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Les petits passagers du Titanic

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En 1912, quand le luxueux paquebot Titanic largua les amarres pour entamer sa première traversée de l’Atlantique, beaucoup de passagers avaient emmené avec eux leurs animaux de compagnie. On comptait au moins neuf chiens à bord pour lesquels les propriétaires avaient payé demi-tarif. Autant dire que seuls des passagers de première classe s’étaient offerts le luxe d’emmener leur chien avec eux.

Le 15 avril, le tragique destin de ce paquebot légendaire voulut qu’il heurta un iceberg et sombra. Dans la mesure où plus de deux mille personnes se disputaient l’accès aux rares canots de sauvetage, on aurait pu penser que le sort des animaux du bord serait apparu comme de peu d’importance. Et pourtant, Miss Margaret Hays de New York prit son loulou de Poméranie avec elle dans le canot n°7. Henry Sleeper Harper, de la famille du grand éditeur, emmena son pékinois Sun Yat Sen dans le canot n°3. Un spécialiste du naufrage du Titanic, Marty Crisp, pense qu’un troisième chien aurait survécu à la catastrophe en suggérant qu’Elisabeth Barret Rothschild, la femme du magnat du cuir Martin Rothschild qui lui-même y laissa la vie, embarqua avec son loulou dans le canot n°6. 

Tous les animaux de compagnie qui se trouvaient sur le paquebot n’ont pas eu cette chance, malheureusement. Le magnat de l’immobilier, le colonel John Jacob Astor, réussit à faire évacuer son épouse qui était enceinte mais lui-même, son airedale Kitty et un autre chien ne survécurent pas. Le banquier Robert Williams Daniel fut remonté à bord d’un canot tandis que le paquebot s’enfonçait dans les flots. On repéra son bouledogue en train de nager mais l’homme et le chien ne furent jamais réunis.

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D’après la légende du Titanic, le paquebot possédait aussi une mascotte qui appartenait au premier  officier: un terre-neuve du nom de Rigel. Un article de journal de l’époque a révélé que Rigel serait parvenu à surnager environ trois heures, espérant que son maître referait surface et, ce faisant, il aurait empêché le canot n°4 de chavirer après avoir été percuté par le Carpathia qui s’était porté au secours des passagers. Mais la question reste ouverte, certaines personnes prétendant que Rigel n’a jamais existé. Dans les eaux glacées, les gens mouraient de froid en moins de dix minutes, aussi aurait-il été impossible qu’un terre-neuve survécût aussi longtemps, malgré sa fourrure et ses aptitudes exceptionnelles dans l’eau. 

« Petite anthologie du chien. » J.A. Wines, Le pré aux clercs.     

L’histoire du chien Pâquerette

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La légende rapporte qu’au XVIe siècle l’empereur de Chine souhaitant honorer la reine Elizabeth 1ère, lui fit parvenir le présent le plus fabuleux qu’il pouvait trouver: un couple de pékinois.

Une princesse royale fut choisie pour accompagner les chiens jusqu’en Angleterre. Pendant le voyage, le mâle eut toute liberté pour circuler sur le pont du bateau, mais la femelle resta confinée, bien à l’abri dans un magnifique coffret en ivoire sculpté. Les cinq chiots qui naquirent pendant la traversée demeurèrent eux aussi dans le luxueux coffret.

Le bateau fit escale dans un port français où la princesse et les chiens furent transférés sur un autre navire afin d’effectuer la dernière partie du voyage. Mais ce second équipage, superstitieux, se persuada que la princesse était un démon déguisé et que le coffret en ivoire n’était autre qu’un trésor. Lorsque le navire approcha des côtes de Cornouailles, une tempête se leva et l’équipage en tint responsable la princesse.. Les marins pénétrèrent dans sa cabine et l’un d’eux, introduisant sa main à l’intérieur du coffret en ivoire pour s’en emparer, fut bel et bien mordu. Cet incident démontra, si cela était encore nécessaire, que la princesse voulait du mal à l’équipage qui jeta aussitôt par-dessus bord, dans une mer démontée, et la princesse et le coffret en ivoire.

Plus tard, un habitant de la côte retrouva à Land’s End le corps de la princesse ainsi que le coffret en ivoire. Quand il ouvrit le coffret, la petite chienne vivait encore, mais à peine. Elle regarda l’homme creuser une tombe et enterrer la princesse et ses petits, puis déposer sur la terre des pâquerettes en forme de croix. L’homme plaça ensuite la petite chienne au centre de la croix de pâquerettes où elle rendit son dernier soupir.

Le bateau arrivé au port, tout le monde se précipita pour passer au peigne fin toutes les plages dans l’espoir de retrouver le trésor. Entre-temps, le marin qui avait été mordu était mort, et des rumeurs commençaient à circuler selon lesquelles un chien fantôme avait été aperçu en train de garder la tombe de la princesse. Il ne fallut pas longtemps pour que la légende se répandît et que plus personne ne se risquât à fréquenter le lieu du malheur, de peur de se faire mordre par le fameux chien et d’en mourir à son tour. Vers 1850 courait encore le bruit qu’un jeune garçon qui avait trouvé dans le secteur un morceau d’ivoire avait aussitôt ressenti comme une morsure, et bien que sa blessure ne fût que légère, il décéda peu après.

« Petite anthologie du chien. »  J. A. Wines