Newton

Le procès de la mère de Kepler

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Dans les archives de la petite ville de Guglingen, en Souabe, on vient de retrouver un curieux document. Il s’agit des pièces du procès en sorcellerie intenté à Catherine Kepler, la mère de l’illustre astronome qui le premier donna une théorie de la planète Mars et énonça les lois astronomiques d’où Newton sut dégager le grand principe de l’attraction universelle.

Catherine Kepler s’adonnait à la confection et à la vente de médicaments, et sans doute de philtres. Comme elle avait la langue acérée, et ne craignait pas les papotages, elle se créa nombre d’ennemis. Ceux-ci lancèrent le bruit qu’eue pratiquait la sorcellerie, et c’est ainsi que le tribunal criminel de Lemberg la fit arrêter, et sans retard instruisit son procès (1620). Mais les juges montrèrent une telle partialité qu’ils durent être dessaisis et l’affaire fut alors portée devant l’officialité de Guglingen. La nouvelle instruction dura plusieurs mois et le 4 septembre la cour déclara que pour arriver à la manifestation de la vérité il était nécessaire de recourir aux offices de « maître Jakobus ». C’était la mise à la question.

A ce moment Johannes Kepler vivait à Linz. Il revint en Souabe et obtint non seulement la suspension de la torture mais le transfert de la prisonnière de son cachot dans le logement du gardien. Entre temps les pièces de la procédure avaient été transmises à la faculté de droit de Tubingue et celle-ci, par arrêt en date du 10 septembre 1621, jugea qu’en présence de l’âge avancé de l’accusée (73 ans) et de l’insuffisance des preuves il n’y avait pas lieu d’appliquer la torture, mais que Catherine Kepler subirait cependant la « peine de l’explication ». La vieille femme fut donc conduite dans la chambre de la question où maître Jakobus lui expliqua en détail l’usage des instruments de torture. Invitée à faire des aveux Catherine protesta encore une fois de son innocence.

L’ordre d’élargissement arriva quelques jours plus tard, mais la prisonnière fut encore retenue jusqu’au 4 novembre, moment où son fils put payer les 400 florins de frais de procédure.

« L’Écho du merveilleux. » Paris, 1913.

Bonté de Walter Scott

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Parmi les traits de caractère que l’on cite, et où se peint la belle âme du grand écrivain, il en est que nous ne voulons pas oublier. Walter Scott posait, un orage vient à éclater, il se lève aussitôt, et, s’excusant envers le peintre dont il retarde ainsi la besogne : 

« Je vous quitte, lui dit-il, lady Scott a peur du tonnerre. »

Un vieux domestique, qui le servait depuis seize ans, était alors dans un état de santé qui faisait prévoir sa fin comme très prochaine. Walter Scott pria instamment Leslie de dessiner pour lui la figure de ce brave homme, qu’il entourait des soins les plus affectueux. Un des résidents d’Abbotsford était un jeune ecclésiastique qu’une surdité irrémédiable semblait condamner à n’avoir jamais d’emploi. On ne pouvait se faire entendre de lui qu’au moyen d’un cornet. Walter Scott ne manquait jamais de le placer à table immédiatement auprès de lui, et si quelque passage de la conversation lui semblait devoir l’intéresser, il le lui transmettait à l’aide de cette espèce de porte-voix. Le peintre Newton, qui voyageait alors en Écosse, étant venu rejoindre à Abbotsford son ami Leslie, celui-ci lui fit un jour remarquer cette manœuvre, en lui disant :

« Voyez, Scott qui glisse son aumône au pasteur. »

 « La Semaine des enfants. »  Paris, 1866.
« Sir Walter Scott »,p
einture de Sir William Allan.

Patience

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GodfreyKneller-IsaacNewton-1689La douceur du caractère de sir Isaac Newton tenait du prodige. Il avait un petit chien qu’il appelait Diamant. Un jour qu’il le laissa seul dans son cabinet, il trouva à son retour, qu’il avait renversé sa bougie sur un tas de papiers, et qu’elle avait consumé des calculs auxquels il avait employé une grande partie de sa vie.

Cette perte, comme Newton était déjà fort avancé en âge, était irréparable; cependant il ne fit que s’écrier:

« Diamant ! Diamant ! tu ne te doutes pas du tort que tu m’as fait. »

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