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Mystification et modestie

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Plusieurs de nos parlementaires ont dernièrement reçu une circulaire leur demandant de protester contre le long martyre du peuple Poldève opprimé par des tyrans sanguinaires. 

En réalité, le peuple Poldève n’existe point et le récit de ses souffrances appartient plutôt à la fumisterie qu’à l’histoire. Cela n’a pas empêché une dizaine de députés de répondre avec empressement à la circulaire en promettant leur « concours dévoué ». Pour ce que ça leur coûte ! 

La farce est bien amusante, mais, à notre humble avis, les mystificateurs triomphent trop bruyamment. Se croient-ils donc immunisés contre toute naïveté de ce genre ? Et oublient-ils que la somme de leur savoir est bien peu de choses à côté de ce qu’ils ignorent ? 

« La Revue limousine. » Limoges, 1929.

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Le million des Chartreux

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Si dans le monde parlementaire, on s’occupe de celle question, si même l’on découvre le pourquoi de celle affaire, le résultat aura moins de retentissement que si une commission composée de nos savants les plus éminents avait à dire pourquoi la « Bourgenine Dhenin » est employée avec succès par toutes les personnes souffrant d’insomnies, de vertiges, de maux de tête, etc.

C’est qu’alors tout le monde apprendrait, ce que beaucoup ignorent, à savoir que tous ces malaises prédisposant souvent à de graves maladies, ne sont que le résultat d’une constipation à laquelle on ne prête à tort aucune attention et qu’il suffit pour les voir disparaître de s’adresser à ce savant modeste qui dirige la pharmacie centrale de la rue Carnot à Versailles, et à qui nous devons ce spécifique merveilleux qu‘est la « Bourgenine Dhenin ».smiley-camillo-41x38

Revue Parisienne, 1904.

Plus fort qu’Harpagon

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picsou

Ce rentier de Lille qui avait oublié une somme de 90.000 francs dans un tramway, offrit une pièce de quarante sous à l’honnête employé lui rapportant celle fortune.

Le commissaire de police ouvrit une enquête et apprit que cet avare, titulaire d’un gros compte en banque, recevait des secours du bureau de bienfaisance ! Bien entendu, il sera rayé des listes de nécessiteux. Mais le brave employé né touchera pas pour cela plus que les quarante sous qui lui ont été offerts.

Ce qui prouve la nécessité d’une taxe obligatoire, proportionnelle à la valeur de l’objet trouvé, fonctionnant au bénéfice de celui qui le restitue. Allons, messieurs les parlementaires, qui en prendra l’initiative ?

« Les Potins de Paris : politiques, financiers, théâtraux. » Paris, 1929.
Illustration : « Picsou. »  ©Walt Disney.