New-York

Vers la diminution des heures  et des jours de travail 

Publié le

diego-riveraIl y a quatre ans environ, Henry Ford surprit ses concitoyens en instituant dans ses usines la semaine de 5 jours de travail en expliquant les mobiles de sa décision. 

Son idée était que la semaine plus courte laisserait aux travailleurs davantage de temps peur utiliser et consommer des produits de l’industrie. A son avis, l’industrie nationale ne pourrait plus subsister au cas où les fabriques établiraient de nouveau la journée de dix heures de travail. Par exemple, i’ouvrier n’aurait guère le temps de se servir de sa voiture, s’il -devait travailler de l’aube jusqu’au coucher du soleil, A son avis, de la même manière que la journée de huit heures avait conduit le pays à la prospérité, la semaine de cinq jours est destinée à  lui procurer une prospérité encore plus grande.

M. Ford .annonça qu’il paierait pour la semaine de cinq jours les mêmes salaires qu’il payait auparavant pour la semaine de six jours, car autrement le but de la réforme, qui consiste à accroître la consommation, ne serait pas atteint. « Mieux vous payez les heures de repos de vos ouvriers, plus grands deviennent leurs désirs. Et ces désirs deviennent vite des besoins. » Pour satisfaire ces nouveaux besoins les ouvriers dépensent largement leur argent et favorisent ainsi la prospérité générale. 

La crise que traverse actuellement l’économie des Etats-Unis, loin de faire abandonner, le point de vue du grand constructeur de Détroit, n’a fait que le renforcer, En effet, dans la généralisation de la semaine de cinq jours on voit aujourd’hui une solution, tout au moins partielle, au chômage, en particulier à celui qui est causé par le développement du machinisme et la découverte de procédés industriels plus économiques, réduisant la main-d’œuvre. 

On calcule que plus de 500.000 ouvriers travaillent aux Etats-Unis d’un bout de l’année à l’autre par application de la semaine de cinq jours. L’an dernier 150.000 ouvriers du bâtiment ont été placés sous ce régime dans la ville de New York seulement. 

Il faut dire cependant que la National Association of Manufacturers s’oppose vigoureusement à la généralisation de la semaine de cinq jours. Elle déclare que son adoption aurait pour effet d’augmenter de plus de 15 % le coût de la vie, de diminuer la production, de détruire dans les travailleurs toute ambition de progresser, et de rendre le pays plus vulnérable vis-à-vis de l’emprise économique européenne. 

Rappelons que l’ancien gouverneur Alfred E. Smith et John J. Raskob, président de la General Motors, se sont par contre déclarés partisans de la semaine de cinq jours en vue de diminuer le chômage. 

« Le Courrier automobile. » Hanoï, 1931
Illustration : fresque de Diego Rivera.

Publicités

Le général Tom Pouce à Bade

Publié le Mis à jour le

 

barnum-tom-pouce
Phineas Taylor Barnum et Charles Stratton

Le général Tom Pouce qui va arriver à Bade est bien réellement, dit le programme que nous avons sous les yeux, celui qui, il y a douze ans, fut couvert de caresses et de baisers par les plus jolies femmes de Paris, et qui fut reçu par le roi Louis-Philippe et la famille royale. 

Il paraît effectivement que le doute n’est pas possible, car plusieurs personnes qui l’ont visité alors, l’ont parfaitement reconnu sur les photographies qui sont exposées à la librairie des Demoiselles Marx. Son esprit et son intelligence seuls ont grandi depuis cette époque, car sa taille n’a pas dépassé trente et un pouces anglais (quatre-vingts centimètres), et il ne pèse que vingt-neuf livres (quatorze kg).  

