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Saucisson homéopathique

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Tous les journaux ont parlé, la semaine dernière, d’Heinrich Heine, de son esprit européen, de ses prédilections françaises, de son génie. Fort bien, mais pourquoi n’a-t-on pas mis mieux en relief  l’esprit mystificateur du poète ? Une anecdote parue dans l’Ordre nous en donne un aperçu curieux .

Le célèbre moqueur, voyageant avec sa femme dans le midi de la France, fit la rencontre du violoniste Heinrich Wilhelm Ernst. Celui-ci le chargea, d’un superbe saucisson de Lyon, avec prière de le remettre à un médecin homéopathe de ses amis aussitôt après son arrivée à Paris. Heine accepta et partit. La route était longue, car le chemin de fer n’existait pas. Mme Heine eut faim et entama du saucisson, la largeur de sa langue : elle le trouva parfait. Henri Heine y goûta aussi et le trouva exquis. Bref, ce malheureux saucisson fit les délices de la route, et diminua tellement qu’à son arrivée à Paris Heine n’osa plus expédier au destinataire le tronçon qui lui restait… Mais bientôt il se ravisa, en coupa avec un rasoir une tranche mince comme une feuille de papier, et la mit sous enveloppe avec la lettre suivante :

Monsieur le docteur,

D’après vos investigations, il est acquis à la science que des millionièmes de parties produisent les plus grands effets. Acceptez donc ci-joint le millionième d’un saucisson de Lyon., que notre ami Ernst m’a chargé de vous remettre. Si l’homéopathie est une vérité, cette petite partie produira sur vous le même effet que le saucisson tout entier. 

Henri Heine.

N’est-ce pas charmant ?

« L’Européen. »Paris, 1929.

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Potion magique

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Le médecin de la Conciergerie (prison de la Convention) avait une ou deux tisanes qu’il administrait sans distinction aux citoyens attaqués de différentes maladies.

Un jour il s’approche d’un lit, et tâte le pouls du malade.

  Ah ! dit-il , il est mieux qu’hier.
— Oui, citoyen docteur, il est beaucoup mieux; mais ce n’est pas le même. Celui d’hier est mort.
— Ah ! c’est différent. Qu’on fasse de la tisane.

« Journal des anecdotes anciennes. »  Paris, 1833.

Les ressuscités

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Un médecin de New York vient de faire passer, dans les journaux, une annonce, où il promet, moyennant 1.500 dollars, de rendre la vie aux électrocutés.

La mort n’est qu’apparente, dit-il, puisqu’aucun organe n’est atteint.

Et si on lui remet 1.500 dollars il se fait fort de vous remettre en vie après qu’on vous aura tué.

Choses d’Amérique !

« Gazette Française. »  Paris, 1905.

Naissance de Sherlock Holmes

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Arthur-Conan-Doyle

Il y a bien longtemps, au printemps 1888, le médecin militaire anglais Arthur Conan Doyle, blessé à la jambe et dans l’obligation de prendre une retraite prématurée, s’installait à son compte.

Mais la clientèle n’affluant pas, il se mit à écrire des romans policiers pour augmenter ses maigres revenus. C’est ainsi que naquit le fameux détective Sherlock Holmes, dont les aventures ont été publiées dans toutes les langues. Conan Doyle n’était pas peu fier de sa réussite. Un jour, parlant à un haut fonctionnaire de Scotland Yard, il lui dit :

Sans ma blessure, je n’aurais jamais écrit et le plus grand détective du siècle n’aurait pas vu le jour. 
— Oh ! répondit l’autre, cela n’aurait pas fait baisser d’une unité la statistique de la  criminalité. Tandis que si moi, je m’étais improvisé médecin…
— Cela n’aurait pas diminué dans des proportions considérables la statistique de la mortalité, coupa Conan Doyle.

Et nos deux Anglais, comprenant l’humour, n’en restèrent pas moins bons amis.

« Ric et Rac : grand hebdomadaire pour tous. » Paris/Clermond-Ferrant, 1938.
Illustration : Sir Arthur Conan-Doyle, with his pipe, in around 1912. Photograph: E.O. Hoppe/E.O. Hopp /Corbis.

Menace

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arrestation.

Un particulier qui avait perdu son emploi crut bon lancer à la cantonade qu’il pourrait bien en coûter la vie à plus de cinq cents personnes.

Ce propos vint aux oreilles d’un représentant du Ministère de la police, qui le fit promptement arrêter.

Que prétendiez-vous dire par cette menace ? l’interroge-t-on.

Moi, répliqua-t-il, je n’ai menacé personne. Je voulais seulement dire que j’allais me faire médecin.

Image d’illustration : 1909. Agence Rol. 1909.

Rêves prémonitoires

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songes

Vulpius, bibliothécaire d’Iéna, raconte ces deux faits dans son Recueil des rêves les plus remarquables (Sammlung der merkwürdigsten Träume). Voici le premier :

Le docteur Rambaum, médecin célèbre de Breslau, avait entre les mains un malade auquel il ne savait plus qu’ordonner. Il s’endormit un soir, rempli d’inquiétude sur le sort de ce malheureux. Pendant son sommeil, se présente à lui un livre tout ouvert, dans lequel il lit, avec le plus grand détail, la maladie du moribond et les remèdes qui lui conviennent. Il n’est pas plutôt réveillé qu’il court chez son homme lui administre le traitement prescrit et le guérit radicalement. 

 Quelle fut la surprise du bon docteur de voir paraître quelques années après un ouvrage qui lui représenta page par page et mot pour mot le passage du livre où il avait trouvé la science en dormant. 

Quant au second :

Un marchand appelé André Pimou passait à Riom, en Auvergne. Il s’amuse en rêve à faire l’anagramme de son nom et remarque avec effroi qu’il s’y trouve exactement : Pendu à Riom.

Le lendemain matin, ayant déjà oublié ce songe fatal, il prend querelle sur le marché avec un homme et le tue. La justice s’empare d’André Pimou et le fait pendre.

« Hier, aujourd’hui, demain. Gazette historique. »  Paris, 1923.
Illustration : « Le songe de Tartini. »  Louis-Léopold Boilly (Lithographie).

La peau d’un médecin

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Jeanne-Demarsy

Mme Demarsy, la jolie pensionnaire du Théâtre du Gymnase, ayant été blessée à la figure dans un accident de voiture, son médecin, le docteur Félizet, a pratiqué sur elle la greffe animale en lui appliquant un morceau de sa propre peau. Grande matière à interview: le docteur Félizet, à qui un rédacteur du XIXe Siècle a demandé sur quelle partie de son corps il avait pris ce morceau de peau, a répondu que, pour des raisons médicales, ce ne pouvait être ni sur une partie ayant des poils, ni dans le dos, ni près des articulations.

« On prend généralement, a-t-il dit, dans les jambes. »

Mais il n’a pas avoué que ce fût là qu’il eût pris. Aussi craignait-on que les personnes qui désormais embrasseraient Mme Demarsy eussent à se demander quelle pouvait bien être la partie de son médecin qu’elles auraient embrassée en même temps.

Mais tout sujet d’anxiété a disparu; la jolie peau de Mme Demarsy a refusé de s’assimiler celle du docteur, qui est tombée, et l’on assure que l’aimable artiste se refera d’elle-même le charmant visage que tout le monde lui connaît.

« Gazette littéraire, artistique et bibliographique. » Paris, 31-12-1890.

chirurgie réparatrice