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Le bienfaiteur…

juge

A la 17ème Chambre, en l’année 1946, un nommé Leroux comparaît pour exercice illégal de la médecine.

Je n’ai jamais exercé la médecine : je suis infirmier, j’ai fait des piqûres.
— Vous avez surtout fait des ponctions dans la bourse de vos crédules clients, remarque le président Durkheim.
— N’exagérons rien, rétorque Leroux. Je prenais des prix raisonnables par ces temps de vie chère.
— Vous avez demandé 3.000 francs à une femme pour la faire maigrir. Elle pèse encore 90 kilos. Vous avez soigné un vieillard qui s’appelle Auguste Vieillard… Vous prétendiez le rajeunir : il est mort. Vous avez si bien piqué une cliente à la cuisse qu’elle est maintenant immobilisée avec un furieux anthrax. Enfin, plus de dix autres personnes se plaignent de vous.
— Ce sont des ingrats, dit Leroux.
— Soit ! tonne le président. 5.000 d’amende et un mois de prison avec sursis.
— C’est à vous dégoûter de faire le bien, s’indigne Leroux.

Plus de médecins ni de médecine !

boutique-apothicaire

Voici un M. Khorf, de nationalité russe, qui ne veut plus que nous nous servions de médecine ni de médecins.

Suivant lui, la nature trouve toujours spontanément le moyen de guérir les maladies, lesquelles ne deviennent chroniques et incurables que par l’introduction réitérée des médecines dans l’organisme. Témoin les animaux, qui, n’ayant pas de médecins, ne sont presque jamais malades.

M. Khorf prétend aussi que ce qui fait la faiblesse de l’homme et de la femme, c’est de n’avoir plus le corps couvert de poils, comme les autres mammifères, et de les avoir remplacés par des vêtements. L’innovateur ne nous indique pas le moyen de faire repousser les poils qui nous manquent, mais il a pris au sérieux sa méthode curative, et il vient d’offrir au Conseil municipal d’en faire l’essai dans l’hôpital de Paris le plus réputé pour sa grande mortalité. Si, dans six mois, cette mortalité n’a pas notablement diminué, et si l’on n’a pas constaté en même temps une grande réduction dans les dépenses et dans les jours de traitement des malades entrés, il s’engage à construire une maison de santé pour les pauvres.

Et, à l’appui de sa proposition, M. Khorf a déposé, pour le cas où elle serait acceptée, un chèque de cent mille francs entre les mains du président du Conseil municipal.

« Gazette littéraire, artistique et bibliographique. »  Paris, 1891.

Médecine

mme-de-sevigne

Mme de Sévigné écrit à sa fille, Mme de Grignan, pour lui signaler une attaque aigüe de rhumatisme qui l’avait fait souffrir. Mais, heureusement, son visage n’est quasi pas changé :

 C’est que je n’ai point été soignée, dit-elle, que je n’ai qu’à me guérir de mon mal, et non pas de mes remèdes…

« Lisez-moi : Histoire. »  Paris, 1936.

Profession de charlatan

Marat-Lucien-Etienne-Melingue

 

Le docteur Koch, qui dit avoir trouvé le moyen de guérir la phtisie, n’est pas le premier qui ait cru faire cette importante découverte. Il a eu, en effet, pour précurseur le célèbre Marat, et voici, à ce sujet, quelques détails que le docteur Cabanès a communiqués à l’Intermédiaire des chercheurs et curieux.

Marat débuta par être médecin. Il eut la chance de guérir de la phtisie la marquise de Laubespine, que tous les médecins regardaient comme perdue. Il administrait à sa malade une eau minérale artificielle qui prit le nom d’Eau factice pulmonique de M. Marat. Cette cure eut un grand retentissement et amena chez Marat une telle quantité de malades qu’il ne savait plus à qui entendre.

Malgré cet immense succès, bien fait pour flatter sa vanité, il abandonna bientôt la médecine pour revenir à l’étude de la physique, disant que l’état de médecin à Paris n’était qu’une profession de charlatan, indigne de lui.

On a bien raison de dire qu’on n’est trahi que par les siens.

« Gazette littéraire, artistique et bibliographique. »  Paris, 1890.
Illustration : Lucien-Étienne Mélingue.