Laissons, du reste, parler le Times, qui vient de rendre compte de l’exhibition du général Tom Pouce dans l’Alhambra de Londres : 

« Le général Tom Pouce, cet ancien favori du public, a reparu lundi dernier, 24 juillet, et a reçu l’accueil le plus cordial. Ce petit héros à grand renom , preuve évidente du peu de matière qu’il faut pour loger une individualité humaine, revient à nous sans que le temps ait ajouté une ride à son front, ni la centième partie d’un pouce à sa taille. Il est toujours plein d’esprit, de vivacité, et ses proportions parfaites n’ont point été altérées. Il a ajouté à ses mérites un talent mimique dans le genre de la célèbre artiste Barney Williams, et ses chants sont remarquables par l’expression et l’intelligence. Son aplomb  et ses reparties heureuses sont depuis longtemps appréciées par ceux qui le connaissent, et ceux qui ne le connaissent pas, n’ont rien à craindre de son aspect qui est très agréable. »

Voici quelques détails que nous pouvons donner comme authentiques : 

Le petit général mignon, ou gentilhomme en miniature, comme l’ont fait surnommer ses heureuses proportions et ses gracieuses manières, est né dans les Etats-Unis d’Amérique, en la ville de Bridefort. A peu près comme le petit Poucet, avec cette différence que l’un est le héros d’un conte et que l’autre est une réalité, Charles Stratton cessa de croître dès l’âge d’un an et fut un sujet d’alarmes pour une famille presque pauvre qui lui dut plus tard sa fortune. 

En 1843, le célèbre Barnum, le Roi de la réclame, si connu par ses exploitations artistiques et son voyage en Amérique avec Jenny Lind, découvrit ce petit personnage et l’ajouta à son musée de New York, où des milliers de visiteurs s’extasièrent devant le plus petit être humain qui fut jamais. 

En 1844, Barnum l’amena à Londres avec sa famille. 

Le général parut trois fois devant Sa Majesté la reine Victoria et la famille royale. Plus de 600,000 personnes l’ont visité dans la salle égyptienne, à Piccadilly. 

En 1846, il visita, comme nous l’avons déjà dit, Paris, où son succès fut colossal. On l’a vu dans la salle des concerts Musard (rue Vivienne). 

Il joua le petit Poucet au Vaudeville, avec Mme Lagrange, dont nous avons dernièrement admiré la grâce et le talent dans le rôle de la marquise d’O, et qui, alors âgée de sept ou huit ans, jouait le rôle d’un petit frère du petit Poucet et chantait très gracieusement une petite romance, dans la petite pièce faite tout exprès pour notre petite célébrité. Tom Pouce eut l’honneur de visiter une foule de princes de tout rang, et fut comblé de cadeaux par les plus illustres personnages de notre temps (le programme annonce qu’on nous fera voir ceux qu’il tient des têtes couronnées). 

En 1847, Barnum et lui retournèrent en Amérique en emportant chacun 600,000 fr. Après avoir visité Cuba et le Canada, ils revinrent, en 1857, en Angleterre. 

Le général Tom Pouce n’a jamais mis le pied sur le sol germanique. Pour la première fois, dans sa vie, il vient en Allemagne. Les repoussantes petites individualités qui se sont parées de son nom et de son titre pour tromper le public, n’étaient que de mauvaises contrefaçons de cette petite monnaie humaine. 

Le célèbre Barnum, qui l’a toujours dirigé, l’accompagne dans ce rapide tour sur le continent. Nous disons rapide, car, si nous en croyons les journaux de Londres, dès le commencement de 1859, le général aurait l’intention de regagner son pays natal, de rentrer dans la vie privée et de se livrer à la pêche à la ligne comme un simple particulier. 

Sa suite, pendant son voyage, se compose de quatorze personnes. Son équipage est le plus petit du monde. 

« Journal littéraire et artistique de la Forêt Noire et de la vallée du Rhin. » 1858.

De plus en plus fort 

Publié le

houdini

Le célèbre illusionniste américain, Houdini, avait juré qu’il accomplirait, à l’aide de subterfuges dont il a seul le secret, des faits aussi extraordinaires sinon davantage, que ceux que promettait d’accomplir le fakir égyptien, Rahman Bey, actuellement à New York. 

Son pari fut pris au sérieux et Rahman Bey déclara qu’il se laisserait descendre au fond de l’Hudson, enfermé dans un cercueil étroitement étanche. Mais cette performance fut accomplie dans des conditions telles qu’elles ne satisfirent point les experts. Houdini, piqué au jeu, déclara qu’il allait faire la même chose.

