils comprennent. Pour les personnes mûres, le fer chaud c’est la Bourse. Ils risquent leur argent dans ce repaire de bandits. On a beau crier : « Gare ! » Jusqu’au jour où les valeurs tombent à zéro ils ne veulent pas profiter de l’expérience des autres. Ainsi la maxime que nous venons de citer paraît précieuse. Mais elle nous inviterait à ne point avertir les ignorants puisque nos avis ne doivent leur servir à rien.

Cependant un proverbe contredit cette conclusion, en affirmant : « Un homme averti en vaut deux« .

« Almanach des coopérateurs. » Limoges, 1937.