New-York

La danseuse aux pieds nus

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isadora-duncanLes journaux américains apportent une nouvelle qui étonnera ceux qui ne connaissent pas l’audace artistique de miss Isadora Duncan, la danseuse aux pieds nus.

La célèbre ballerine a osé danser à New-York, le 15 février, la mort d’Yseult. Le programme de cette soirée sensationnelle comprenait aussi le prélude de Lohengrin et la danse de Parsifal. Quand miss Isadora se fut montrée une ou deux fois, le chef d’orchestre, M. Damrosch, se tournant vers le public, annonça que la mort d’Yseult avait été placée à la fin du programme, pour que les personnes qui ne voulaient pas y assister eussent toute facilité de partir.

Naturellement, personne ne profita de cette facilité, et miss Isadora Duncan interpréta avec ses jolis pieds la grande page dramatique wagnérienne. Et le public applaudit… On se rappelle, à ce propos, la juste protestation de M. Pierre Lalo contre l’art de cette danseuse. 

« Revue musicale de Lyon. » 1911.

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Le fantôme  de Conan Doyle à New York 

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conan-doyleLe fantôme de sir Arthur Conan Doyle a été invité par un juge américain à cesser de parader dans les rues où il gêne la circulation.

A la vérité, cette mise en demeure a été signifiée à Mme Elisabeth O’Hare, une vieille dame qui affirme être le représentant personnel de l’esprit de sir Arthur sur la terre.

Mrs O’Hare, très connue dans les milieux occultistes de New York sous le nom d’Elisabeth la transcriptrice, a dû comparaître devant les tribunaux pour avoir défilé le long de la Cinquième Avenue, porteuse d’une grande bannière par laquelle elle défiait M. Joseph Dunninger de venir discuter avec l’esprit de sir Arthur le problème de la survie.

M. Dunninger avait offert une somme équivalant à 2.000 livres à toute personne qui pourrait lui soumettre une phrase type de dix mots que sir Arthur Conan Doyle lui avait confiée avant de mourir.

Mrs O’Hare a décliné devant ses juges toute responsabilité en ce qui concerne la parade qu’on lui reprochait.

« C’était l’esprit de Conan Doyle,a-t-elle déclaré, je n’avais pas la possibilité d’agir autrement.« 

« L’Intransigeant. » Paris, 8 juin 1937.

L’honneur du commandant

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vizcayaSi l’épopée n’était pas née en Grèce elle serait venue au monde en Espagne, dit le Gaulois. Qu’importent à l’Espagnol, la fièvre, la faim, la misère en haillons, s’il lui reste l’honneur. A propos de fierté le correspondant du Figaro conte l’anecdote  suivante survenue durant le conflit hispano-américain : 

Lorsque le cuirassé espagnol Vizcaya leva l’ancre pour sortir du port de New York, son départ fut salué par de formidables coups de sifflets et par des huées que lançaient des milliers de Yankees réunis sur les quais. Le commandant du cuirassé, M. Eulate, entendit l’ovation et fit stopper immédiatement. Il ordonna de mettre son canot à la mer et dit au second du navire :

 Je vous confie le commandement. Je vais descendre seul à terre. Si vous entendez un coup de feu, bombardez New York ! 

Il sauta dans le canot et se fit débarquer sur le quai, au milieu de la foule hostile. S’adressant à un groupe il s’écria :

— Le premier qui siffle, je lui brûle la cervelle !

Personne ne siffla, et pendant vingt minutes M. Eulate se promena sur le quai, devant la foule silencieuse. Lorsqu’il regagna son bord et que le Vizcaya se mit en marche définitivement, on n’entendit aucun coup de sifflet.

L’anecdote est authentique. 

Nous ne mettons pas en doute la valeur guerrière des Américains, mais avec de pareils adversaires ils auront certainement fort à faire. 

« La Joie de la maison. » Paris, 1898.

Vers la diminution des heures  et des jours de travail 

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diego-riveraIl y a quatre ans environ, Henry Ford surprit ses concitoyens en instituant dans ses usines la semaine de 5 jours de travail en expliquant les mobiles de sa décision. 

Son idée était que la semaine plus courte laisserait aux travailleurs davantage de temps peur utiliser et consommer des produits de l’industrie. A son avis, l’industrie nationale ne pourrait plus subsister au cas où les fabriques établiraient de nouveau la journée de dix heures de travail. Par exemple, i’ouvrier n’aurait guère le temps de se servir de sa voiture, s’il -devait travailler de l’aube jusqu’au coucher du soleil, A son avis, de la même manière que la journée de huit heures avait conduit le pays à la prospérité, la semaine de cinq jours est destinée à  lui procurer une prospérité encore plus grande.

