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Permission du troufion

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« La Baïonnette. » Marcel Arnac, Paris, 7 mars 1918.

Les femmes habillées en homme

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La Ligue pour l’émancipation des femmes voudrait, dit-on, modifier le costume féminin. A ce propos, les journaux ont publié la curieuse information suivante :

D’une manière générale, la Préfecture de police n’accorde de permission de travestissement que si le ou la pétitionnaire produit un certificat médical attestant la nécessité de ce travestissement. Des exceptions furent faites à cette règle, exigeant le certificat médical, pour Mmes Dieulafoy, Rosa Bonheur, une ex-artiste de la Comédie Française qui voulait assister à une partie de chasse, et, il y a longtemps, pour Marguerite Bellanger.

Il y a actuellement dix femmes à Paris ou en province qui sont autorisées à porter le costume masculin. Il faut compter une directrice d’imprimerie qui peut passer absolument pour un homme, une femme qui exerce la profession de peintre en bâtiment, une artiste peintre, une femme à barbe qui a figuré à l’Eden autrefois, deux personnes mal conformées, et, enfin, une femme qui, extérieurement, a tout à fait l’air d’un homme, tellement elle serait ridicule si elle portait les vêtements de son sexe.

D’autre part, un marchand de pommes de terre de la banlieue a été autorisé à porter constamment un costume de femme, à cause d’une infirmité qui lui rend impossible l’usage d’habits d’homme.

« Gazette française. » Paris, 1891. 

Le gardien se fait la belle

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Le Conseil de guerre d’Orléans vient de condamner à deux ans de prison le soldat Raynaud, et les débats de l’audience furent dignes de ces tribunaux comiques, dont parla Jules Moineaux, père de notre Courteline.

Or donc, le soldat Raynaud était occupé à la garde d’une vingtaine de prisonniers boches, lesquels moissonnaient chez M. Courtier, agriculteur. Certain jour d’août, où Phœbus dardait trop ardemment, Raynaud s’en fut boire au prochain village, laissant là ses vingt prisonniers. Ceux-ci, d’un mouvement rythmique et discipliné, continuèrent à faucher. Cependant, ne voyant point revenir leur gardien, à l’heure du souper, ils prirent la sage résolution de rentrer à la ferme. Raynaud, ayant bu avec abondance dormit abondamment dans les blés et ne rentra que le lendemain. Mais il se dit que puisque ses prisonniers travaillaient tout seuls et rentraient d’eux-mêmes, il pouvait s’octroyer une petite permission de 48 heures.

C’est cette permission qui l’amena devant le Conseil de guerre. Ses prisonniers déposèrent à son avantage. L’un d’eux raconta qu’ayant cherché leur gardien partout, ils avaient compris qu’il s’était échappé. Et le fermier déclara qu’il n’avait jamais eu un aussi bon gardien que Raynaud.

Le Tribunal rit aux larmes… mais punit.

« Le Carnet de la semaine. »  Paris, 1917.
Illustration : Prisonniers allemands, surveillés par des poilus. Photographie de presse. Agence Rol. 1917 (avec mon profond respect).