ménage

Le ménage est-il un sport ?

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alexandre-le-bienheureux

Malgré les indéniables progrès que l’exercice physique en général a fait dans l’esprit du public, il reste encore une prévention très répandue contre les sports féminins. Aussi, tout récemment, je recevais une lettre à peine aimable, dont l’auteur m’enjoignait de déclarer que le meilleur sport pour la femme, c’est le ménage.

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Quel que soit mon désir de me mettre d’accord avec mes contemporains, il m’est pourtant impossible d’acquiescer à cette proposition. Non, le ménage n’est pas un sport.

Le mot « sport » signifie avant tout « jeux ». Or, les travaux du ménage sont une fatigue et, en bien des cas, un ennui. S’ils représentaient un jeu, nos frères, nos maris, se disputeraient le plaisir de faire la vaisselle et de cirer les chaussures…  toutes les besognes qu’on laisse à Cendrillon.

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Les besognes ménagères ne développent pas le corps, ne le perfectionnent pas. Les gestes qu’il faut faire pour balayer, éplucher les légumes, raccommoder, sont tous, plus ou moins, des gestes incomplets, étriqués, qui mettent la colonne vertébrale en flexion et ferment le thorax.

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Le geste qui allonge, qui étend, qui dilate les côtes est exceptionnel en matière de ménage. Regardez les femmes auxquelles la vie a imposé exclusivement ces humbles travaux : sauf de rares exceptions, elles ont le dos voûté, la poitrine étroite, les épaules proéminentes, la peau grise et ridée précocement. Cela ne signifie pas qu’une sportive qui se respecte doive renoncer à être une ménagère, au contraire. Il y a moyen de discipliner et de modifier le travail ménager de telle sorte qu’il ne soit plus nocif.

Doctoresse Houdré-Boursin « La Revue limousine : revue régionale. »  Limoges, 1931.
Photo : Philippe Noiret : »Alexandre le bienheureux. », film de Yves Robert. 1968.

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La paix chez soi

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menage-querelle.L’article 213 du code civil ayant été modifié, aucun texte de loi n’énoncera plus dorénavant que « la femme doit obéissance à son mari ». Ce devoir était d’ailleurs une chose bien périmée, et il y a belle lurette que l’obéissance de Madame n’est en réalité qu’une bonne plaisanterie ou, si vous préférez, une mauvaise blague.

Nous sommes loin des temps féodaux, où la femme était une sorte d’esclave, et où la coutume disait fort doctoralement :

« Tout mari peut battre sa femme quand elle ne veut pas obéir à son commandement… pourvu que ce soit modérément et sans que mort s’ensuive. »

En Angleterre, les anciennes lois de Galles déclaraient pareillement :

« Tout mari pourra donner à sa femme trois coups avec un bâton, sur toute autre partie du corps que la tête, s’il la surprend avec un autre homme, si elle dissipe ses biens, si elle le tire par la barbe ou si elle lui donne des noms injurieux. Mais s’il la bat plus sévèrement ou pour des motifs plus légers, il payera une amende.« 

« Ric et Rac : grand hebdomadaire pour tous. »  Paris/Clermont-Ferrand. 1938.

La tranche de lard

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couple anglaisIl existe à Dunmou, dans le comté d’Essex, un usage, en vertu duquel on accorde une forte tranche de lard à tous les gens mariés, qui viennent attester sur la foi du serment, qu’il ne s’est élevé, dans leur ménage, aucune dispute, pendant un an et un jour.

Un jeune couple, qui était uni par les liens de l’hyménée, depuis le temps prescrit par la loi, vint se présenter pour recevoir le présent ordonné. Après les questions d’usage, on leur demanda où ils voulaient mettre leur lard:

— Dans ce sac, répondit le mari.
— Mais il est trop petit, reprit l’agent chargé de la distributions des présents. 
— C’est ce que j’ai dit à mon homme ce matin, répliqua la femme. Nous avons eu, à ce sujet, une querelle de deux heures, et il n’a jamais voulu céder.
— Est-ce comme cela que vous vous accordez ensemble, répliqua le distributeur ? allons, allons , vous n’aurez pas de présent, et en même-temps il accrocha son lard au plancher.

Encyclopédie comique, ou Recueil anglais de gaietés.  Théodore-Pierre Bertin, Paris, 1790-1801.