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Old Bill

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Il vient d’arriver aux braves Londoniens habitués du Jardin Zoologique de l’endroit une bien tragique mésaventure.

Depuis cent ans, ils avaient un perroquet favori qu’ils visitaient de père en fils avec fidélité. Il s’appelait Old Bill, il faisait des plaisanteries, on lui faisait des plaisanteries, et, de temps en temps, les journaux parlaient de lui.

Tout allait donc bien, et ce vieux garçon d’Old Bill coulait des jours paisibles… quand, il y a quinze jours, à peine, voilà-t-il pas qu’Old Bill, pond un œuf !

Old Bill n’était pas un garçon. Old Bill était une femme, avait-il trompé son monde, pendant un siècle !

Et les Anglais sont consternés.

« Le Journal hebdomadaire. »  Paris, 1927.

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Le perroquet de Lolotte

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On pouvait voir, la semaine dernière, un fort joli perroquet vert, perché sur un arbre du jardin de la Préfecture de la Seine, à l’Hôtel de Ville.

Le jardinier du Préfet essaya de l’apprivoiser. Mais, n’y réussissant pas, il l’inonda de sa lance, et le perroquet, les ailes toutes mouillées, fût obligé de se laisser approcher. Aussitôt qu’on l’eût amené au poste, nombre de dames du quartier vinrent le réclamer prétendant, chacune, qu’il était à elles. M. Picot, commissaire de police, se trouvait fort embarrassé, lorsqu’une vieille dame de la rue de Buffon s’étant présentée, le perroquet se mit à crier à tue-tête :

« Bonjour ma Lolotte ! »

Comme la dame s’appelait Charlotte, M. Picot n’hésita pas à le lui remettre. Les autres réclamantes auront à se pourvoir devant le juge de paix du quatrième arrondissement.

« Journal hebdomadaire. »  Paris, 1905.

Ingénieuse utilisation du perroquet

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L’administration des chemins de fer allemands tente, paraît-il (mais nous ne donnons cette bizarre nouvelle que sous toutes réserves) en ce  moment, une curieuse expérience.

Elle aurait fait placer dans plusieurs stations des bandes de perroquets auxquels on a appris à crier le nom de la station pendant tout le temps que le train stoppe en gare !

C’est une façon ingénieuse de remplacer les plaques indicatrices et les employés, qui d’ailleurs n’émettent souvent que des sons inarticulés et auxquels il est impossible de comprendre quoi que ce soit.

« Le Petit Français illustré. »  Paris, 1899.

Le perroquet délateur

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Un soi-disant grand amateur d’ornithologie vint se fixer à Douai. « , dit-il , je ne serai pas éloigné de la mer, je pourrai promptement me rendre à Calais, à Saint-Omer, communiquer avec les armateurs, les capitaines de vaisseau, et acheter de la première main les perroquets, les oiseaux-mouches, et enfin tout ce qui vient de rare de l’Afrique ou de I’Amérique, dans ce genre.»

En effet, ses voyages étaient très fréquents également au Havre, à Dieppe; et dans chaque tournée il achetait toujours des animaux ailés du Nouveau-Monde. Les curieux , les naturalistes venaient admirer sa collection vivante ou empaillée. Tantôt c’était une nouvelle importante qu’il recevait de son correspondant de Bruxelles, qui lui annonçait que feu Monsieur un tel, en mourant, avait laissé un cabinet d’oiseaux empaillés de la plus grande. beauté; tantôt des négociant de Paris lui faisaient des commandes, car il faisait également le commerce d’oiseaux, pour mieux masquer son manège secret. Ce prétexte spécieux lui fournissait donc une ample carrière pour faciliter sa contrebande, puisque dans un seul perroquet d’une certaine grandeur, il pouvait aisément fourrer de la dentelle, des voiles de tulle, des bijoux, de l’argenterie et autres valeurs.

Son stratagème avait donc un plein succès depuis longtemps, et il s’enrichissait considérablement, quand une fois qu’il revenait de Nivelles en Belgique avec une pacotille assez forte, il lui fut offert sur la route un perroquet par une personne qui voulait s’en défaire, vu qu’elle devait faire un long voyage. Cette personne était une actrice, ainsi l’on peut bien se figurer que l’animal-écho devait être parfaitement sifflé. Il savait des fragments de rôles très comiques chantait le grand opéra, et débitait des tirades de vers tout entières. Notre grand amateur l’avait eu pour dix louis, et ne l’aurait pas donné pour vingt-cinq, tant il était instruit et amusant.

« Tu feras mes délices, se disait-il, et tu ne me quitteras plus, à moins cependant que tu ne meures de ta belle mort, et alors, comme les autres, je te remplirai le ventre de dentelles »

Enfin, notre négociant arrive au bureau des douanes avec sa pacotille d’oiseaux vivants, empaillés (ces derniers bien nourris de marchandises), il paie quelques légers droits; quand se croyant entièrement libre de passer, et s’en félicitant tout bas, le maudit perroquet de l’actrice, qui avait une cage particulière, se met à répéter à plusieurs reprises. devant les douaniers:

« Je te farcirai le ventre de dentelles, je te farcirai le ventre de dentelles. »

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A cette exclamation indiscrète, les visiteurs étonnés conçoivent des idées étranges, puis des soupçons. La rougeur, l’embarras soudain du négociant, sa frayeur mal déguisée, son empressement à filer, et surtout sa maladresse de frapper le perroquet qui, cependant, ne cessait de crier à tue-tête: « Je te farcirai le ventre de dentelles. » tout décèle aux préposés quelque ruse cachée dans la gente emplumée , et ils veulent absolument découdre la peau d’un des oiseaux les plus volumineux. Plus le fraudeur, pris dans ses propres filets, oppose de difficultés, plus les soupçons se changent en certitudes. Bref, l’oiseau décousu, déplumé en partie, laisse à découvert tout le pot aux roses.

Saisie générale s’ensuit. Notre contrebandier confondu, plein de rage, aurait de bon cœur tordu le cou au maudit animal bavard; mais plus il le menaçait, plus il répétait à hauts cris : « Je te farcirai le ventre de dentelles. » On riait donc aux éclats, et le fraudeur lui-même ne pouvait s’empêcher de rire , malgré son malheur.

Cette folie courut toute la province. Le perroquet délateur fut porté à un prix fou; mais les douaniers ne voulurent pas s’en défaire. Placé sur le bureau même, son caquetage éveillait à chaque instant leur surveillance; et quand quelque chose de suspect venait à se présenter :

« Voyons bien, se disaient-ils entre eux, s’il n’y aurait pas là-dessous quelque farce de dentelles ! »

« Les Farces nocturnes des contrebandiers et des fraudeurs. »   éditions Corbet, Paris, 1821.