ovation

Un auteur sûr de lui 

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cyrano

Au cours de la représentation gratuite de Cyrano, M. Edmond Rostand, touché de l’ovation que lui fit le public, voulut témoigner d’une manière tangible sa  satisfaction. 

Il envoya chercher toutes les oranges qu’on pût trouver, et les fit distribuer aux spectateurs.

Voilà un geste qui, pour d’autres auteurs, risquerait dangereusement d’entraîner au jeu de massacre. 

Photo : Daniel Sorano. « Cyrano de Bergerac. » Claude Barma, 1960.

Snobisme

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jeanette-macdonald.

Une des principales vertus du snobisme est l’émulation qu’il prodigue à toutes les personnes qui veulent conquérir une place qu’elles n’ont pas. Montmartre, qui, tout de même après un dîner au Café de Paris, est le cabaret où se croisent les étoiles de la rampe, de l’écran et des salons, a été, la semaine passée, le théâtre d’un demi-scandale.

Chaque table était occupée par des figures connues, Gloria Swanson, Lucienne Boyer, Joséphine Baker, Jeanette Mac Donald que saluèrent d’affectueuses ovations. Le public insista pour que Joséphine Baker exécutât un tour de chant… gratuit. Souriante, celle-ci ne se fit pas prier. Son succès fut énorme et, pour la remercier, des dames lui offrirent un gros bouquet de violettes, que la vedette du Casino de Paris partagea spontanément entre les danseuses du French Cancan. N’est-ce pas là le geste d une véritable étoile et mieux encore celui d’une femme de cœur ?

josephine-baker

Par contre Jeanette Mac Donald qu’on réclama longtemps à son tour, demeura rigide dans sa dignité d’altesse de cinéma, et ne répondit ni par un salut ni même par un sourire, à tel point qu’un « hou » réprobateur succéda bientôt aux cris de « Jeanette ».

La petite Américaine n’a pas encore la manière.

« Marianne : grand hebdomadaire littéraire. »  Paris, 1933.

Aux concerts populaires

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berlioz

Jules Pasdeloup faisait exécuter les oeuvres de Berlioz avec un soin tout particulier, et ces compositions, accueillies froidement ailleurs, étaient là l’objet d’ovations enthousiastes.

Pendant quelques mois, une contrefaçon des Concerts populaires s’était établie dans le théâtre du Prince-Impérial. On y jouait aussi quelques pages de Berlioz, mais sans trop de succès.

Hector Berlioz revenait tristement, un dimanche, de l’un de ces concerts. Sur le boulevard, il rencontre un ami :

Eh bien, lui dit celui-ci, vous venez du concert de là-bas ?…
Oui, de là-bas, du côté de la Roquette…
Et comment avez-vous été exécuté ?
Comme un criminel ! répond Berlioz.

« Dictionnaire encyclopédique. » Victor Fournel. Paris, 1872.