Effectivement, on l’enferma dans un cercueil qui fut ensuite plongé dans le fleuve Hudson à une profondeur  considérable. Houdini avait demandé que l’on ramenât le cercueil sur la berge après une heure et demie de plongée. Une heure et demie après, en effet, le cercueil fut ramené à flot et rouvert. Houdini en sorti aussi gaillardement que quand il y était entré, ayant seulement les jambes un peu engourdies. 

Et voilà ! dit-il simplement. J’ai accompli cet exploit grâce à un truc de magicien dont je possède le secret. 

Mais il refusa de dévoiler ce fameux secret. 

Le docteur Carrington, membre de la Société des recherches psychiques, qui assistait à cet événement, a déclaré « n’y rien comprendre ». Des médecins venus de l’hôpital Bellevue ont dit à leur tour qu’il était impossible à un homme normal de vivre enfermé dans le cercueil scellé où Houdini avait pu continuer à vivre… pendant une heure et demie. 

« Les Spectacles d’Alger. » Alger, 1932.

Police d’assurance

Publié le

 

couple

Toujours en veine de nouveautés, certains Yankees viennent de constituer à New York  une société d’assurances contre l’adultère féminin et cette société compte déjà de nombreux clients. 

Celui qui désire s’assurer doit obligatoirement répondre à un questionnaire des plus détaillés : Quel est votre âge? Celui de votre femme ? Depuis combien de temps êtes-vous marié ? Quel est le tempérament de votre épouse ? Est-elle nerveuse ou lymphatique ? Lit-elle des romans ? S’habille-t-elle d’une manière dispendieuse ? Est-elle jolie et coquette et a-t-elle beaucoup de cousins ? etc., etc. 

Lorsque le postulant a répondu à ces multiples questions, la société après enquête lui délivre sa police d’assurance. Bien entendu la prime varie selon l’âge du mari et la beauté de la dame. On cite le cas d’un vieux podagre qui ayant épousé une jeune et charmante personne acquitte des droits considérables. 

Les détectives de la société qui veillent sur l’honneur de l’ « assurée » avisent bien entendu le mari, dès qu’il y a menace de sinistre. 

A quand pareille société en France ? 

« La Pomme cuite. » Paris, 1916.

Singulière Association 

Publié le

quasimodo

Il vient de se fonder, à New York, une association féminine évidemment sans précédent. Le but de cette Société, qui compte déjà de nombreuses adhérentes, est de faciliter le mariage des hommes infirmes, bossus, bancals, aveugles, manchots, etc. 

Les sociétaires doivent être âgées de trente ans au maximum, jouir d’une excellente santé et être pourvues de charmes physiques qui constituent la beauté féminine. 

Elles s’engagent, par écrit, en entrant dans l’Association, à n’épouser qu’un homme infirme ou contrefait. Elles sont même tenues de prendre pour mari le candidat que leur présente le Comité directeur de la Société. Il leur est seulement loisible de choisir entre plusieurs prétendants. 

« L’Athlète. » Lille / Roubaix, 1897.

Un audacieux brigand 

Publié le Mis à jour le

dave-white

Un des plus singuliers mystères des Etats-Unis c’est la sécurité avec laquelle certains brigands du Far West et des Etats ou territoires de la côte du Pacifique peuvent entasser vols sur vols et meurtres sur meurtres.

L’un des plus remarquables spécimens de ce genre de sportmen, (car ces messieurs se considèrent comme tels) est un certain dévaliseur de trains qui opère lui-même sur la frontière de l’Arizona et du Mexique. Certains le croient de sang mêlé de blanc et d’Indien, mais il n’en est rien. Géroninio (c’est son nom de guerre) est simplement un Irlandais du nom de White, venu à Tombstone il y a quelque trois ans, et qui n’a jamais fait honnêtement oeuvre de ses dix doigts.

cowboy

Joueur de profession, mais trouvant que la fortune ne le favorisait pas assez vite, il se lança dans une carrière de crimes plus rémunérative. Le plus souvent seul, et parfois avec un confédéré du nom de Frederico, arrête les trains sur les lignes Atchison et Southern Pacific, force, le pistolet au poing, les voyageurs à lever les bras en l’air et à se laisser fouiller par lui de la main qui lui reste libre, et se fait bon an, mal an, de 250 à 275,000 fr. à cet ingénieux ou tout au moins audacieux métier. 