M. Ford .annonça qu’il paierait pour la semaine de cinq jours les mêmes salaires qu’il payait auparavant pour la semaine de six jours, car autrement le but de la réforme, qui consiste à accroître la consommation, ne serait pas atteint. « Mieux vous payez les heures de repos de vos ouvriers, plus grands deviennent leurs désirs. Et ces désirs deviennent vite des besoins. » Pour satisfaire ces nouveaux besoins les ouvriers dépensent largement leur argent et favorisent ainsi la prospérité générale. 

La crise que traverse actuellement l’économie des Etats-Unis, loin de faire abandonner, le point de vue du grand constructeur de Détroit, n’a fait que le renforcer, En effet, dans la généralisation de la semaine de cinq jours on voit aujourd’hui une solution, tout au moins partielle, au chômage, en particulier à celui qui est causé par le développement du machinisme et la découverte de procédés industriels plus économiques, réduisant la main-d’œuvre. 

On calcule que plus de 500.000 ouvriers travaillent aux Etats-Unis d’un bout de l’année à l’autre par application de la semaine de cinq jours. L’an dernier 150.000 ouvriers du bâtiment ont été placés sous ce régime dans la ville de New York seulement. 

Il faut dire cependant que la National Association of Manufacturers s’oppose vigoureusement à la généralisation de la semaine de cinq jours. Elle déclare que son adoption aurait pour effet d’augmenter de plus de 15 % le coût de la vie, de diminuer la production, de détruire dans les travailleurs toute ambition de progresser, et de rendre le pays plus vulnérable vis-à-vis de l’emprise économique européenne. 

Rappelons que l’ancien gouverneur Alfred E. Smith et John J. Raskob, président de la General Motors, se sont par contre déclarés partisans de la semaine de cinq jours en vue de diminuer le chômage. 

« Le Courrier automobile. » Hanoï, 1931
Illustration : fresque de Diego Rivera.

Le général Tom Pouce à Bade

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Phineas Taylor Barnum et Charles Stratton

Le général Tom Pouce qui va arriver à Bade est bien réellement, dit le programme que nous avons sous les yeux, celui qui, il y a douze ans, fut couvert de caresses et de baisers par les plus jolies femmes de Paris, et qui fut reçu par le roi Louis-Philippe et la famille royale. 

Il paraît effectivement que le doute n’est pas possible, car plusieurs personnes qui l’ont visité alors, l’ont parfaitement reconnu sur les photographies qui sont exposées à la librairie des Demoiselles Marx. Son esprit et son intelligence seuls ont grandi depuis cette époque, car sa taille n’a pas dépassé trente et un pouces anglais (quatre-vingts centimètres), et il ne pèse que vingt-neuf livres (quatorze kg).  

Laissons, du reste, parler le Times, qui vient de rendre compte de l’exhibition du général Tom Pouce dans l’Alhambra de Londres : 

« Le général Tom Pouce, cet ancien favori du public, a reparu lundi dernier, 24 juillet, et a reçu l’accueil le plus cordial. Ce petit héros à grand renom , preuve évidente du peu de matière qu’il faut pour loger une individualité humaine, revient à nous sans que le temps ait ajouté une ride à son front, ni la centième partie d’un pouce à sa taille. Il est toujours plein d’esprit, de vivacité, et ses proportions parfaites n’ont point été altérées. Il a ajouté à ses mérites un talent mimique dans le genre de la célèbre artiste Barney Williams, et ses chants sont remarquables par l’expression et l’intelligence. Son aplomb  et ses reparties heureuses sont depuis longtemps appréciées par ceux qui le connaissent, et ceux qui ne le connaissent pas, n’ont rien à craindre de son aspect qui est très agréable. »

Voici quelques détails que nous pouvons donner comme authentiques : 

Le petit général mignon, ou gentilhomme en miniature, comme l’ont fait surnommer ses heureuses proportions et ses gracieuses manières, est né dans les Etats-Unis d’Amérique, en la ville de Bridefort. A peu près comme le petit Poucet, avec cette différence que l’un est le héros d’un conte et que l’autre est une réalité, Charles Stratton cessa de croître dès l’âge d’un an et fut un sujet d’alarmes pour une famille presque pauvre qui lui dut plus tard sa fortune. 

En 1843, le célèbre Barnum, le Roi de la réclame, si connu par ses exploitations artistiques et son voyage en Amérique avec Jenny Lind, découvrit ce petit personnage et l’ajouta à son musée de New York, où des milliers de visiteurs s’extasièrent devant le plus petit être humain qui fut jamais. 

En 1844, Barnum l’amena à Londres avec sa famille. 

Le général parut trois fois devant Sa Majesté la reine Victoria et la famille royale. Plus de 600,000 personnes l’ont visité dans la salle égyptienne, à Piccadilly. 

