monstre

L’homme qui bêle

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Tulpius, médecin hollandais, donne l’histoire d’un adulte trouvé dans un désert d’Irlande, vivant au milieu d’un troupeau de moutons à demi-sauvages.

Sa peau très brune était couverte de poils laineux. Sa bouche, extraordinairement fendue, ne savait articuler aucune parole humaine; mais elle laissait sortir, de temps à autre, un cri chevrotant, semblable au bêlement des brebis. Son front, très bas et déprimé, offrait, à son sommet, un renflement comme chez les béliers. Il se servait de sa tête pour l’attaque et la défense avec une vigueur extraordinaire. Ce jeune garçon avait perdu toute idée d’origine et d’individualité. Il se croyait probablement mouton comme ceux, avec lesquels il vivait : il broutait comme eux et n’avait pas d’autre nourriture. On le vit un jour, impatienté de ce qu’une jument venait lui tondre l’herbe sous le nez, lui lancer un coup de tête et la renverser.

La taille de ce sauvage était haute et svelte. Sa physionomie douce, mais stupide, tenait beaucoup de celle du bélier. Conduit à Amsterdam vers la fin du dix-huitième siècle, on essaya vainement de l’apprivoiser, mais il revenait toujours à ses anciennes habitudes, et cherchait à s’évader chaque fois qu’il en trouvait l’occasion.

Auguste Debay. « Histoire des métamorphoses humaines, des monstruosités et de tous les phénomènes curieux et bizarres qu’offre la vie de l’homme depuis la naissance jusqu’à la mort. » Moquet, Paris, 1846.
Illustration : photo honteusement truquée.

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Le retour de l’île d’Elbe

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Au mois de mars 1815, le Moniteur Universel a donné successivement les nouvelles suivantes sur l’arrivée de Napoléon en France :

L’anthropophage est sorti de son repaire.
L’ogre de Corse vient de débarquer à Golfe-Juan.
Le tigre est arrivé à Gap.
Le monstre a couché à Grenoble.
Le tyran a traversé Lyon.
L’usurpateur a été vu à soixante lieues de la capitale.
Bonaparte s’avance à grands pas, mais il n’entrera jamais dans Paris. 
Napoléon sera demain sous nos remparts. 
L’empereur est arrivé à Fontainebleau.
Sa Majesté Impériale et Royale a fait, hier au soir, son entrée dans son château des Tuileries, au milieu de ses fidèles sujets.

 
« Almanach de la Champagne et de la Brie. »  Troyes, 1900.
 

Le monstre de Loch Ness

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Tim-DinsdaleA l’Assemblée générale de la Société Linnéenne de Londres, tenue le 8 novembre 1934, le « monstre de Loch Ness » a été, pour la première fois, étudié par une société scientifique. Sir Edward Mountain a fait le compte rendu des recherches entreprises pour identifier l’animal : vingt guetteurs ont été répartis autour du Loch, sous la direction du capitaine Fraser. Ces guetteurs étaient tous munis d’appareils photographiques et de lunettes d’approche.

Pendant la première quinzaine de juillet dernier, l’animal a été vu 21 fois. En septembre, un film a été pris par le capitaine Fraser à l’aide d’un télé-objectif à la distance d’environ 1 600 mètres. Il a été reconnu que la partie de l’animal, visible dans le film, pouvait être évaluée à environ 2 mètres et demi de longueur.

La première impression de la plupart des membres fut que l’allure de l’animal, tel que le film le montrait, était celle d’un phoque, mais de sérieuses objections à cette manière de voir furent soulevées, notamment par le Commander R. T. Gould. Sir Smith Woodward s’éleva contre l’hypothèse que le « monstre » put être un reptile de l’époque secondaire. Le capitaine G. J. Dollman est convaincu que c’est une loutre.

En résumé, aucune conclusion ne peut être tirée de cette discussion, l’opinion unanime étant que de nouvelles observations sont nécessaires.

« La Géographie : bulletin de la Société de géographie. » Paris, 1934. 
Illustration : Tim Dinsdale, the aeronautical engineer and Nessie hunter.

 

Une vision fabuleuse

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Des habitants de la Patagonie affirment avoir rencontré, dans les marécages déserts de ce pays, un plésiosaure qui serait le dernier représentant d’une faune préhistorique, aujourd’hui disparue. Une expédition vient de partir de Buenos Aires pour rechercher cet animal gigantesque.

