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Un miracle

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Si respectueusement dévoués que nous soyons à la cause du clergé, nous devons regretter qu’on n’exécute pas les miracles avec plus de soin. Dans tout ce qui touche à la foi, il faut de la finesse et du tact. Voici le fait récent à l’occasion duquel nous émettons ce regret.

Un débat assez grave était survenu entre le clergé et la fabrique de Saint-Omer. L’un voulait changer la statue de  Notre-Dame des Miracles, l’autre voulait la conserver. La question a été tranchée de la façon suivante : On trouva un matin dans la main de l’Enfant-Jésus porté par la Vierge aux Miracles une lettre ainsi conçue :

« Ma mère et moi, nous ne voulons pas nous en aller. » 

Bien entendu, on a obéi. Le fonds, l’idée, l’intention sont excellentes et respectables, à coup sûr, mais pourquoi ne pas soigner l’exécution, et avoir oublié un timbre-poste sur l’enveloppe ? 

« La Vie parisienne. » Paris, 1864.

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Les deux font la paire

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L’Idéal, revue d’études apologétiques, religieuses et sociales, que dirige M. l’abbé Coubé, publie la relation suivante d’un fait miraculeux constaté à Saragosse :

On entend souvent des esprits forts dire qu’ils ne croiront au miracle que s’ils voient une jambe repousser. Il y aurait bien des choses philosophiques à répondre à cette prétention, nous ne voulons pas le faire ici, mais voici une réponse simplement historique : c’est le fait d’une jambe repoussée. Rien n’est plus brutal, n’est-ce pas ? 

Un jeune Espagnol de dix neuf ans, fils d’un laboureur, eut la jambe fracassée et fut transporté à l’hospice de Saragosse. Après plusieurs remèdes inutiles, on fut obligé de lui couper la jambe à quatre doigts au-dessus du genou, et on lui mit une jambe de bois. Des quantités de gens le virent dans cet état, pendant plus de deux ans, à la porte de l’église del Pilar de Saragosse, où il demandait l’aumône. Très dévot à Notre-Dame, il lui demandait sa guérison et il oignait souvent le haut de sa jambe avec l’huile des lampes allumées devant l’autel de Marie. Rappelé à la campagne, il se fixa chez ses parents, mais continua à mendier dans les environs.

Le 29 mars 1640, au matin, il dormait d’un profond sommeil, quand son père vint pour le réveiller. Le jeune homme, encore à moitié endormi, répondit qu’il sentait quelque chose d’extraordinaire à sa jambe. Son père le découvrit pour le faire lever et constata avec stupeur que la jambe avait repoussé. Le fils s’en aperçut alors seulement.

Pénétré de joie et de reconnaissance, il retourne à Saragosse, se montre à l’hôpital avec ses deux jambes et demande que le miracle soit juridiquement examiné. On entend comme témoin le chirurgien qui lui a coupé la jambe, les gens qui ont assisté à l’opération, ceux qui ont enterré le membre amputé, ceux qui ont vu le jeune homme pendant deux ans se traîner avec sa jambe de bois à la porte de l’église.

Après une ample discussion devant les docteurs des trois facultés, l’archevêque de Saragosse décide par sentence que le fait est miraculeux, et dès ce moment on commença à en célébrer l’anniversaire par une cérémonie d’actions de grâces. Le roi d’Espagne, informé de cet événement, voulut voir et interroger lui même le miraculé. La relation du miracle, extraite des registres de l’archevêché de Saragosse, fut publiée sous les yeux des témoins oculaires. Cet événement fit grand bruit en Espagne, mais il fut peu connu au dehors. Cependant Bergier et Feiler l’ont soumis à une rigoureuse critique. Le cardinal de Retz, passant à Saragosse dix ou douze ans après ce miracle, vit le miraculé :

On me montra, dit-il, dans l’église de Saragosse, un homme qui faisait allumer les lampes qui y sont en nombre prodigieux, et l’on me dit qu’on l’avait vu à la porte de cette église avec une seule jambe; je l’y vis avec deux. Le doyen et tous les chantres m’assurèrent que toute la ville l’avait vu comme eux, et que, si je voulais encore attendre deux jours, je parlerais à plus de vingt mille hommes, même du dehors, qui l’avaient vu comme ceux de la ville. Il avait recouvré la jambe, à ce qu’il disait, en se frottant de l’huile de ces lampes. L’on célèbre tous les ans la fête de ce miracle avec un concours incroyable de peuple, et il est vrai qu’encore, à une journée de Saragosse, je trouvai les grands chemins couverts de gens de toutes sortes de qualité qui y couraient.  

Ce miracle gagnerait à être étudié de plus près et nous souhaitons vivement que quelque savant en fasse l’objet d’une étude critique, loyale et approfondie, et nous en donne une monographie irréfutable. Sa valeur apologétique serait énorme, car, sauf meilleur avis, c’est le seul cas de ce genre que l’on trouve entouré de témoignages et de preuves historiques.

