Palais de Justice

Coup de pub

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charles boyerA-t-on ou n’a-on pas arrêté Charles Boyer ? Ce sympathique artiste a-t’il été victime d’une méprise, d’une brimade ou d’un mauvais plaisant ?

Toutes les demoiselles de Paris et d’ailleurs sont bien anxieuses, car cet aimable garçon, qui joue les gangsters élégants et manie la mitraillette avec une gracieuse désinvolture, a fait des ravages dans bien des cœurs.

Or, on nous apprend que Charles Boyer tournait l’autre jour un nouveau film dans le Palais de Justice et la prison de Saint-Omer. Le gardien-chef, trop bien trompé par le scénario et la mise en scène trop fidèles, mit incontinent Charles Boyer sous les verrous. boyer-berleyIl fallut parlementer et on eut beaucoup de mal à faire libérer l’acteur professionnel prisonnier amateur. Mais un journal nous apprend qu’à la même date exactement, M. Charles Boyer était à Hollywood.

Une seule explication : le chef de publicité de M. Charles Boyer s’est trompé et a fait publier un peu prématurément un communiqué ingénieux…

« Vendredi. » Paris, 1938.

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mexicoIl a été beaucoup question cette semaine, à propos d’un article de revue, de la façon dont les Américains comprennent la publicité.

On a cité des chiffres colossaux donnant le total de ce que certains industriels dépensent là-bas pour leurs annonces. Nous ajouterons à ces statistiques une anecdote authentique qui nous a été contée par un témoin oculaire, laquelle anecdote donne le la de la réclame de l’autre côté de l’Atlantique.

Dans une des républiques de l’Amérique du Sud, où les révolutions sont à l’état chronique, un complot venait d’avorter. Le président fait pendre les trois principaux meneurs, et ordonne que pour l’exemple leurs corps resteront attachés pendant quinze jours au-dessous de la façade du palais de justice.

Le lendemain matin, un Barnum de l’endroit avait trouvé moyen de faire suspendre aux jambes des trois pendus de grandes pancartes annonçant la mise en vente de je ne sais quel produit !

Nous ne sommes pas encore de cette force là !

« Le Journal amusant. » Paris, 1874.

Un prisonnier politique 

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ane

A Barcelone, en février 1936, deux partis se disputaient les voix catalanes : les conservateurs autonomistes, d’une part, et les autonomistes de gauche, d’autre part.

La veille des élections, la rue Pelayo connut le plus bel embouteillage qu’on ait jamais vu à Barcelone : un âne venait d’être livré à lui-même sur la chaussée et s’y tenait immobile et méditatif, ses longues oreilles sourdes au concert de vociférations et de klaxons des chauffeurs. Mais les vociférations se changèrent bientôt en une rigolade intense quand on vit que l’âne en question, ingénieusement tondu, portait sur le flanc cette inscription : « J’appartiens au front d’ordre (le front national de chez nous). » 

Un garde municipal se dévoua, mit la main à l’encolure de l’animal et l’emmena incontinent au commissariat de police. De là, le baudet fut envoyé derechef au Palais de Justice, où il fut rondement jugé.

L’âne ayant transgressé à la loi qui fixe les modalités de propagande électorale, fut conduit illico aux écuries municipales, son incarcération dans une prison d’Etat présentant des inconvénients d’ordre matériel qui firent reculer les juristes catalans. 

Maître Aliboron fut détenu. 

La presse barcelonaise s’intéressa au prisonnier et réclama son élargissement. Cet âne, considéré comme prisonnier politique, bénéficiait du décret d’amnistie récemment promulgué. Quant à l’intéressé, il se trouvait, paraît-il, content de son sort. 

Illustration : Joseph Kuhn-Régnier.