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L’esclavage à Batavia

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On nous assure continuellement, et de la façon la plus grave, que l’esclavage n’existe plus sous aucune législation civilisée. Aussi savourerez-vous cette petite annonce prise dans un journal de Batavia :

« Livraison au plus bas prix : bons bœufs de trait de Madura; magnifiques bêtes de boucherie de Madura; travailleurs jeunes, sains et bien bâtis de Java-Est, hommes et femmes à 6o gulden (123 francs) franco Belawan; chevaux de selle et de voiture de l’île de Rotti.En nous recommandant à votre bienveillance : H. Leecksma Kzn Soeragaïa. »

Il y a aussi, dans ce pays, des comptoirs fort bien achalandés, si l’on en juge par ce prospectus :

« Nous livrons des travailleurs jeunes, sains et bien bâtis de Madura, de Java, des îles de la Sonde, ainsi que des Chinois. Nous nous chargeons aussi d’exécuter toutes les commandes des bêtes de boucherie et de trait. »

N’oublions pas que Batavia appartient à la Hollande, dont la capitale est La Haye, où se tiennent les assises de la paix, et où semble être fondé d’une façon définitive le tribunal d’arbitrage. Aussi ne doutons-nous pas que le gouvernement de la jeune Reine ait bientôt mis ordre aux fantaisies des esclavagistes de la Sonde.

« Le Journal du dimanche : gazette hebdomadaire. »  Paris, 1905.

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Heureux temps

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C’était en 1809. Napoléon était au château de Schönbrunn près de Vienne. Il venait de battre l’Autriche.

Un jour qu’il passait une revue, le grand maréchal du palais remarqua un jeune homme, tenant un papier à la main, qui cherchait à s’approcher de l’empereur. Il éveilla les soupçons. On l’arrêta. Il était porteur de deux poignards.

Il avoua nourrir le projet d’assassiner Napoléon. Ce dernier le fit interroger.

C’était un jeune Allemand qui répondait posément. Il avait la conscience de remplir un devoir. En supprimant l’empereur, il sauvait l’Allemagne.

 Et si on vous laisse libre, lui demanda-t-on, que ferez-vous ?
— Je recommencerai, répondit-il.

Napoléon, fort troublé, fit appeler son ministre Champagny.

Tout cela, lui dit-il, fait supposer une agitation qui peut nous être funeste. Faites des concessions à l’Autriche, je veux que la paix soit signée cette nuit.

Elle le fut.

Heureux temps où la paix se signait en une nuit !

C’est Champagny lui-même qui raconte ce fait dans ses souvenirs.

« La Grande guerre par les grands écrivains. » Messidor, Paris, 1919.