morts

Le culte des morts chez les sauvages des temps  anciens et modernes

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hindous-culte-des-mortsLes Bretons, les Hibernois (Irlandais aujourd’hui) quoique élevés dans la religion des druides, mangeaient leurs morts.

Les habitants du Pont, les Massagètes, les Derbyces faisaient comme eux. Ces derniers, habitants de la Scythie asiatique, adoraient, on le sait, le soleil. Ils égorgeaient leurs septuagénaires, et dans leurs familles on mangeait les parents qui succombaient à une mort subite ou violente. Les Hircaniens n’enterraient les femmes que parce qu’ils les croyaient indignes d’avoir leur ventre mâle comme sépulture. Au Venezuela, en Amérique, on faisait rôtir les morts : puis on les découpait, on les pilait, et quand ils étaient réduits en bouillie, on les délayait dans du vin que l’on buvait religieusement.

Les Capanoguas d’aujourd’hui font également rôtir leurs morts, puis ils les mangent, dans la persuasion qu’ils ne sauraient mieux les honorer. Dans les îles Baléares, les habitants mettaient les corps en morceaux et les renfermaient ensuite dans une cruche qu’ils enterraient. Les Parthes, les Mèdes, les Barcéens, les Taxiles, les Hériens, tous les peuples de l’Asie, conquis par Alexandre le Grand, transportaient leurs morts au milieu des champs, des bois, des forêts, et ils les abandonnaient aux bêtes sauvages et aux oiseaux de proie. Ils attachaient aussi à des branches d’arbres les parents arrivés à une vieillesse décrépite et les laissaient expirer sans secours.

« Almanach de France et du Musée des familles. » Paris, 1885.  

L’ami

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Napoléon racontait qu’à la suite d’une de ses grandes affaires d’Italie il traversa le champ de bataille dont on n’avait pas encore enlevé les morts :

C’était par un beau clair de lune et dans la solitude profonde de la nuit, disait l’Empereur. Tout à coup, un chien, sortant de dessous les vêtements d’un cadavre, s’élança sur nous et retourna presque aussitôt à son gîte, en poussant des cris douloureux. Il léchait tour à tour le visage de son maître et se lançait de nouveau sur nous. C’était tout à la fois demander du secours et rechercher la vengeance.

Soit disposition du moment, continua l’Empereur, soit le lien, l’heure, le temps, l’acte en lui-même, ou je ne sais quoi, toujours est-il vrai que jamais rien sur aucun de mes champs de bataille ne me causa une impression pareille. Je m’arrêtai involontairement à contempler ce spectacle.

Cet homme, me disais-je, a peut-être dans le camp des amis, ou bien dans sa compagnie, et il gît ici, abandonné de tous, excepté de son chien ! Quelle leçon la nature nous donnait par l’intermédiaire d’un animal…

Jacques Tallandier. Paris, 1935.
Illustration : Lejeune.

Oui, j’ai vu des morts …

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 Mollie-Fancher

Insolite et mystérieux est sans doute le cas d’une jeune infirme américaine, Mollie Fancher, enregistré dans les annales de la psychiatrie aux Etats-Unis.

Née dans la deuxième moitié du XIXème siècle, cette dame ne quitta pratiquement jamais le domicile new-yorkais où sa tante l’avait recueillie.

Tuberculeuse depuis l’enfance, elle avait été victime, à 18 ans, d’un accident très grave. Elle avait été traînée sur plusieurs mètres en voulant descendre d’un omnibus tracté par des chevaux, sa longue robe s’étant accrochée au véhicule. Ce fut le début d’un long calvaire.

