New-York

Un audacieux brigand 

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Un des plus singuliers mystères des Etats-Unis c’est la sécurité avec laquelle certains brigands du Far West et des Etats ou territoires de la côte du Pacifique peuvent entasser vols sur vols et meurtres sur meurtres.

L’un des plus remarquables spécimens de ce genre de sportmen, (car ces messieurs se considèrent comme tels) est un certain dévaliseur de trains qui opère lui-même sur la frontière de l’Arizona et du Mexique. Certains le croient de sang mêlé de blanc et d’Indien, mais il n’en est rien. Géroninio (c’est son nom de guerre) est simplement un Irlandais du nom de White, venu à Tombstone il y a quelque trois ans, et qui n’a jamais fait honnêtement oeuvre de ses dix doigts.

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Joueur de profession, mais trouvant que la fortune ne le favorisait pas assez vite, il se lança dans une carrière de crimes plus rémunérative. Le plus souvent seul, et parfois avec un confédéré du nom de Frederico, arrête les trains sur les lignes Atchison et Southern Pacific, force, le pistolet au poing, les voyageurs à lever les bras en l’air et à se laisser fouiller par lui de la main qui lui reste libre, et se fait bon an, mal an, de 250 à 275,000 fr. à cet ingénieux ou tout au moins audacieux métier. 

Et, dans ces trains pris d’une panique inexplicable, il n’est encore venu à la pensée de qui que ce soit de lui brûler plus ou moins proprement la cervelle. Et la police, qui sait, ou devrait savoir où ils se trouve entre chacune de ses audacieuses expéditions, n’ose pas le toucher du bout du doigt, malgré les 30,000 fr. de récompense offerts pour sa capture par les gouverneurs d’Arizona et de Sonora.

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C’est qu’il a déjà tué plus de vingt mineurs, voyageurs ou détectives, et personne ne se soucie de partager leur sort. Tout homme visé par lui était d’avance un homme perdu. Et, sans l’ombre de vergogne, il visite, quand il lui plaît, les villes les plus civilisées de la frontière, y boit, mange, joue au billard, puis s’en retourne tranquillement dans les bois ou ailleurs, sans être suivi ni molesté par personne.

Son dernier exploit a été le vol d’une somme énorme à la Compagnie de messageries Wells et Fargo, de San Francisco. Toute la presse du Nord essaie par ses railleries de secouer l’apathie de la police du Pacific, mais autant en emporte le vent. Les journaux de l’Arizona se contentent de crier aux confrères de New York : 

« Venez donc essayer, vous autres ! »

« L’Oued-Sahel. » 1889.
Peinture de Dave White.
Photos : « Il était une fois dans l’Ouest. » Sergio Leone, 1969.

Vitesse et lenteur

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La vitesse ! tout est à la vitesse. On n’entend, on n’apprécie, on ne respecte que ce mot-là ! Sur terre, le capitaine Malcom Campbell, à bord de sa Miss Blue-Bird  (Oiseau bleu) de 1.400 chevaux, a battu de loin sur la plage de Daytona-Beach le record automobile de feu Segrave qui était de 371 km.679 à l’heure. Dans l’air, le major anglais Orlebar a dépassé en hydravion le 625 à l’heure…

M. Louis Blériot a créé voici trois mois une Coupe Internationale de vitesse des mille kilomètres, dotée d’un objet d’art challenge d’une valeur de 100.000 francs, qui sera attribué provisoirement, à l’aviateur ayant atteint 600 kilomètres à l’heure et définitivement à celui qui aura-réalisé la vitesse horaire de 1.000 kilomètres… Nous verrons cela bientôt sans doute. Enfin, on parle, plus, que jamais de la fameuse fusée, du professeur Oberth de Vienne, qui demain… ou après-demain, nous transportera en une petite demi-heure de Paris à New York, juste le temps qu’il faut pour aller aujourd’hui « de l’Odéon pensif aux tristes Batignolles » !

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Mais tant de vitesse, c’est fatigant à la fin. Occupons-nous donc plutôt de la douce et reposante lenteur, cela nous calmera les nerfs… Car n’en déplaise à M. Malcom Campbell, le record de lenteur en automobile a, lui aussi, son petit intérêt sportif, ne serait-ce que pour les escargots. Son détenteur actuel est M. Ulrich, qui l’a battu officiellement le septembre 1930 dans la huitième course de côte au ralenti organisée par la Commune Libre de Montmartre.Sur la montée tortueuse de la rue Lepic, M. Ulrich réalisa ce dimanche-là une magnifique performance : il effectua ce parcours de 670 mètres en 1 heure 50 minutes 23 secondes et 3/5.

Ce qui représente une moyenne de 6 mètres à la minute et de 264 mètres à l’heure.

« Ric et Rac. » Paris, 1931.

