péplum

République et ingratitude

Publié le

la-semeuse-roty

Celle qui posa pour la semeuse de Roty vient de mourir au Creusot, oubliée, ignorée, dans la misère.

Roty l’avait vue un jour, pieds nus dans la bruyère d’un plateau du Cantal, couverte d’un vêtement léger dont l’artiste fit un péplum, et son profil délicat illuminé par les rayons du soleil. Il lui offrit 20 francs pour poser et Maria, c’était le nom de la jeune femme, devint ainsi la Marianne des pièces de monnaie de la République française.

Elle n’en récolta aucune gloire. Pendant près de cinquante ans, elle exerça l’humble métier de revendeuse sur les marchés de la région. Se doutait-elle de l’usage que l’artiste comptait faire de son portrait ? Lorsque vieillie, cassée, misérable, elle frappa aux portes des mairies en excipant de ses droits à quelques égards. On la crut folle.

C’est un dernier témoignage, émanant d’une vieille amie du graveur, qui  vient de dissiper les doutes.

Il est arrivé trop tard.

« Les Potins de Paris. » Paris, 1929.