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Hésitation

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vampire dusseldorfUn journal de Berlin écrivait récemment à propos du Vampire de Dusseldorf, les lignes suivantes : 

« Le ministre de la Justice de Prusse se trouve devant une pénible alternative : c’est de lui que dépend l’exécution de la condamnation à mort prononcée contre Peter Kürten. Se décidera-t-il pour la guillotine, ou pour la transmutation de la peine ?

On pourrait croire qu’en présence d’un cas pareil, l’hésitation n’est pas permise. Mais depuis plusieurs  années, les partis de gauche font en Allemagne une vive campagne contre la peine de mort. La réforme du Code pénal étant à l’étude, ils ont résolu, dans les pays où leurs délégués sont au pouvoir, de suspendre l’application de cette peine jusqu’au vote de la nouvelle loi. En Prusse, par exemple, la guillotine chôme depuis quelque temps. 

On conçoit l’hésitation du ministre, pris entre l’opinion publique (qui dans le cas présent, exige l’exécution du condamné) et ses principes, qui sont ceux de son parti. » 

L’opinion publique a triomphé. Kürten a été exécuté jeudi dernier 

« Chantecler. » Tananarive, 1931.

Y a-t-il un bourreau dans la salle ?

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L’horreur du peuple grec pour la peine de mort est très caractéristique. Le Code pénal grec date du règne du roi bavarois Othon; il n’est que la copie des dispositions de la loi bavaroise, et il prévoit la peine capitale dans un grand nombre de cas, même pour le brigandage, alors qu’il n’y a pas eu de sang versé.

Néanmoins on n’a pas souvenance qu’une exécution ait eu lieu dans le royaume. La raison en est simple; on ne trouve pas de bourreau, et les citoyens qui accepteraient ces fonctions seraient, par horreur de la peine de mort, assommés par la population.

Aujourd’hui, néanmoins, la Grèce à deux bourreaux, anciens condamnés graciés, qui ont accepté leurs fonctions pour une durée de huit ans. Ces deux malheureux ont été internés par mesure de prudence dans les rochers du golfe de Nauplie, où ils sont protégés par un poste militaire.

« La Revue des journaux et des livres. » Paris, 1885.

Plus récent : http://www.lepetitjournal.com/athenes/societe/168018-droit-la-peine-de-peine-et-la-grece

Inauguration de la guillotine

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guillotine

On a mis la dernière main à la guillotine; on ne saurait imaginer un instrument de mort qui concilie mieux ce qu’on doit à l’humanité et ce qu’exige la loi, du moins tant que la peine capitale ne sera point abolie. On devrait bien aussi perfectionner le cérémonial de l’exécution, et en faire disparaître tout ce qui tient à l’ancien régime.

Cette charrette dans laquelle on mène le condamné, et dont on fit grâce à Capet, ces mains liées derrière le dos, ce qui oblige le patient à prendre une position gênante et servile; cette robe noire dont on permet encore au confesseur de s’affubler, malgré le décret qui défend le costume ecclésiastique: tout cet appareil n’annonce pas les mœurs d’une nation éclairée, humaine et libre. Peut-être même est-il impolitique de laisser un prêtre assister un contre-révolutionnaire, un conspirateur ou un émigré à son dernier moment. L’ascendant de la religion peut porter le criminel à confier des choses importantes à un confesseur disposé à en abuser par la suite.

Un autre reproche à faire à ce supplice, c’est que, s’il épargne la douleur au condamné, il ne dérobe pas assez aux spectateurs la vue du sang; on le voit couler du tranchant de la guillotine, et arroser en abondance le pavé où se trouve l’échafaud. Ce spectacle repoussant ne devrait point être offert aux yeux du peuple; et il serait très aisé de parer à cet inconvénient plus grave qu’on ne pense, puisqu’il familiarise avec l’idée du meurtre, commis, il est vrai, au nom de la loi, mais avec un sang-froid qui mène à la férocité réfléchie.

N’entend-on pas déjà la multitude dire que ce supplice est beaucoup trop doux pour les scélérats qu’on a exécutés jusqu’à présent, et dont plusieurs, en effet, ont eu l’air de braver la mort ? Le peuple se dégrade en paraissant vouloir se venger au lieu de se borner à faire justice.

« les Révolutions de Paris. » Louis-Marie Prudhomme, Paris,1789,1794.