paquebot

Savants réactionnaires

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great-westernLes savants seraient-ils comme les simples mortels, en proie à jalousie ? En fait, ils ne se montrent pas toujours favorables aux innovations.

En 1836, lorsqu’il était, question d’établir un service régulier de paquebots à vapeur entre l’Angleterre et l’Amérique, Lardner un professeur de Londres, prouva par une série de profonds calculs, que l’entreprise était impossible et, à Bristol, dans une conférence publique tenue à cet effet, il déclara en propres termes qu’essayer de traverser l’Atlantique avec les paquebots à vapeur serait aussi insensé que de prétendre aller dans la lune.

Pendant ce temps on construisait le Great Western qui, en avril 1838, sans s’inquiéter de l’algèbre du professeur Lardner, partait de Bristol, et arrivait quinze jours après à New York, en même temps que le Sirius, autre bateau à vapeur parti trois jours avant lui de Cork (Irlande).

Il eût été curieux de voir à cette époque la figure du savant professeur.

Gazette de France, 1891.
Illustration : Mark Myers.

Aventures de fauves

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lionceaux

Un avion américain appartenant à une firme cinématographique transportait un lion vivant quand survint la fâcheuse panne. L’aviateur, qui survolait une forêt, dut descendre avec son colis et se poser sur un arbre de dimensions heureusement (du moins, nos bons Américains le racontent ainsi !) respectables.

Il resta deux jours dans cette position critique avec la peur que le lion ne rompît les parois de sa cage. Il chantait pour essayer de le charmer, en se rappelant l’histoire d’Orphée. In petto il déchantait fort. Enfin, il fut sauvé. Mais l’alerte avait été chaude. Le lion n’avait eu aucun mal.

Mais voici mieux. Le Saint-Etienne, paquebot français, transportait en Angleterre un chargement de fauves destinés à des jardins zoologiques de Londres et de Manchester quand une chaudière éclata. Le navire commençait à sombrer et le capitaine avait ordonné de mettre les embarcations de sauvetage à la mer quand survinrent sur le pont des tigres et des gorilles, prétendant sans doute être aussi sauvés.

Du coup, les hommes de l’équipage, épouvantés, se réfugièrent dans la cale, déjà remplie d’eau. Les animaux les suivirent. Les matelots durent alors se défendre à coups de hache et de revolver.

Le navire Duke of Westminster passa alors.

Nous n’en savons pas davantage pour l’heure, la dépêche de Hambourg, relatant le fait, n’en disant pas plus.

Quel romancier d’aventure eût imaginé pareil drame ? Cela dépasse les concepts les plus fantastiques, les cauchemars les plus inouïs.

« Comoedia. » Paris, 1927.

Illustration : Deux petits lions arrivant à Croydon et destinés au Zoo de Londres : [photographie de presse] / Planet

L’Ile-de-France

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île-de-France

C’est le plus vaste et le plus rapide des paquebots lancés depuis la guerre. Les privilégiés qui assistèrent à son inauguration ne cachèrent point leur émerveillement. Car tout, dans cette prodigieuse ville flottante, a été conçu d’une façon grandiose.

Quelques chiffres en donneront une idée. Ce transatlantique de cinquante-deux mille chevaux peut contenir, équipage et passagers, deux mille six cents personnes, soit la population de certaines de nos sous-préfectures. Sept cents convives tiennent à l’aise dans la salle à manger des premières. Le bâtiment, qui jauge quarante-trois mille cinq cents tonneaux, est long de deux cent quarante et un mètres; il a vingt-huit mètres de largeur et trente et un de hauteur.

On avait songé, primitivement, à le baptiser La Marseillaise ou La Paix. Noms évocateurs autant que glorieux. Celui qu’on lui a donné, L’Ile-de-France, est à la fois plus lumineux et plus poétique. On ne pouvait mieux choisir …

 « Les Annales politiques et littéraires. » Adolphe Brisson, Paris, 1927.