militaire

Un qui travaille

Publié le Mis à jour le

louis-ferdinand

Le prince Louis Ferdinand, petit-fils de Guillaume II, qui a passé son doctorat à l’Université de Berlin, est entré chez Ford comme simple monteur. 

Une fois passés ses examens, contre la volonté de son père, l’ex-kronprinz, s’embarqua pour l’Amérique où il fut quelque temps l’hôte de M. Bigelorf, ami de I’ex-kaiser. L’ex-kronprinz a exprimé à son fils son mécontentement de le voir embrasser cette carrière, mais le jeune prince a affirmé que son avenir était là, et il a laissé choir son papa.

Le prince Louis Ferdinand fera peut-être des  victimes dans l’industrie automobile, mais moins, assurément, que n’en fit, son grand-père dans l’industrie militaire.

« Les Potins de Paris. » Paris, 1929.

Vous avez une soeur ?

Publié le Mis à jour le

marechal-de-castellaneLe maréchal de Castellane était très indiscret dans ses questions sur la vie privée des officiers, sur leurs familles. En arrivant à Lyon, un régiment résolut de lui jouer un bon tour pour lui ôter l’envie de continuer cette inquisition anti-militaire.

Le jour de la visite de corps, le maréchal, s’adressant au plus ancien lieutenant : 

— Vous avez encore votre père, votre mère, et aussi une soeur ?
—  Ma soeur a mal tourné, dit le lieutenant en baissant les yeux.
— Ah ! Pauvre garçon.

Même question au suivant, même réponse. Arrivé au sixième officier :

Vous avez une soeur ?

Et, avant que le lieutenant ait eu le temps de répondre :

Je sais, elle a mal tourné. Vous garderez les arrêts quinze jours.

« Le Rigolo. »  Rochefort, 1882.

On ne discute pas les ordres

Publié le

armée-autriche

La garnison de Klausenbourg (Autriche-Hongrie) a été mise en émoi, samedi dernier, par le suicide qu’un officier de cette garnison a accompli dans des conditions véritablement extraordinaires.

Le lieutenant d’infanterie Charles Mangesius. en proie à un accès de désespoir causé par un événement que l’on ignore encore, donne l’ordre à un soldat de son régiment de se présenter à telle et telle heure, avec armes et munitions, dans son appartement.

L’homme arrive. Le lieutenant lui dit de charger son fusil. L’homme, étonné, obéit en hésitant.

Le lieutenant s’agenouille et ordonne au soldat de tirer sur lui. Le soldat refuse. L’officier insiste et fait comprendre au troupier qu’il n’a qu’un devoir : celui d’obéir à ses supérieurs et que, s’il n’obéit pas, il sera frappé des peines les plus sévères.

Le troupier obéit enfin, l’officier commande : Feu ! et tombe foudroyé.

Charles Mangesius était fils d’un général de division en retraite.

« Le Rappel. »  Paris, 1889.

Le palais des papes en péril

Publié le Mis à jour le

claude-marie-gordot

Depuis nombre d’années, tous les artistes demandent que ce palais des papes, qui a été transformé en caserne, soit rendu aux Beaux-Arts et que l’on y constitue un musée.

Et il semblait que tout le monde fut bien d’accord sur cette question, même l’autorité militaire. L’on avait même fait construire, à cet effet, une nouvelle caserne à Avignon.

Or, on assure que la municipalité d’Avignon demanderait que la garnison de la ville d’Avignon soit augmentée d’un régiment et que ce régiment soit logé dans le Palais des Papes. C’était bien la peine vraiment de faire tant d’efforts !

On s’en est inquiété aux Beaux-Arts, ainsi qu’auprès du ministre de la Guerre. Celui-ci a déclaré que jamais la ville d’Avignon ne recevrait un régiment supplémentaire.

Mais le Palais des Papes l’a échappé belle !

« Le Journal du dimanche : gazette hebdomadaire de la famille. »  Paris, 1905.

Les balais militaires

Publié le Mis à jour le

gaites-de-l'escadronJ’ai eu à ma connaissance certain article qui nous donne un bien curieux exemple de paperasserie administrative. Il parait que les balais employés dans l’armée n’étaient pas d’un modèle uniforme. La discipline militaire ne pouvait admettre une aussi choquante irrégularité, et l’on a décidé de créer un modèle de balai réglementaire.

A cet effet, on a procédé à une enquête, et l’on a rédigé le questionnaire suivant, qui a été adressé, à tous les officiers de casernement.

MANCHE.

Nature du bois.

Longueur.

Diamètre.

Circonférence.

BALAI.

Nature des branchettes.

Longueur.

Grosseur.

Nombre.

Mode d’assemblage.

Nombre de liens d’assemblage.

Distance des liens entre eux.

Nature du bois des liens.

Diamètre de l’ensemble des branchettes à l’extrémité supérieure.

Poids (manche non compris).

Si, après cela, on n’arrive pas à trouver un balai idéal, c’est qu’on y aura mis de la mauvaise volonté.

« Gazette parisienne. » 1890.

Illustration : affiche du film « Les Gaîtés de l’escadron », Maurice Tourneur, 1932.