En 1846, il visita, comme nous l’avons déjà dit, Paris, où son succès fut colossal. On l’a vu dans la salle des concerts Musard (rue Vivienne). 

Il joua le petit Poucet au Vaudeville, avec Mme Lagrange, dont nous avons dernièrement admiré la grâce et le talent dans le rôle de la marquise d’O, et qui, alors âgée de sept ou huit ans, jouait le rôle d’un petit frère du petit Poucet et chantait très gracieusement une petite romance, dans la petite pièce faite tout exprès pour notre petite célébrité. Tom Pouce eut l’honneur de visiter une foule de princes de tout rang, et fut comblé de cadeaux par les plus illustres personnages de notre temps (le programme annonce qu’on nous fera voir ceux qu’il tient des têtes couronnées). 

En 1847, Barnum et lui retournèrent en Amérique en emportant chacun 600,000 fr. Après avoir visité Cuba et le Canada, ils revinrent, en 1857, en Angleterre. 

Le général Tom Pouce n’a jamais mis le pied sur le sol germanique. Pour la première fois, dans sa vie, il vient en Allemagne. Les repoussantes petites individualités qui se sont parées de son nom et de son titre pour tromper le public, n’étaient que de mauvaises contrefaçons de cette petite monnaie humaine. 

Le célèbre Barnum, qui l’a toujours dirigé, l’accompagne dans ce rapide tour sur le continent. Nous disons rapide, car, si nous en croyons les journaux de Londres, dès le commencement de 1859, le général aurait l’intention de regagner son pays natal, de rentrer dans la vie privée et de se livrer à la pêche à la ligne comme un simple particulier. 

Sa suite, pendant son voyage, se compose de quatorze personnes. Son équipage est le plus petit du monde. 

« Journal littéraire et artistique de la Forêt Noire et de la vallée du Rhin. » 1858.

De plus en plus fort 

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houdini

Le célèbre illusionniste américain, Houdini, avait juré qu’il accomplirait, à l’aide de subterfuges dont il a seul le secret, des faits aussi extraordinaires sinon davantage, que ceux que promettait d’accomplir le fakir égyptien, Rahman Bey, actuellement à New York. 

Son pari fut pris au sérieux et Rahman Bey déclara qu’il se laisserait descendre au fond de l’Hudson, enfermé dans un cercueil étroitement étanche. Mais cette performance fut accomplie dans des conditions telles qu’elles ne satisfirent point les experts. Houdini, piqué au jeu, déclara qu’il allait faire la même chose.

Effectivement, on l’enferma dans un cercueil qui fut ensuite plongé dans le fleuve Hudson à une profondeur  considérable. Houdini avait demandé que l’on ramenât le cercueil sur la berge après une heure et demie de plongée. Une heure et demie après, en effet, le cercueil fut ramené à flot et rouvert. Houdini en sorti aussi gaillardement que quand il y était entré, ayant seulement les jambes un peu engourdies. 

Et voilà ! dit-il simplement. J’ai accompli cet exploit grâce à un truc de magicien dont je possède le secret. 

Mais il refusa de dévoiler ce fameux secret. 

Le docteur Carrington, membre de la Société des recherches psychiques, qui assistait à cet événement, a déclaré « n’y rien comprendre ». Des médecins venus de l’hôpital Bellevue ont dit à leur tour qu’il était impossible à un homme normal de vivre enfermé dans le cercueil scellé où Houdini avait pu continuer à vivre… pendant une heure et demie. 

« Les Spectacles d’Alger. » Alger, 1932.

Police d’assurance

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couple

Toujours en veine de nouveautés, certains Yankees viennent de constituer à New York  une société d’assurances contre l’adultère féminin et cette société compte déjà de nombreux clients. 

Celui qui désire s’assurer doit obligatoirement répondre à un questionnaire des plus détaillés : Quel est votre âge? Celui de votre femme ? Depuis combien de temps êtes-vous marié ? Quel est le tempérament de votre épouse ? Est-elle nerveuse ou lymphatique ? Lit-elle des romans ? S’habille-t-elle d’une manière dispendieuse ? Est-elle jolie et coquette et a-t-elle beaucoup de cousins ? etc., etc. 

Lorsque le postulant a répondu à ces multiples questions, la société après enquête lui délivre sa police d’assurance. Bien entendu la prime varie selon l’âge du mari et la beauté de la dame. On cite le cas d’un vieux podagre qui ayant épousé une jeune et charmante personne acquitte des droits considérables. 

Les détectives de la société qui veillent sur l’honneur de l’ « assurée » avisent bien entendu le mari, dès qu’il y a menace de sinistre. 

A quand pareille société en France ? 

« La Pomme cuite. » Paris, 1916.