On pensait disparue à jamais toute la faune antédiluvienne. Aussi était-on tenté de rire des dépêches qui nous sont parvenue d’Argentine annonçant que des explorateurs avaient découvert, dans les marais déserts de la Patagonie, un animal fabuleux, ressemblant fort au plésiosaure préhistorique.

Or des colons ayant vécu dans cette région, affirment avoir vu le monstre en question et le directeur du jardin zoologique de Buenos Aires vient d’organiser une expédition pour le retrouver et, si possible, le capturer.

Réussira-t-elle ? Il serait hasardeux de l’affirmer.

Le plésiosaure est un reptile aquatique de la période jurassique. On en a retrouvé des fossiles longs de 3,50 m, mais il est probable que sa grandeur habituelle atteignait une quinzaine de mètres. Il ressemblait à un serpent énorme muni de quatre pattes, très courtes.

Sa tête allongée, se rapprochait de celle du crocodile. Il était à la fois herbivore et ichtyovore.

« Petit journal illustré. »   9 avril 1922

Grande découverte d’un monstre extraordinaire

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Ce Monstre fut découvert dans la forêt des Ardennes, où il se retirait dans une caverne au bord de la Meuse.

Il est amphibien ; sa longueur est d’environ douze pieds ; il a une figure humaine, une bouche énorme, garnie de longues défenses ; ses oreilles ont sept pouces de long, et ressemblent à celles d’un mulet ; sa tête est hérissée de serpents, qui paraissent être fixés en place de cheveux ; son corps, dont la peau est tigrée, ressemble à celui d’une femme ; ses bras sont faits comme ceux d’un homme ; il a les cuisses d’un bouc, garnies de longs poils, et les pattes d’un griffon ; il porte des ailes de chauve-souris, garnies de poils et de piquants ; sa queue est couverte d’écailles, qui la rendent impénétrable aux coups de feu ; elle a de plus des nageoires, et se termine en forme de dard, dont il se sert pour enlever les bestiaux.

Ce Monstre est toujours accompagné d’un petit dragon ailé, qui se tient sur sa queue, et lui aide à fixer sa proie.

Il fut détruit, dans le courant de germinal, par des habitants des bords de la Meuse, qui, l’ayant surpris, parvinrent à en purger la terre. Il a été empaillé, et l’on espère bientôt l’offrir à la curiosité du public.

« Grande découverte d’un monstre extraordinaire, dans la forêt des Ardennes… »  Thomas, Paris. BNF.

Le monstre qui hante la campagne

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Dans la Haute-Hongrie près le village de St. Georges, on a aperçu un monstre effroyable qui ravage la campagne et dévore ce qu’il rencontre d’hommes et de bêtes.

Il a tellement donné l’épouvante, que les habitants des environs ont pris la fuite. Sa retraite est dans une caverne sous la petite montagne de Strigilly, à deux lieues dudit village, parce qu’on y a trouvé des ossements d’hommes et de plusieurs espèces d’animaux.

Le commandant de la Province voyant le carnage que cet animal causait, commanda environ sept mille hommes de troupes, tant de cavalerie qu’infanterie qu’il fit marcher bien armés au petit Bois de Salesmines dans lequel on l’avait vu entrer.

Ils ne tardèrent guère à le rencontrer.

Ils lui tirèrent quantité de coups de fusil sans le pouvoir blesser ni endommager. Ce cruel monstre sans s’épouvanter se lança sur la troupe, en fit un si horrible carnage, qu’il les mis en déroute, de même qu’un loup affamé au milieu d’un troupeau de brebis. Ce monstre les poursuivit plus d’une demi lieue avec une telle fureur qu’il vomissait le feu par la gueule, les yeux et les narines.

Il est de la hauteur d’environ sept à huit pieds, ayant deux petites cornes à la tête qu’il a fort grosse, avec une physionomie de singe: les pieds de derrière sont semblables à ceux d’une chèvre, et ceux de devant ressemblent fort à des griffes d’aigle, mais bien grosses. Son corps est fort gros et d’un poil jaunâtre; il a une grande force autant qu’on peut s’en apercevoir: car il semble presque impossible de lui faire lâcher prise, il ne s’approche jamais des endroits où il y a plusieurs maisons jointes ensemble, il fuit au son des cloches.

Non seulement il dévore les hommes et les bêtes, mais de plus il ravage la campagne, abat les arbres, et dessèche tout par où il passe.

complainte

« Relation d’un épouvantable monstre … »    Imprimerie de la Ve Lamesle, Paris, 1760.