New-York

Le New Yorkiste

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Qu’est-ce que le New Yorkiste ? Une maladie nouvelle qu’un médecin de New-York vient de découvrir. Elle ne sévit que dans l’île de Manhattan où a été bâti New-York, et elle ne s’étend pas au-delà des 38 milles carrés où s’agitent ses deux millions d’habitants. Cette affection a été très bien décrite par son inventeur.

Elle est provoquée, au dire du Dr John H. Girdner, par l’état de surexcitation et d’affolement nerveux dans lequel vivent les Yankees de Brooklyn, par leur âpre conquête de la fortune, par le culte religieux qu’ils professent pour le dieu dollar et même par le mépris qu’ils manifestent pour toute initiative désintéressée.

Tout cela leur tape sur les nerfs d’une façon affreuse et produit leur état morbide.

« La Lanterne : journal politique quotidien. »  Paris, 1901.
Illustration : « Le Parrain. » Francis Ford Coppola. 1972.
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La belle-mère de Charlot

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New York, 16 janvier. Charlie Chaplin, à la suite des poursuites que sa femme a intentées contre lui, s’est montré si affecté qu’il doit garder la chambre. Les médecins déclarent que son état n’est pas grave.

Les puritains d’Amérique font une campagne tendant à interdire la production de films où paraît Charlie Chaplin. Celui-ci, très déprimé, affirme aux journalistes, qu’il était innocent des crimes qu’on lui reprochait et que c’était sa belle-mère qui menait toute l’affaire afin de s’emparer de sa fortune. Il affirme, notamment, qu’il est faux qu’il ait eu des relations extra-conjugales avec cinq actrices. Il s’est contenté de les admirer… en artiste !

La presse croit que la maladie de Charlie est un prétexte pour échapper aux interviews. Pauvre garçon !

« La Revue limousine : revue régionale. »  Limoges, 1927.
Illustration : « Charlot s’évade. » 1917.

Une voix d’or

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Enrico-Caruso

Je vais vous conter une histoire qui ne semble pas très vraie, qui est pour le moins très exagérée. Mais quand je vous aurai dit qu’elle vient d’Amérique, vous mettrez vous-même les choses au point.

Le ténor Caruso assistait en simple spectateur à une représentation du New-Fields Théâtre à New-York. A la fin du premier acte, un commissionnaire vint lui remettre une lettre : le chanteur italien quitte aussitôt le théâtre, monte dans une automobile qui l’attendait devant le perron et moins d’une heure après il revenait prendre sa place dans la loge.

Il était allé chanter pendant trois quarts d’heure chez le milliardaire James Smith et avait reçu comme cachet 3.000 dollars, soit 15.000 fr. !

Comment les jeunes élèves du Conservatoire n’auraient-ils pas la tête un peu bouleversée par de tels racontars !

« Le Journal du dimanche : gazette hebdomadaire de la famille. »  Paris, 1905. 

Le séducteur

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tribunal.

A New York, ce sont les séducteurs qui mettent les nouvellistes en émoi : il n’est bruit en ce moment, dans la capitale de l’Union, que d’un nommé Kane, teneur de livres et poète, professions des plus antipathiques, dans lesquelles néanmoins Kane réussit également bien.

Tout en remplissant ses fonctions commerciales, Kane écrivit plus de cinq cents épitres en vers et en prose à une fort jolie personne qu’il parvint à séduire en lui promettant de l’épouser. A peine la jeune personne eut-elle cédé, que poète et amant disparurent. Il ne resta que le teneur de livres, lequel déclara nettement que la vie de garçon lui était trop agréable pour qu’il voulut y renoncer. 

Mais les tribunaux américains ne sont pas indulgents envers les séducteurs. La jeune fille porta plainte, et Kane fut condamné à un an de prison ou à épouser la plaignante.

Joseph Kane, en entendant cet arrêt prononcé par lé président de la cour des sessions, dit fort tranquillement :

Messieurs, un an de prison,  c’est seulement douze mois d’esclavage; le mariage, c’est la détention à perpétuité. Je persiste plus que jamais dans mon refus.

