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Perles hantées

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Tout étudiant des sciences psychiques sait bien qu’il y a des maisons hantées, et des personnes hantées, et cette dernière catégorie se rapporte aux cas qu’on appelle « le poltergeist ». C’est à dire les personnes autour desquelles les objets sont violemment projetés sans aucune action physique. Des cas du caractère le plus étonnant se présentent souvent, mais la question n’est pas encore déterminée si cette « infestation physique » (pour employer le terme du Professeur Bozzano) ne se trouve pas dans de plus petites choses, inanimées par exemple les vêtements ou les bijoux.

L’idée est peut-être un peu inquiétante, car cela nous conduit sur le terrain douteux et glissant des malédictions et des influences malignes, qui, à ce qu’affirme la tradition, sont attachées à bien des joyaux historiques. Toutefois, il est parfaitement certain qu’on ne peut pas toujours négliger ce sujet, et qu’il faudra l’étudier sérieusement un de ces jours. Il faut noter que des cas de ce genre arrivent quelquefois, et tout récemment un cas très frappant vient d’être rapporté dans un numéro du Zeitschrift fur Parapsychologie par la Baronne Von Dalwigk.

C’est l’histoire d’un collier de perles qui, originaire des Indes, était en possession de la famille depuis 1701 et dont les perles sont « vivantes ». En ce moment, il appartient à la Comtesse Ellinor, soeur de la Baronne. Dernièrement, elle fit une visite à sa soeur et cette dernière s’aperçut que le fameux collier de perles était sans éclat, « malade », comme disent les experts, et on persuada la Comtesse de le porter constamment : les perles ainsi guérirent et reprirent leur éclat.

Deux semaines plus tard, la Comtesse reçut un choc nerveux, elle sentit les perles remuer sur son cou, La Baronne Dalwigk se moquait un peu et disait, à sa soeur que c’était seulement de l’imagination, mais la Comtesse pâlit et un étrange silence s’établit entre elles. Quelques nuits après, la Comtesse rêva avoir vu deux Hindoux masqués qui la menaçaient d’une revanche. Le matin suivant, un noeud très compliqué (qu’on appelle un noeud de pêcheur) était fait dans le collier. Noeud impossible à faire sans couper le cordon, car le fermoir était fermé. La Comtesse Ellinor, effrayée, refusa de le porter.

La Baronne la persuada de mettre le collier le jour suivant. Elle faisait une promenade dans le jardin, quand subitement, la Comtesse cria d’une voix rauque en essayant de retirer les perles de son cou. sa soeur la conduisit vers un banc, et vit que le collier avait encore un double noeud, quoique le fermoir n’ait pas été touché.

A ce moment, le mari de la Comtesse commença de se troubler, il prit les perles, défit le noeud, mit le collier dans un écrin, enferma celui-ci dans une boîte dont il garda la clé dans sa poche. A son grand étonnement, le matin suivant, le cordon était noué de nouveau. A dater de ce jour, le phénomène eut lieu tous les jours, quelquefois trois fois dans la même journée.

Quelques semaines plus tard, à une réception donnée chez elle, la Comtesse accepta de porter les perles mystérieuses. Pendant que le collier de perles était sur la table, elle remarqua une chose étrange : son collier remua, se tordit, et après un effort, se dressa perpendiculairement droit comme une bougie.

Effrayée, et le front couvert d’une sueur froide, elle trouva assez de courage pour mettre sa main sur le collier et sentit une résistance qui dura quelques secondes avant qu’il ne retomba. Tout de même, elle trouva le courage d’attacher les perles autour de son cou. Aucun autre fait extraordinaire ne se produisit jusqu’au milieu du dîner, et subitement, la Comtesse cria, sa figure devint livide, ses cheveux se crispèrent et elle tomba inconsciente sur sa chaise.

Autour de son cou était une marque rouge comme du sang, large de deux doigts, et qui encerclait le cou entièrement : le cordon qui retenait les perles était brisé en plusieurs endroits. Pendant deux jours, la Comtesse ne recouvra pas l’ouïe et la marque autour de son cou dura quelques semaines.

Quand les perles furent présentées à un vieux bijoutier avec les morceaux de cordon, il secoua la tête et affirma que le cordon avait une grande force de résistance et ne pouvait être brisé que par un effort violent. Mais il regarda la Comtesse et lui dit :

« Il y a, Madame, de drôles de cas dans les vieilles chroniques de bijoux. N’est-il pas possible que vous soyez une de ces personnes naissant tous les mille ans et sur lesquelles les colliers de perles se nouent toujours ? Il y a beaucoup de tels cas dans l’histoire. »

Voici le sommaire de cette étrange histoire. Devons-nous supposer qu’une influence psychométrique existe dans le collier de perles lui-même, dont la puissance était rehaussée par des pouvoirs psychiques inconnus de la Comtesse, à un tel degré que cela ait produit des mouvements télékinétiques et même l’étrange fait de ce noeud compliqué qu’est le noeud de pêcheur.

C’est une question qui reste encore à étudier.

Dr. Nandor Fodor. « L’Astrosophie. » Carthage/Nice, 1931.
Peinture : Accard Eugène. 

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Les perles de la  Reine Elisabeth 

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Le 11 juin 1898, l’impératrice Elisabeth d’Autriche, trouvant que les perles d’un magnifique collier qu’elle possédait devenaient ternes et sans éclat, prit la décision de les plonger dans l’eau de mer et de les y laisser un certain temps, espérant qu’elles recouvreraient ainsi le superbe orient qu’elles avaient eu.

Un moine, aidé d’un pêcheur, se chargea alors de les cacher dans une anfractuosité de rocher sous la mer. C’était dans l’île de Corfou. Six mois après, le moine et le pêcheur devaient aller prendre le trésor dans sa cachette. A dater de ce jour, il semble qu’une force mystérieuse seule ait agi. Le 2 août de la même année, le moine fut appelé au chevet d’une vieille femme. Jamais on ne le revit et personne n’a jamais pu donner une explication à cette disparition. Au mois de septembre, l’impératrice tombait sous le poignard de Luigi Lucheni à Genève et en novembre, c’est-à-dire un mois avant la date fixée pour aller chercher les perles, le pêcheur fut trouvé noyé.

Les perles sont toujours dans leur cachette, où probablement la mer les conservera, à moins que… Le hasard fait tant de choses !