Moulin-Rouge

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On croyait avoir tout inventé pour la réclame…

Voilà qu’un certain jour, aux tables d’un estaminet, on voit arriver plusieurs personnes qui, après s’être assises, commandent un rafraîchissement. Se découvrant avec gravité, les nouveaux arrivants montrent aux consommateurs leur crâne dénudé, sur lequel se trouve l’annonce du spectacle du Moulin-Rouge.

Bientôt, nous verrons, sur les crânes de nos contemporains des réclames pour tel chocolat, pour telle farine, pour des pneus, des autos, des bicyclettes, pour des corsets… Il n’y a qu’une chose, sans doute, que l’on ne verra jamais, c’est la réclame de l’eau merveilleuse qui fait repousser les cheveux. Et encore, qui sait ?

Même faire rire le public à ses dépens, n’est-ce pas toujours de la réclame ?

Le Moulin-Rouge en justice

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Nous venons d’avoir, à la 9e chambre, un petit procès fort drôle, à propos d’un chien qu’on avait saisi, en même temps que le mobilier de la célèbre Rayon d’Or, une des héroïnes chorégraphiques du Moulin-Rouge, lequel chien appartenait, paraît-il, à sa bonne.

Et à propos de ce procès très simple, nous avons vu défiler, devant le tribunal, tout le personnel des étoiles de ce lieu célèbre où triomphe la danse fin de siècle. Nous avons appris, en même temps, le vrai nom de ces dames qui portent, sur la scène de leurs ébats, des surnoms d’emprunt tellement inattendus !

Et d’abord La Goulue, de son vrai nom Louise Wébert ; puis Grille d’Égout, qui s’appelle sur son état civil légal Mlle Beuze ; quant à Rayon d’Or, elle se nomme tout simplement Chrétiennot. Mais sa femme de chambre, celle qui réclame son chien, se nomme Élisa Haussepied. Et cependant elle ne danse pas, malgré ce nom prédestiné. Mais elle est jolie fille, jeune encore, et l’aurore de sa gloire chorégraphique peut un jour se lever.

« Gazette littéraire, artistique et bibliographique. » Librairie Marchal et Billard, 1891, Paris.