opéra

Tout flatteur…

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abbé-l'attaignant

Un pâtissier de la porte Saint-Marceau, qui faisait des opéras comiques, comme le perruquier André faisait des tragédies, lut à l’abbé de L’Attaignant une petite pièce intitulée la Galette.

L’Attaignant lui dit, en souriant, qu’il lui conseillait de la remettre au four.

Je vous entends, dit le pâtissier métromane, mais cependant M. …, professeur au Cardinal-Lemoine, que je fournis depuis vingt ans, m’a dit quelle était pleine de sel.
— Oui da, reprit L’Attaignant, mais ne faites-vous point crédit à ce professeur ?
— Vraiment sans doute, et, à l’heure où je vous parle, il me doit pour six cents francs de petits pâtés.
— Nous y voilà, poursuit L’Attaignant: trouvez mauvais qu’il vous doive six cents francs, et il trouvera mauvais que vous vous mêliez de faire des pièces. 

« La Diligence : journal des voyageurs. » Compagnie générale des annonces, Société Bigot et Cie, administration de la Diligence, du Chemin de fer, de la Malle-poste. Paris, 1845.

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Aviation lyrique

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danseuses

L’Opéra a repris La Damnation de Faust : il manquait quelque chose au ballet. Jadis, on voyait des sylphes voltiger dans l’atmosphère, figures lumineuses et fugitives…

Ces esprits de l’air étaient incarnés par les fillettes des classes de l’Opéra, mais le rôle n’avait rien de bien tentant, malgré l’empressement des gamines pour paraître dans ce ballet aérien. On les emprisonnait dans un corselet de fer muni d’un anneau auquel s’attachait un fil d’acier. Suspendues dans l’espace, les sylphes tenaient en main une vaste coquille Saint-Jacques contenant une lampe électrique qu’elles allumaient et éteignaient tour a tour, apparaissant ainsi et disparaissant brusquement au milieu des airs.

Mais, hélas ! le « fil » ne restait pas immobile et les sylphes voltigeaient de droite et de gauche, plongeaient brusquement pour remonter soudain vers les frises. Et il advenait régulièrement que la coquille Saint-Jacques, à la fin du ballet, contenait autre chose que la lampe électrique…

On a donc supprimé ces exercices indigestes. Il est vrai qu’on pourrait faire appel à des aviateurs entraînés à ce genre de sport. 

« Les Spectacles. »Lille, 1923.

Point trop n’en faut !

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etienne-nicolas-méhul

Les critiques musicaux ne sont guère habitués à voir les compositeurs leur reprocher l’excès de leurs louanges, pourtant on cite des cas.

Ainsi Etienne-Nicolas Méhul écrivit au lendemain d’une de ses premières à un censeur dont l’article avait été fort élogieux :

Pour ne point égarer, la louange doit se dispenser avec retenue. C’est ce que vous n’avez pas fait, citoyen. Car dans votre article, le bien que vous dites de ma partition est exagéré,  et il me semble que vous n’appuyez, pas assez sur les défauts qui s’y trouvent. J’aime la gloire avec fureur, je suis désireux des louanges, mais j’aime encore mieux la vérité !  

Gageons que certains successeurs de Méhul  préfèrent la gloire à la vérité.

« Les Spectacles. »  Lille, 1923.

De l’influence de la musique

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ernest-rouart

On a constaté, à l’Opéra de Londres, que les consommations variaient, au buffet, selon le spectacle de la salle.

Ainsi les opéras de Meyeeber sont très propices aux glaces. Donizetti pousse à la consommation des fruits et du sirop. Gounod, surtout avec Faust, entraîne le spectateur à une débauche de Champagne.

Le journal anglais à qui j’emprunte ces détails prétend que le soir où on joue du Wagner, on ne consomme rien du tout.

« Touche-à-tout. »Paris, 1904.
Peinture : Ernest Rouart.

Honneur et charcuterie

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guillaume-tell

L…, un des premiers chanteurs de l’opéra et fils d’un charcutier, avait la vanité de se poser comme descendant d’une grande famille.

Un jour qu’il allait en habit à la française, l’épée au côté, chanter à la chapelle aux Tuileries, il s’adressa ainsi à Plantade qui ne laissait jamais passer l’occasion de lui lancer une plaisanterie :

Mon cher, je ne puis me voir ainsi une épée au côté, sans me rappeler la grâce avec laquelle mon père la portait et l’adresse avec laquelle il s’en servait. Un jour, quelqu’un l’ayant insulté, mon père en un instant l’étendit à ses pieds ! 

Mais, mon cher ami, lui répondit son interlocuteur avec le plus grand sang-froid, c’était donc un cochon qui avait insulté ton père ?

« La Gastronomie : revue de l’art culinaire ancien et moderne. »  Paris, 1840.79225339
Image d’illustration : « Guillaume tell ».

Les conducteurs d’omnibus à l’Opéra

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antoine-blanchard

M. Cousset, député de Boussac, a la douce manie de vouloir « tomber » tous les ans l’Opéra, dont les dépenses lui semblent inutiles.

Il s’en est pris spécialement cette fois aux danseurs, « ces êtres étranges qui viennent montrer leurs grâces callipyges sur la scène ».

Il veut bien faire grâce aux danseuses.

Mais, dit-il, pour les danseurs, qui ne sont là que pour soutenir les danseuses, je suis absolument sûr que, si l’administration de l’Opéra voulait prendre, à leur place, de simples conducteurs d’omnibus à 3 ou 4 francs par jour, elle réaliserait d’importantes économies.

On veut bien comprendre que la Chambre a eu là un moment de bruyante gaieté. Le président lui-même, malgré la sévérité de son emploi, a ri à ventre déboutonné.

« Journal artistique. »  Paris, 1891.
Illustration : Antoine Blanchard.

Hôpital silence

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La-Saint-Hubert-de-Strasbourg

Les internes de l’hôpital Lariboisière ont trouvé ingénieux de jouer du cor de chasse pendant la nuit.

Peut-être ont-ils pensé que leur directeur, M. Gallet, qui est en même temps librettiste d’opéras, aurait une indulgence spéciale pour une espièglerie de ce genre. Mais ils ont éprouvé que « cet homme assurément n’aimait pas la musique », du moins dans les conditions où ces messieurs voulaient l’en gratifier. M. Gallet a donc suspendu un interne de ses fonctions jusqu’au mois de janvier.

Les autres internes ont pris fait et cause pour leur camarade, et menacé de cesser leur service. Mais l’incident a été de peu de durée, et tout est rentré promptement dans l’ordre.

« Gazette littéraire, artistique et bibliographique. »  Paris, 1890.
Illustration : « La Saint-Hubert de Strasbourg. »