philosophe

Visite matinale 

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fontenelle

Voici un mot d’esprit qui a un double mérite : il procède d’un sentiment bien humain et… il n’est pas attribué à Tristan Bernard :

Fontenelle, âgé de quatre-vingt-dix ans, se présenta un beau matin chez une actrice de ses amies, Mlle Duval. Cette dernière, qui était encore au lit, se leva rapidement pour accueillir son visiteur qui fut aussitôt introduit. 

— Vous voyez, dit-elle, je m’habille pour vous recevoir.
— Hélas ! murmura le vieux philosophe

Gab. Chad. Limoges, 1929.
Peinture de Louis Galloche.

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L’invention

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j-wely

Qui est l’inventeur des jarretelles ? Je vous le donne en cent, je vous le donne en mille, comme disait Mme de Sévigné. Ce n’est autre que le philosophe Emmanuel Kant, le grave auteur de la Critique de la raison pure, mort en 1804.

Par crainte d’arrêter la circulation du sang, il ne portait pas de jarretières. Il avait inventé pour les remplacer un appareil compliqué que décrit minutieusement son biographe, Thomas de Quincey.

« Dans une pochette de la dimension d’un gousset de montre et située à peu près à la même place au-dessus de chaque cuisse était placée une petite boîte ronde. Elle renfermait un ressort d’horlogerie en spirale autour duquel était disposée une cordelette. Aux deux extrémités de cette cordelette, des agrafes passaient à travers une petite ouverture des goussets, descendaient le long des côtés internes et externes de la cuisse et allaient saisir deux oeillères fixées à la partie extérieure et intérieure de chaque bas. » 

Ainsi qu’on peut le supposer, toute cette machinerie était soumise, comme le système céleste de Ptolémée, à des dérangements occasionnels… Depuis, heureusement, messieurs les corsetiers ont notablement perfectionné et surtout simplifié cet attirail philosophique.

Paris, 1907.
Dessin : J. Wely.

Le derrière

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Jason-Town

Un soir qu’un Anglais soupait avec le philosophe de Ferney, la conversation tomba sur Shakespeare.

Voltaire s’étendit sur l’effet inconvenant et absurde que produisaient des caractères bas et des dialogues vulgaires dans la tragédie. Il s’appuya de beaucoup d’exemples pour prouver que le poète anglais avait souvent offensé le goût même dans ses pièces les plus pathétiques.

L’Anglais observa, pour excuser son compatriote, que ces caractères , quoique bas, étaient pourtant dans la nature.

— Avec votre permission, monsieur, répondit Voltaire, personne ne montre son derrière… il est pourtant dans la nature.

Joseph-François-Nicolas Dusaulchoy de Bergemont /Pierre Joseph Charrin. « Les soirées de famille. » Paris, 1817. 

Illustration : Jason Town.

Loup-garou, sorcellerie et boudin

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 Thorembais

A la limite de Thorembais St-Trond, Thorembais-les-Béguines et Perwez, il existe au croisement du chemin une énorme pierre, espèce de monolithe où furent brûlées jadis des sorcières.

Il y a encore un lieu dit « Buisson des Sorcières », où elle se réunissaient la nuit. Mais la place principal de réunions et de danses des sorcières se trouvait aux 4 chemins entre Thorembais et Perwez. Bien souvent le soir on entendait, même du village, la musique des sorcières dans les airs. Un jour un habitant de Thorembais qui était loup-garou, fut trouvé étranglé par les sorcières, pour ne pas avoir bien rempli les devoirs de sa charge.

Il existait également à Thorembais le « moulin du philosophe ». Ce nom de philosophe avait été donné au propriétaire du moulin, à cause de ses pouvoirs. Ce sorcier avait la spécialité d’attirer le boudin et chacun pouvait constater qu’il ne manquait jamais au moulin. Malheur à la fermière qui n’avait pas versé de l’eau bénite dans sa marmite à cuire les boudins… elle pouvait être certaine qu’après la cuisson elle n’en retrouverait plus qu’une partie et même plus du tout.

« Le Folklore brabançon : Bulletin du Service provincial de recherches historiques et folkloriques. »  Bruxelles, 1927.

Fruit défendu

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folie

Erasme, le célèbre écrivain philosophe du XVIe siècle, dont on ne lit plus guère aujourd’hui que L’Eloge de la Folie, tout en restant fortement attaché aux croyances chrétiennes, fit maintes fois la critique des abus qui s’étaient introduits dans le monde religieux.

Quand il écrivit ses Colloques, où il malmenait notamment certains ordres monastiques, et certains ecclésiastiques, dont les façons de vivre étaient loin de répondre à la formule et à l’esprit de leur voeu, cet ouvrage causa une grande émotion. Simon de Colline, l’imprimeur, qui s’attendait naturellement au bruit que le livre devait faire, n’en tira pas moins de vingt et un mille exemplaires; nombre que n’avait jamais atteint jusqu’alors aucune publication : mais pour en assurer la vente, il fit aussitôt répandre le bruit que le débit venait d’en être interdit. Il n’y avait rien de vrai dans cette assertion, qui cependant était vraisemblable, et toujours est-il qu’elle eut pour effet de faire vendre la totalité de l’édition, en fort peu de temps.

Cet imprimeur était homme d’esprit, qui savait l’attrait du fruit défendu.

« Ah ! le beau spectacle, écrivait Erasme, comme conclusion de son Eloge de la folie, si placé sur la Lune ou pouvait découvrir les agitations infinies des hommes ! On verrait une grosse nuée de mouches et de moucherons, qui se querellent, se battent, se tendent des pièges, s’entrepillent, jouent, folâtrent, s’élèvent, tombent et meurent. On ne pourrait jamais imaginer les mouvements, le vacarme, le tintamarre que l’homme, ce petit animal, qui par rapport à une durée infinie, n’a qu’une minute à vivre, excite à la surface de la terre. »

« Musée des familles. »  Charles Delagrave, Paris, 1897.

Le philosophe et le matelot

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bateau-de-pêche

Un philosophe demanda un jour à un matelot

Mon ami, où est-ce que ton père est mort ?

Dans un naufrage, répondit le matelot.

Et ton grand-père ?

Comme il allait à la pêche, il s’éleva une tempête furieuse qui le fit périr avec sa barque.

Et ton bisaïeul ?

Il périt aussi dans un navire qui alla se briser contre un écueil.

Comment donc, reprit le philosophe, oses-tu te mettre sur mer, puisque tous tes ancêtres y ont péri ? Il faut que tu sois bien téméraire.

Monsieur le philosophe, reprit le matelot, où est-ce que votre père est mort ?

Fort doucement dans son lit.

Et vos ancêtres ?

De même, fort tranquillement dans leur lit.

Eh ! monsieur le philosophe, dit le matelot, comment osez-vous donc vous mettre au lit, puisque tous vos ancêtres y sont morts ?…