Devenue invalide incurable, elle allait mener pendant près de 30 ans une existence grabataire et quasi végétative dans sa petite chambre de Brooklyn. Elle ne pouvait pratiquement plus se nourrir. Ses jambes s’étaient complètement atrophiées et elle tenait ses bras paralysés au-dessus de sa tête. Seuls ses avant-bras conservaient un peu de mobilité, ce qui lui permettait d’écrire et d’effectuer quelques travaux d’aiguille. Pour comble de disgrâce, elle était devenus complètement aveugle. Elle succombait fréquemment à des transes qui duraient plus de 14 heures. Le reste du temps, elle était secouée de spasmes qui la projetaient parfois contre les murs et son entourage devait la retenir pour l’empêcher de se blesser.

Mais étrange et cruelle compensation de la nature, son cerveau était devenu le centre d’une activité cérébrale particulièrement intense. Son monde intérieur était peuplé de visions étranges qu’elle hésitait le plus souvent à confier aux personnes qui se relayaient à son chevet, dont plusieurs médecins intrigués par ce cas mystérieux.

Pourtant, jamais elle ne donna le moindre signe de déraison, ses propos restaient emprunts d’une calme lucidité et même de prudence et de dignité. Alors que plusieurs journaux new-yorkais s’étaient emparés de son histoire, elle ne manifesta jamais aucun goût pour la publicité dont elle faisait l’objet.

Un magistrat, qui s’était pris d’affection pour elle, recueillit de sa bouche des propos étranges. La jeune femme lui confia qu’elle « voyait » régulièrement ses parents et ses amis, pourtant tous déjà morts. Elle prétendait qu’il lui arrivait de les rejoindre « dans des lieux très agréables ».

Six femmes en une seule

femmeLes homme de science qui examinèrent Mollie Fancher n’étaient pas au bout de leur surprise. Ils constatèrent bientôt que ce corps infirme et difforme, dont la vie semblait s’être complètement retirée, était en fait « habité » par cinq personnages différents, dont chacun possédait ses propres souvenirs, son langage, son écriture, un caractère et des talents distincts.

Quand la jeune femme entrait en transes, il lui arrivait de devenir aussitôt non seulement quelqu’un d’autre mais plusieurs autres. Dès cet instant, elle cessait de reconnaître son entourage et posait des questions dont elle aurait dû normalement connaître les réponses, faisant montre à ces moments-là d’une mentalité parfois tout à l’opposé de la sienne en naturel.

Les multiples personnages incarnés par la jeune femme avaient tous un âge différent. Il y avait une Mollie de six ans qui s’exprimait, raisonnait et se comportait exactement comme une enfant de cet âge, n’évoquant que des souvenirs d’école primaire. Une autre Mollie avait 16 ans, avec des souvenirs appropriés à l’adolescence et aucune réminiscence antérieure à l’âge de six ans. Et chacune de ces personnalités s’enchaînait avec une chronologie parfaite, sans aucune interférence entre elles, toutes s’ignorant mutuellement.

Lorsqu’on lui parlait de ses autres identités, elle s’inquiétait seulement de savoir si l’une ou l’autre d’entre elles paraissait plus sympathique à son entourage. Il était devenu presque impossible de savoir qui était, en définitive, la vraie Mollie à travers ces individualités successives et intermittentes.

Certaines de ses incarnations avaient une existence très brève, d’autres se prolongeaient pendant des années, l’une d’elles persista même pendant neuf ans. Mais quand elle quittait un personnage, elle en retrouvait un autre exactement au point où elle l’avait laissé des mois ou des années auparavant. Elle était capable de reprendre la conversation au mot près, à plus d’un an d’intervalle.

Ses dons médiumniques étaient tout aussi étonnants. Quoique aveugle, elle était capable de décrire sans peine les personnes qui entraient dans sa chambre et pouvait lire le contenu d’une lettre sans ouvrir l’enveloppe.

Mollie Fancher mourut en février 1916, sept jours après son cinquantième anniversaire. Elle n’avait plus quitté son lit depuis 32 ans.

« Curieuses histoires de l’étrange. »   Christian Vignol, éditions Jourdan, 2012.

voir également: http://carnets2psycho.net/theorie/classique286.html