Quelques applaudissements, des rires et de nombreux sifflets ont accueilli cette sortie anti-matrimoniale.

 » Le Siècle illustré. »  Paris, 1862.
Image d’illustration.

Un aventurier précoce

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Grant-Wood

L’Amérique endigue sévèrement l’immigration. Les enfants n’en savent rien. Hantés par les lectures de ces vieux romans d’aventure où l’on voyait les pépites surgir sous les pas des explorateurs, et pervertis par les conversations des aînés qui leur représentent le nouveau monde comme le réceptacle de tout l’or monnayé du vieux continent, ils rêvent de plus en plus de s’expatrier vers le pays fabuleux où, théoriquement, la vie devrait être dorée sur tranche comme un livre de Noël.

Et c’est ainsi que le petit apprenti tisseur de 13 ans Charles Marc quitta la maison paternelle du 52, rue de Turenne, à Calais, et vint tout d’abord à Paris se familiariser avec l’atmosphère des grandes villes avant de s’embarquer au Havre à destination de New York. Ne doutant point de son étoile, comme tous les aventuriers de race, il ne s’était muni, pour tout viatique, que de la somme de 8 francs et d’une boite de sardines. Mais il s’était armé d’importance. Pensez donc !… un vieux pistolet, une fronde et un piège à moineaux, tout ce qu’il faut pour affronter les pirates de la savane et les grands fauves.

Errant, la nuit dernière, rue de Chabrol, le conquistador en herbe fut abordé par un agent de ronde qui souffla fort paternellement sur son rêve et le confia à M. Garnier, commissaire de police de la Porte Saint-Denis. Et Charles Marc, déjà revenu de l’aventure, attend au Dépôt que ses parents viennent le reprendre et le rendre à son métier.

Restez en France, petits gars aventureux, car c’est l’élan de vos forces neuves qui lui restituera, tôt ou tard, tout son bel or exilé !

« Le Matin : derniers télégrammes de la nuit. »  Paris, 1925.
Illustration (extrait) : Grant Wood. 

Une lionne opérée en public

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Une lionne du parc zoologique de New York a subi, devant la foule des visiteurs, une opération curieuse. Elle avait mangé trop gloutonnement une tête de boeuf, et un os lui était resté en travers de la gorge. Elle allait étouffer, lorsque le chef des gardiens intervint.

Dardant son regard sur l’animal, il lui dit doucement :

Rose, viens ici !

La bête s’approcha et ouvrit la gueule. Le gardien en chef prit un crochet de fer, le passa dans le gosier de la lionne, réussit à saisir l’os et à le retirer. Mais aussitôt qu’il eut expulsé le « corps étranger » qui menaçait d’étouffer la bête, il fit un bond en arrière. Car les mouvements des mâchoires de Rose étant redevenus libres, elle aurait pu arracher le bras de son fidèle gardien.

« Le Petit journal. Supplément du dimanche. »  26 janvier 1908. 

Le cinématographe provocateur

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Il est inutile de rappeler le rôle que le cinématographe a joué, en maintes circonstances, comme agent incendiaire, mais voici que les journaux américains l’accusent maintenant d’un tout autre genre de méfaits.

Il parait, en effet, que des entrepreneurs hardis font naître sciemment et à point nommé des scènes de désordre, afin de pouvoir les cinématographier.

C’est ainsi que. lors de l’exécution récente d’un assassin, à New-York, dès que le bourreau eut terminé son œuvre, un groupe d’individus sans aveu attaqua subitement, et sans motif apparent, les agents du shérif.

Une lutte terrible à coups de poings s’ensuivit, et la foule, sans savoir de quoi il s’agissait, ayant pris parti pour les uns ou pour les autres, les scènes de désordre se propagèrent rapidement sur une grande partie de la place, tandis que, dans d’autres coins, le public se contentait de se réjouir férocement de la bagarre.

On a su, depuis, que l’attaque contre les gardes du shérif avait été arrangée d’avance par un fabricant de vues cinématographiques, et que les individus en question avaient été loués et grassement payés par lui.

« La Science française. »  Paris, 1897.
Illustration : Mulberry Street, on the Lower East Side, circa 1900