Et, dans ces trains pris d’une panique inexplicable, il n’est encore venu à la pensée de qui que ce soit de lui brûler plus ou moins proprement la cervelle. Et la police, qui sait, ou devrait savoir où ils se trouve entre chacune de ses audacieuses expéditions, n’ose pas le toucher du bout du doigt, malgré les 30,000 fr. de récompense offerts pour sa capture par les gouverneurs d’Arizona et de Sonora.

cowboy-1

C’est qu’il a déjà tué plus de vingt mineurs, voyageurs ou détectives, et personne ne se soucie de partager leur sort. Tout homme visé par lui était d’avance un homme perdu. Et, sans l’ombre de vergogne, il visite, quand il lui plaît, les villes les plus civilisées de la frontière, y boit, mange, joue au billard, puis s’en retourne tranquillement dans les bois ou ailleurs, sans être suivi ni molesté par personne.

Son dernier exploit a été le vol d’une somme énorme à la Compagnie de messageries Wells et Fargo, de San Francisco. Toute la presse du Nord essaie par ses railleries de secouer l’apathie de la police du Pacific, mais autant en emporte le vent. Les journaux de l’Arizona se contentent de crier aux confrères de New York : 

« Venez donc essayer, vous autres ! »

« L’Oued-Sahel. » 1889.
Peinture de Dave White.
Photos : « Il était une fois dans l’Ouest. » Sergio Leone, 1969.

Vitesse et lenteur

Publié le Mis à jour le

montmartre

La vitesse ! tout est à la vitesse. On n’entend, on n’apprécie, on ne respecte que ce mot-là ! Sur terre, le capitaine Malcom Campbell, à bord de sa Miss Blue-Bird  (Oiseau bleu) de 1.400 chevaux, a battu de loin sur la plage de Daytona-Beach le record automobile de feu Segrave qui était de 371 km.679 à l’heure. Dans l’air, le major anglais Orlebar a dépassé en hydravion le 625 à l’heure…

M. Louis Blériot a créé voici trois mois une Coupe Internationale de vitesse des mille kilomètres, dotée d’un objet d’art challenge d’une valeur de 100.000 francs, qui sera attribué provisoirement, à l’aviateur ayant atteint 600 kilomètres à l’heure et définitivement à celui qui aura-réalisé la vitesse horaire de 1.000 kilomètres… Nous verrons cela bientôt sans doute. Enfin, on parle, plus, que jamais de la fameuse fusée, du professeur Oberth de Vienne, qui demain… ou après-demain, nous transportera en une petite demi-heure de Paris à New York, juste le temps qu’il faut pour aller aujourd’hui « de l’Odéon pensif aux tristes Batignolles » !

course-ralenti

Mais tant de vitesse, c’est fatigant à la fin. Occupons-nous donc plutôt de la douce et reposante lenteur, cela nous calmera les nerfs… Car n’en déplaise à M. Malcom Campbell, le record de lenteur en automobile a, lui aussi, son petit intérêt sportif, ne serait-ce que pour les escargots. Son détenteur actuel est M. Ulrich, qui l’a battu officiellement le septembre 1930 dans la huitième course de côte au ralenti organisée par la Commune Libre de Montmartre.Sur la montée tortueuse de la rue Lepic, M. Ulrich réalisa ce dimanche-là une magnifique performance : il effectua ce parcours de 670 mètres en 1 heure 50 minutes 23 secondes et 3/5.

Ce qui représente une moyenne de 6 mètres à la minute et de 264 mètres à l’heure.

« Ric et Rac. » Paris, 1931.