Orléans

Une statue pour Piéronne

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époque-médiévale

Les Bretons de Paris cherchent toutes les occasions de faire du bruit, c’est-à-dire d’être des Bretons bretonnant. Donc les Bretons qui sont à Paris ont réuni un comité d’organisation pour élever une nouvelle statue.

A qui le tour ? A la belle Piéronne (ou Perrinaïc). Vous ne la connaissez pas ? C’est tout simplement la compagne de Jeanne d’Arc, qui neuf mois avant le supplice de la Pucelle à Rouen, fut brûlée vive sur le parvis de Notre-Dame de Paris par messieurs les Anglais.

Ce monument en granit de Keroman, serait dressé sur l’une des collines armoricaines, le Menez-Bré, d’où l’on découvre les régions de Tréguier, de Cornouailles et de Goëlo et, tout au Nord, à l’horizon, la mer anglo-bretonne.

Il parait que la Commission de la statue ne renfermera que des femmes bretonnes ? Est-ce une grande indiscrétion de demander si elles seront toutes douées de la vertu de la pucelle d’Orléans ?

« La Grande revue. »  Paris, 1891.
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Le gardien se fait la belle

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poilus-prisonniers-allemands.

Le Conseil de guerre d’Orléans vient de condamner à deux ans de prison le soldat Raynaud, et les débats de l’audience furent dignes de ces tribunaux comiques, dont parla Jules Moineaux, père de notre Courteline.

Or donc, le soldat Raynaud était occupé à la garde d’une vingtaine de prisonniers boches, lesquels moissonnaient chez M. Courtier, agriculteur. Certain jour d’août, où Phœbus dardait trop ardemment, Raynaud s’en fut boire au prochain village, laissant là ses vingt prisonniers. Ceux-ci, d’un mouvement rythmique et discipliné, continuèrent à faucher. Cependant, ne voyant point revenir leur gardien, à l’heure du souper, ils prirent la sage résolution de rentrer à la ferme. Raynaud, ayant bu avec abondance dormit abondamment dans les blés et ne rentra que le lendemain. Mais il se dit que puisque ses prisonniers travaillaient tout seuls et rentraient d’eux-mêmes, il pouvait s’octroyer une petite permission de 48 heures.

C’est cette permission qui l’amena devant le Conseil de guerre. Ses prisonniers déposèrent à son avantage. L’un d’eux raconta qu’ayant cherché leur gardien partout, ils avaient compris qu’il s’était échappé. Et le fermier déclara qu’il n’avait jamais eu un aussi bon gardien que Raynaud.

Le Tribunal rit aux larmes… mais punit.

« Le Carnet de la semaine. »  Paris, 1917.
Illustration : Prisonniers allemands, surveillés par des poilus. Photographie de presse. Agence Rol. 1917 (avec mon profond respect).