« L’Écho du merveilleux. »  Paris, 1909.

Balles humanitaires

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Petropavlovsk

C’est le prince Don Jaime de Bourbon, fils de Don Carlos, qui a baptisé ainsi les balles japonaises, dans des lettres fort intéressantes que publie le Correspondant.

Don Jaime se trouve en Mandchourie, depuis le commencement de la guerre, et il y a vu de nombreux blessés qui sont déjà en voie de guérison, après avoir reçu plusieurs balles. « Avec ces balles-là, dit-il, on est tué, ou l’on s’en tire très vite. Les complications sont rares. »

Il rapporte la plus curieuse anecdote à propos de la perte du Petropavlovsk :

Le grand-duc Cyrille avait, pour aide de camp, le lieutenant de marine Cube. Celui-ci portait toujours sur lui une médaille, que lui avait donnée un pope, un jour qu’il visitait l’église où l’on conserve les reliques de Sainte-Barbe. Cette médaille avait touché les reliques, et le pope avait dit au lieutenant Cube : « Ne vous en séparez jamais, elle vous portera bonheur. »

Au jour de Pâques, le lieutenant voulant faire un cadeau à son chef, lui offrit cette médaille. Ses camarades lui firent observer qu’il avait tort de s’en séparer puisque, pendant cinq années qu’il l’avait portée, il ne lui était jamais rien arrivé de fâcheux.

Le lieutenant n’en persista pas moins à l’offrir au grand-duc. Quelques heures après, le lieutenant disparaissait dans la catastrophe de Petropavlovsk, tandis que le grand-duc s’en échappait, comme par miracle.

« Touche-à-tout. Revue hebdomadaire. »  Paris, 1904. 

Les miracles de Notre-Dame du Répit

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Dans le petit village d’Avioth (Meuse) s’élève une somptueuse basilique dont la construction au XIIIe siècle s’explique par la découverte, deux siècles plus tôt, d’une statue miraculeuse de la Vierge.

Avioth-procession.

Les pèlerins qui venaient implorer cette dernière déposaient leurs offrandes dans la Recevresse, une élégante chapelle de forme hexagonale. A une époque où le nombre d’enfants mort-nés et la mortalité infantile étaient très élevés, les nourrissons décédés avant d’avoir été baptisés ne pouvaient être enterrés, chrétiennement, ni aller au paradis. De nombreux parents transportaient donc le corps de leur enfant jusqu’à la statue miraculeuse d’un sanctuaire à répit. Ils attendaient le signe de vie (changement de couleur, mouvement du corps, saignement, sueur chaude) qui permettrait de le baptiser.

On estime à 135 le nombre de miracles qui y furent recensés, entre 1625 et 1673. A la fin du XVIIe siècle, l’évêque de Toul interdit la pratique des répits. Le pape la condamna en 1729. A Avioth, elle perdurera clandestinement jusqu’au milieu du XIXe siècle.

« A la découverte de la France mystérieuse. »  Sélection du Reader’s Digest. Mai 2001.

La couleuvre miraculeuse

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Un moissonneur des environs de Parme avala, il y a quelque temps, pendant son sommeil, une couleuvre qui s’était réfugiée dans sa bouche.

A force de remèdes on parvint à lui extirper cet hôte dangereux. Mais, par un jeu bizarre de la nature, cet homme, à la suite de ces opérations, se trouva possesseur d’une voix de basse-taille de la plus grande beauté.

Il est aujourd’hui chantre à la cathédrale de Bologne, et ses appointements dépassent de beaucoup les honoraires d’un professeur de l’université.

« Archives curieuses, ou singularités et curiosités de la littérature. »  Paris, 1831.

Miracles obscurs

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Thérèse-NeumannBerlin, 29 septembre 1927. Le « miracle » de la stigmatisée de Konnersreuth continue à intéresser l’opinion publique et les milieux scientifiques. Mlle Thérèse Neumann a été soumise à une nouvelle expérience importante de la part d’une commission d’enquête composée de membres de la Faculté médicale et théologique de Erlaugen.

Voici comment ont procédé les enquêteurs : Hier, pendant que Thérèse Neumann était en extase et avait les yeux fermés, on fit projeter sur elle les rayons d’une lampe à arc de la force de plusieurs milliers de bougies. La stigmatisée ne fit aucune réaction.

Soudainement, et malgré les précautions prises par les médecins pour éviter à l’événement de se produire, Mlle Neumann rouvrit ses yeux tout grands, de sorte que la lumière intense frappa en plein ses prunelles. On demanda à la jeune fille : 

— Avez-vous vu une grande lumière ?
 Non, répondit Thérèse. Christ est mort et le soleil s’est obscurci.

Les médecins examinèrent immédiatement après les yeux de la stigmatisée : ils ne portaient la trace d’aucune lésion, bien que, d’après eux, la lumière de la lampe à arc aurait suffi à blesser les nerfs optiques de n’importe quelle personne.

« Comoedia. » Directeur de publication :  Gaston de Pawlowski.  Paris, 1927.