Mistinguett

Fou rire

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Une question amusante ? Eh bien ! tenez, en voici, une, amusante par le sujet et par le milieu. J’ai demandé à  Mistinguett si elle avaient eu le fou rire sur scène, et pourquoi. Voici ce que m’a conté l’artiste dans sa loge :

On l’a si souvent, nous confie l’audacieuse fantaisiste… Un des plus récents dont j’ai souffert, car on souffre véritablement, m’est arrivé….par ma faute. Je jouais, avec Boucot, un rôle de marchande de paniers… A la fin du sketch, nous faisions tous deux une pirouette et tombions, assis, chacun dans un panier ouvert par terre… Un soir, Boucot avait garni le mien d’une espèce de gélatine glacée… Brr !… Quelle impression !… Mais le lendemain, au lieu de placer, comme je le devais, une bouteille de Champagne à côté du panier prêt à recevoir Boucot… je me trompai et mis la bouteille debout dans le panier… La bouteille était plus haute que le panier. Nous jouons notre scène.., Nous tournons…, une, deux, et trois… Boucot sur la bouteille… J’ai cru mourir de rire ! Lui, depuis, il ne peut plus entendre parler de champagne…  

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Les malles de Mistinguett

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mistinguett.

Mlle Mistinguett fait ses malles… et rarement cette expression, qui ne signifie parfois à tort qu’une malle, connut un sens aussi large.

En effet, elles sont quinze, les malles de Mistinguett, quinze volumineuses armoires de toutes formes, obstruant à elles seules le vaste palier de son appartement. Elles sont quinze et semblent pourtant devoir être insuffisantes pour contenir les souliers, les robes, les manteaux et les chapeaux que la grande vedette emporte avec elle en Amérique et qui, actuellement, attendent sur les tapis, sur des fauteuils, sur des divans, le moment d’être emballés. Dans un petit salon proche de l’entrée, rangés en ordre de bataille, trois cents paires de souliers s’alignent : il y en a de toutes formes, des verts, des rouges, des jaunes, des bleus. Ils sont faits de peaux de tous les animaux de la création et certains sont enrichis de scintillants joyaux. S’ils étaient de plus fortes tailles, il n’en faudrait pas davantage pour chausser un bataillon.

Dans le salon voisin, des chapeaux coiffent les meubles, et des robes et des manteaux prennent des airs nonchalants sur les divans qu’ils recouvrent. Nous n’essayerons pas de vous décrire ces robes, ni de les dénombrer : elles sont trop, elles sont de toutes les couleurs, de toutes les étoffes, de toutes les formes… La palette d’un peintre à la mode et le plus réussi des arcs-en-ciel ne sont, rien à côté de cela.

Franchissant légèrement douze, rangs de souliers, enjambant avec désinvolture quinze robes et douze manteaux, Mlle Mistinguett nous apparaît, souriante, entre deux grappes de chapeaux.

Je crois que je ne manquerai de rien pendant mon voyage, nous dit-elle.

Nous le croyons volontiers !

« Les Spectacles. » Lille, 1923.