Palais d’Hiver

Une bonne occasion de se taire

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alexandre-Ier

Au début du règne de Nicolas Ier, plusieurs conspirateurs, parmi lesquels le poète Relieff, furent condamnés à être pendus. Le poète fut amené le premier au gibet.

Au moment où, après lui avoir passé le noeud coulant, le bourreau monta sur ses épaules pour le lancer dans l’espace, la corde, trop faible, cassa, et Relieff roula sur l’échafaud ensanglanté et meurtri.

On ne sait rien faire en Russie, dit-il en se relevant sans pâlir, pas même tisser une corde.  

Comme les accidents de ce genre avaient pour conséquence ordinaire la grâce du condamné, on envoya quelqu’un au Palais d’Hiver pour connaître la volonté du tsar.

 Qu’a-t-il dit ? demanda Nicolas.
— Sire, il a dit qu’on ne savait pas même tisser une corde en Russie.
— Eh bien, reprit Nicolas, qu’on lui prouve le contraire. 

Victor Fournel. « Dictionnaire encyclopédique. » Paris, 1872.

Les artistes et les princes

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paderewski (2)

L’illustre pianiste Paderewski, nous raconte Comoedia, venait de jouer, au Palais d’Hiver, à Saint-Pétersbourg, devant un auditoire composé des plus hautes, personnalités de la cour. 

L’enthousiasme était immense. A l’issue du concert, le tsar Nicolas II fit mander dans sa loge le virtuose, désirant le féliciter lui-même :

Monsieur, lui dit-il vous êtes un admirable artiste, et la Russie s’honore de vous compter au nombre de ses enfants !  

Ignacy Paderewski se redressa et, regardant dans les yeux l’empereur de toutes les Russies :

Pardon, sire, dit-il, je ne suis pas Russe, je suis Polonais !  

Le lendemain, Paderewski était reconduit à la frontière allemande…

« Ma revue. » Paris, 1908.