Mussolini

Mme Snowden et Mussolini

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ethel_snowdenRécemment, Mussolini donnait son opinion sur les femmes dans un article du Sunday Dispatch. Tout en rendant hommage à leur beauté, à leurs qualités morales, à leur rôle éminent dans la famille, il leur conseilla franchement de rester au foyer et de laisser la politique aux hommes : 

Les femmes, dit-il, sont capables d’imiter, mais non de créer. Même dans la mode, ce ne sont pas elles, mais les hommes, qui dessinent les modèles. Et il en est de même en  politique. Au Parlement, elles ne savent qu’intriguer et colporter des potins. On ne peut pas leur confier l’avenir de l’humanité, etc., etc.

Le Duce parlait évidemment en vrai Latin. Mais les Anglaises, qui sont électrices et éligibles et qui, depuis la nouvelle  loi, dirigent en fait les destinées de l’Empire britannique, ont été indignées par ce langage « réactionnaire ». Prenant la défense de ses sœurs, outragées, Mme Snowden répliqua vigoureusement au dictateur : 

Les arguments de M. Mussolini, dit-elle, ne tiennent pas debout. A la Chambre des  Communes, il n’y a pas un homme qui oserait dire que les femmes députés s’entendent moins à la politique que les hommes. Presque tous les grands hommes doivent leurs succès aux femmes. Il est faux d’ailleurs que la femme n’ait rien créé dans les domaines de la science et de l’art. Naturellement, son principal devoir est de mettre au monde et d’élever ses enfants, mais c’est précisément à cause de son amour pour le foyer et les enfants que la femme s’intéresse à la politique.

La femme du chancelier de l’Echiquier, qui est la fidèle collaboratrice de son mari et pour laquelle même le plan Young n’a pas de secrets, s’écrie en terminant : 

Le temps est passé, signor Mussolini, où les maris tenaient leur femme entre quatre  murs. Il est passé et il ne reviendra pas !

Certainement, le Duce a fait un pas de clerc. Toute l’opinion publique anglaise lui donne tort et applaudit Ethel Snowden…

« L’Européen : hebdomadaire économique, artistique et littéraire. » Paris, 1930.

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Le fascisme contre les huit heures

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otto-griebelC’est une attaque généralisée qui se dessine dans le monde contre les réglementations du travail conquises pendant la guerre.

L’année 1919 avait été une année décisive pour les classes ouvrières. C’était le moment où les mineurs anglais obtenaient les 7 heures, où les salariés de France et de partout s’assuraient les 8 heures qui, depuis 1889, n’avaient pas cessé d’être l’objet d’une
propagande soutenue.

A la vérité, depuis lors, et surtout à l’abri de la crise économique de 1921-1922, la grande industrie s’était efforcé de ressaisir le terrain perdu. Mais dans aucune contrée, jusqu’ici, on n’avait songé à revenir expressément sur la législation établie. Il a fallu que les conservateurs se sentissent bien assis au pouvoir, outre-Manche, pour qu’ils osassent restaurer l’ancienne durée du labeur dans les mines.

Ils ont été dépassés par Mussolini. Le dictateur italien, usant de la procédure des décrets qui lui est chère, a supprimé la journée de 8 heures, au mépris des engagements internationaux. Mais il ne s’est pas contenté de retourner aux 9 heures. La circulaire qui a paru hier, et qui est signée du grand patronat, restaure les 10 heures en certaines entreprises. On mesure le chemine parcouru depuis 1922. Un ouvrier, qui critiquait le décret du duce, a été condamné à six ans de prison.

C’est la servitude.

Mais prenons y garde, le précédent italien est partout exploité.  Il flatte d’indolence de cette partie  de l’industrie, qui compte sur les longues journées plutôt que sur le perfectionnement de l’outillage.

Le document des experts, chez nous, faisait une vague allusion (menaçante pourtant) à l’augmentation de la durée du labeur. C’est pourquoi l’exemple de l’Italie  mussolinienne ne saurait être trop dénoncé.

Victor Vasseur. « L’Ere nouvelle. »   Saïgon 1926.
Illustration : Otto Griebel.