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Une anecdote sur Lloyd George

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Beaucoup de gens disent à Londres de M. David Lloyd George, le nouveau « Premier » anglais : 

« Lloyd George, c’est l’homme qui, lorsque la porte lui est fermée, fait une brèche dans le mur. » 

Ce mot fait allusion à une aventure d’autrefois. Tout jeune avocat, M. Lloyd George fut consulté par un brave Gallois qui avait à se plaindre du pasteur de sa paroisse. Ce pasteur refusait de laisser enterrer un parent dudit Gallois dans le tombeau de famille, sous prétexte que le défunt appartenait a une secte religieuse dissidente. 

Passez outre, dit l’avocat à son client. 

Et le jour de l’enterrement,, il se présenta avec la famille aux portes du cimetière. Le garde en refusa l’entrée. Alors, sans hésiter, M. Lloyd George fit ouvrir une brèche dans le mur. Le cortège funèbre passa par cette voie et le corps fut placé dans le tombeau. 

Ce fut la première victoire remportée par M. Lloyd George contre la tradition.

« Le Pêle-mêle. » Paris, 1917.

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Scalps à gogo

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En l’année 1895, un pasteur protestant était parti au pays des Peaux-Rouges dans le but d’évangéliser ces farouches individus. Or, si ce brillant pasteur était plein de zèle, son crâne était aussi poli qu’un caillou du Rhin. Aussi, pour éviter des refroidissements et des névralgies, il avait mis dans sa valise une demi-douzaine de perruques abondamment fournies.

Le voilà parti… Il n’obtient que peu de succès. Et les Peaux-Rouges refusent non seulement de l’écouter, mais l’entourent menaçants et, après l’avoir attaché au poteau de la torture et exécuté autour de lui les danses les plus variées de leur répertoire, le condamnent au fatal et inéluctable supplice du scalp.

Puis, le chef de la tribu, qui devait s’appeler Oeil de Faucon ou la Panthère agile, s’approche de lui, et d’un coup de tranchant, d’un art merveilleux, lui enlève sa chevelure, c’est-à-dire sa perruque…

Déjà, les Peaux-Rouges demeurent un peu interloqués lorsqu’ils virent que le crâne ravagé du missionnaire n’est point sillonné par la moindre gouttelette de sang ; mais, sans doute ils se disent que la peur ayant glacé le sang dans ses veines, il n’a pu remonter jusqu’à la partie supérieure de son cerveau. Ils se retirèrent emportant triomphalement l’absalonienne crinière du pasteur qu’ils ont délivré de ses liens et abandonné à son malheureux sort.

Le missionnaire, qui a fait le mort ou du moins le malade, s’empresse, une fois ses ennemis disparus, de courir à sa valise et  se replacer sur le chef une seconde perruque. Mais le lendemain, le voilà qui se retrouve en face de l’Œil de Faucon qui le scalpa la veille. Celui-ci, en voyant sa victime, pousse un cri de terreur. Les cheveux ont repoussé dans la nuit ! Quel prodige ! Il appelle toute la tribu qui accourt et se met à vociférer des incantations magiques et à se prosterner devant le blanc qu’ils ne veulent plus scalper. Ils le vénèrent déjà comme une divinité.

Et voilà comment trois cent Indiens se convertirent au protestantisme !

« Magazine universel. » Paris, 1903.

Le fantôme de Borley

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Le fantôme de Borley

Le rectorat de Borley, dans l’Essex, en Angleterre, a connu des ennuis dès sa fondation vers 1860. Il se peut que son apparence d’édifice hanté (une monstruosité architecturale de trente pièces) y soit pour quelque chose.

Ses premiers locataires, le pasteur Henry Dawson, sa femme et leurs quatorze enfants, racontaient d’étranges histoires de bruits et prétendaient avoir vu à plusieurs reprises le spectre d’une religieuse. Après la mort du pasteur, son fils aîné, Harry Bull, assuma les charges de la cure de 1892 à 1927. Des événements hors du commun continuèrent de se produire. On voyait si souvent la religieuse que le domaine finit par être appelé la Promenade de la Religieuse. On prétendait même avoir vu un cocher sans tête conduire une diligence dont les chevaux crachaient le feu.

Les locataires suivants, le pasteur G. Eric Smith et sa femme, n’y demeurèrent que quelques mois et mirent leur départ précipité sur le compte de l’étrangeté de ce qui se passait.

Enfin, arrivèrent le pasteur Lionel Foyster, sa femme Marianne et leur fille. Les histoires reprirent de plus belle et Marianne s’entêta même à soutenir qu’un fantôme l’avait giflée au visage et l’avait fait tomber de son lit.

Harry-Price
Harry Price

Le laboratoire britannique de parapsychologie décida de mener sa propre enquête. Son fondateur, Harry Price, passa une petite annonce dans le Times de Londres afin de trouver des gens disposés à l’aider à surveiller le rectorat hanté. L’annonce faisait appel à des observateurs objectifs, dotés d’esprit critique et intelligents. Price en prit quarante avec lui. Cette fois encore, il fut question d’objets qui se déplaçaient et de bruits inexplicables. Le commandant A.B. Cambell raconta avoir été frappé par une savonnette volante tandis qu’un autre bénévole, un professeur de philosophie du nom de C.E.M. Joad, affirma avoir vu un thermomètre descendre de 10 degrés sans raison apparente.

Les Foysters finirent par abandonner les lieux et Price lui-même s’y installa. Il put alors signaler des phénomènes très divers. Assez en tout cas pour remplir un livre. Ce qu’il ne manqua pas de faire par la suite. Après sa mort, certaines mauvaises langues prétendirent pourtant que Price avait lui-même fabriqué certains phénomènes et qu’il en avait grossi d’autres pour attirer l’attention.

Harry Price aux côtés du révérend et de sa famille.
Harry Price aux côtés du révérend et de sa famille.

Les choses prirent une autre tournure après l’incendie qui rasa l’édifice en 1939. Le révérend W.J. Phytian-Adams, un chanoine de Carlisle, au Canada, émit alors l’hypothèse qu’il se pouvait que la religieuse que l’on avait si souvent vue n’ait pas été anglaise, mais française. On racontait en effet qu’une femme du nom de Marie Lurie avait déserté son couvent au XVIIIème siècle pour s’enfuir avec son amant. Elle serait venue en Angleterre, mais son vaurien d’amant l’aurait assassinée. Après l’avoir étranglée, il l’aurait enterrée sous les fondations de l’édifice qui se trouvait à l’endroit où le rectorat de Borley fut construit ultérieurement. Après l’incendie, on découvrit réellement une tombe qui contenait en effet quelques reliques religieuses et un crâne de femme.

Il semble que la destruction du rectorat ait mis fin aux pérégrinations de la religieuse, mais l’histoire ne s’arrête pas là: une équipe de chercheurs qui faisait des fouilles sur le site a entendu d’étranges bruits dans la nuit, a enregistré de surprenantes variations de température, a aperçu des feux d’origine inconnue et détecté des odeurs inhabituelles dans les ruines.

« Les phénomènes étranges du monde. »  Robert Laffont.