Les serpents sont-ils sourds ?

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Tout le monde sait avec quelle vivacité les reptiles fuient au moindre bruit.

Il semble dès lors audacieux d’affirmer qu’ils sont sourds. C’est pourtant ce que soutient un spécialiste, M. Clyde Gordon, directeur du zoo de Staten Island (New York), qui part en guerre contre les fakirs hindous et autres charmeurs de serpent, qu’il n’hésite pas à traiter de farceurs.

M. Clyde Gordon s’est livré à la démonstration suivante : devant un cobra couché, il a porté à ses lèvres une flûte qu’il a agitée comme le font les charmeurs de serpent, mais sans souffler. Le cobra s’est aussitôt dressé, dodelinant de la tête, puis s’est agité de plus en plus, jusqu’au paroxysme de l’excitation nerveuse.

Sans musique, M. Clyde Gordon est donc arrivé au même résultat que les fakirs avec leur flûte merveilleuse.

« Qui ? : le magazine de l’énigme et de l’aventure. » Paris, 1946.

Bars recyclés

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Depuis que la vente et la consommation de l’alcool ou des boissons alcoolisées sont interdites aux États-Unis, la vie du pays s’en trouve singulièrement changée.

Les cafés n’existent pas en Amérique, mais les bars y étaient extrêmement nombreux. Les commerçants qui vivaient de la vente des boissons ont dû chercher d’autres occupations et on transforme, actuellement, tous les bars. Beaucoup sont déjà devenus des librairies. L’une de celles-ci a été inaugurée récemment à New York par des hommes de lettres.

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Un bar recyclé servant des jouets : quelle bonne idée ! 😀

« Le Miroir. »Paris, 1919.

Outrage

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Salvador Dali, peintre surréaliste s’il en fut (et il en fut…), a eu des ennuis à New York où il a causé un joli petit scandale dans la cinquième avenue.

Un grand magasin avait prié le peintre d’accommoder à sa façon une de ses vitrines. Dali avait trouvé en un clin d’œil et avait exposé une baignoire pleine d’eau où flottaient des narcisses, un mannequin vert et des miroirs. Ça s’appelait le complexe du narcissisme, tout simplement.

Comme les clients n’avaient pas l’air de goûter la chose, les directeurs du magasin modifièrent légèrement le complexe en question.

Dali passe, entre en fureur, pénètre dans le magasin, discute, surgit soudain dans l’étalage et bascule la baignoire. Hélas, la baignoire était lourde. Le peintre surréaliste bascula avec. La devanture s’effondra et Dali se retrouva sur le trottoir pataugeant dans son complexe…

Le scandale s’est terminé au poste de police le plus proche.

« La Vie parisienne. »Paris, 1939.

Comment on nourrit un boa

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On sait que les serpents peuvent rester plusieurs mois sans prendre de nourriture.

Ils sont de plus très capricieux en ce qui concerne leurs repas. Telle chose leur plaît un jour dont ils ne voudront pas dans une autre circonstance. Cet état est encore augmenté lorsque les reptiles sont en captivité. Ils vont parfois même jusqu’à refuser toute nourriture.

Tel était le cas d’un superbe boa qui faisait l’ornement du Jardin Zoologique de New York. Les Américains n’aiment pas qu’on leur résiste. En vain essayèrent-ils de faire défiler devant le reptile entêté les mets les plus alléchants pour lui, rien n’y fit. Le boa resta insensible et continua son jeûne.

Il fallait agir. Que fit-on ? Une dizaine d’hommes s’emparèrent du reptile, on lui ingurgita de force lapins et poulets. Le boa se débattit comme un beau diable et ce n’est pas sans peine et sans luttes que l’opération put être menée à bonne fin.

« Le Grand illustré »  Paris, 1906.

Le trust des fiancés

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Inconsciemment, une Américaine, miss Jane Davis, vient de le réaliser avec un succès express, qui donne une crâne idée de l’homme. Cette jeune fille, quoique âgée de quatre-vingt sept ans, et complètement tombée en enfance, a reçu, en moins d’un mois, trois mille six cent quarante demandes en mariage.

L’empressement de ces bons Yankees s’explique le plus naturellement du monde : miss Davis venait d’hériter de vingt-cinq millions de son frère, banquier à San-Francisco. Voilà un parti qui dépasse toutes les espérances ! On assure qu’il fallut organiser une véritable administration, composée de plusieurs secrétaires, pour répondre aux aimables soupirants. Que de jolies fiancées déjà abandonnées pour la radieuse octogénaire !

Avis aux beaux coureurs de dot qui n’auront qu’à se rendre auprès de la belle, domiciliée dans la ville de New York ! Car elle n’a pas encore choisi.

 « Touche-à-tout. »  Paris, 1904.
Illustration : ©The Walt Disney Company.