Niort

La bête de Saint-Florent

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Il y avait dans les marais de Saint-Florent, au delà de la Porte St-Jean (Niort était enclos de murs et de tours et des portes y donnaient accès. Au nord la Porte St-Gelais. Au sud la Porte St-Jean), une bête monstrueuse dont le souffle donnait la mort. Les malheureux qui restaient, le soir, hors les murs, quand les portes se fermaient, étaient retrouvés morts le lendemain, sans blessures, tués par le souffle de la Bête.

Les échevins décidèrent de faire quelque chose. Il y avait dans les caves du Donjon, un prisonnier qui devait être pendu. Ils le firent venir à leur conseil et lui proposèrent sa grâce, s’il acceptait d’affronter la Bête pour la terrasser.

Bien entendu, il accepta. On l’équipa. On l’arma. On le munit même d’un masque de cuir. Et, à la nuit tombée, on lui fit passer la Porte St-Jean que l’on referma derrière lui.

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Le combattant rencontra la Bête et l’affronta avec succès. Laquelle tomba dans le marais, et son vainqueur, tout heureux, avant de retourner en ville, pour s’assurer d’avoir bien occi la vilaine bête, se pencha sur sa victime en levant son masque pour mieux voir. Hélas ! Dans son dernier soupir l’affreux animal atteignit le gracié qui mourut tout aussitôt.

« Aguiaine : revue de recherches ethnographiques. » Jean-Marie Gautier. Société d’ethnologie et de folklore du Centre-Ouest (Saint-Jean-d’Angély). 1979.
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La pelle

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gendarmerie-cheval

Champdeniers, qui a une curieuse église du XIe siècle et des foires où l’Espagne vient choisir ses mules, a également une brigade de gendarmerie. C’était même jusqu’à ces derniers temps une brigade à cheval.

Mais un ministre sans idéal en a fait une brigade à pied. Et c’est pourquoi alors qu’ils croyaient honnêtement avoir effacé tous les signes extérieurs qui distinguent un gendarme à cheval d’un gendarme à pied, les gendarmes de Champdeniers se trouvèrent démontés à la vue d’une vieille pelle d’écurie, reste suprême de leur ancien état de cavaliers. Ils s’en ouvrirent au colonel de la 9e légion, qui prescrivit de déposer l’outil à Niort, d’où il devrait être expédié en Indre-et-Loire, à la brigade de Châteaurenault, qui, elle, est encore à cheval. C’était bien. Mais aucun crédit n’avait été prévu au budget de l’armée pour cette opération. Pourtant il fallait obtempérer.

La nécessité est mère de l’invention. Le capitaine de gendarmerie de Niort prit la pelle, la mit, entre deux gendarmes, dans l’auto de la compagnie, et la transporta à Lusignan, où elle passa entre les mains du capitaine de Poitiers, lequel, en automobile aussi, se dépêcha de l’aller confier au lieutenant de Châtellerault. Celui-ci, à motocyclette, l’emporta sans plus attendre à Ste-Maure. Le capitaine de Tours, au volant, y attendait la vieille pelle, il la reçut dans les formes qui convenaient, puis fila, pressé d’en faire la remise officielle à la brigade à cheval de Châteaurenault, qui gravement se déclara heureuse d’une telle aubaine.

Ce n’était pas plus difficile que cela, mais il fallait le trouver.

« La Grand’goule : les lettres, les arts, la tradition, les sites. »  Poitiers, 1931.< = »color: #808080; »>Illustration : La gendarmerie à cheval d’Hallencourt (Somme) vers 1930.

Une permutation

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Pierre-Allard_

Question posée il y a environ deux ans, à Niort, au cours d’un célèbre jeu radiographique :
— Pourquoi, en 18… (entre 1850 et 1880), le garde-champêtre et l’instituteur (fonctionnaires municipaux) permutèrent-ils dans leurs fonctions ?

La réponse, bien sûr, l’animateur du jeu ne la trouva pas. La voici, avec la permission de M. et Mme Faucher qui, eux, la connaissaient, l’ayant trouvée dans les archives de la commune de Chail, mairie et bibliothèque, commune où ils furent instituteurs pendant de longues années :

Le garde-champêtre, homme rangé et de bonne moralité, n’était pas très robuste, il boitait.Quant à l’instituteur, il était solide et vigoureux, mais il aimait un peu trop la dive bouteille. C’est donc pour la bonne morale que le garde-champêtre fut converti en éducateur, pendant que l’instituteur devenait garde-champêtre.

(Communiqué par S. PROUST, à La Crèche)

« Aguiaine : revue de recherches ethnographiques. » Société d’ethnologie et de folklore du Centre-Ouest, Saint-Jean-d’Angély, 1979.
Image d’illustration : Pierre Allard.