physique

L’éducation d’un prince

Publié le Mis à jour le

Prince-héritier-Alexandre-de-Serbie

Les princes savent tout et sont parfaits en tout, chacun sait çà. Le jeune roi Alexandre de Serbie, tout jeune qu’il est encore (il n’a  que 15 ans), est déjà arrivé à cet état de perfection idéale et royale. En effet le Journal officiel de Belgrade vient de publier la note ci-après, laquelle ne laisse aucun doute à ce sujet :

S. M. le roi Alexandre a été examiné le 20 juin sur les matières suivantes : religion, géométrie, algèbre, physique, chimie, science des armes, histoire serbe, tactique, histoire universelle, langue latine, langue allemande, langue française, langue anglaise. Sa Majesté a mérité dans toutes les questions la note parfaitement bien.

Étaient présents : MM. les régents du royaume, S. S. le métropolite, M. le président du Conseil, le ministre de la guerre, le président du Conseil d’État, le ministre de l’instruction publique et le gouverneur de Sa Majesté.

Cela ne rappelle-t-il pas le Pancrace du Mariage forcé de Molière, lequel Pancrace  possède « superlative » fables, mythologie et histoire; grammaire, poésie, rhétorique, dialectique et sophistique; mathématiques, arithmétique, optique, onirocritique, physique et métaphysique, etc. ?

« Gazette littéraire, artistique et bibliographique. »  Paris, 1891.

Influence du moral sur le physique

Publié le Mis à jour le

Edvard_Munch La présente observation authentique mérite d’être extraite des journaux de médecine, en ce qu’elle ajoute un trait touchant à cette mystérieuse histoire de l’influence du moral sur le physique.

Une petite paysanne italienne, Lucia Marini, âgée de dix ans, était depuis longtemps séparée de sa mère, malade à l’hôpital: plusieurs fois elle avait supplié qu’on la conduisît auprès de la malade. Dans un désir si respectable, ses parents  ne virent qu’un caprice; ils refusèrent. La pauvre enfant allait fréquemment à l’église épancher sa douleur. Un jour, on la trouva au pied de l’autel, sanglotant et presque privée de connaissance. Bientôt après apparurent les symptômes d’une affection de l’axe cérébro-spinal, tels que délire, impossibilité de se tenir debout, etc. On lui appliqua des sangsues à la tête et un séton à la nuque. Tous les symptômes disparurent, excepté la paraplégie; et pour qu’elle en fût traitée, on la fit entrer à l’hôpital.

A peine est-elle au lit, qu’elle demande en pleurant la permission de voir et d’embrasser sa mère. Emu de compassion au spectacle de cette douleur si vraie, le médecin ordonne que le désir de l’enfant soit satisfait. Un infirmier prend dans ses bras la petite paralysée, et la mène où son cœur l’appelle. Dès qu’elle aperçoit sa mère, la petite se jette à son cou; elle la couvre de baisers, veut savoir comment elle se porte, demande à l’entendre parler, et ne peut se rassasier de la voir et de la caresser.

Après quelque temps laissé à ces tendres épanchements, on invite Lucia Marini à quitter sa mère, assez gravement malade et on se disposait à l’emporter, lorsque la chère enfant, se levant sur ses pieds, s’écria, en sautant de joie, qu’elle avait recouvré l’usage de ses jambes et elle regagna en effet son lit sans aide, sans efforts, sans fatigue. A partir de ce moment, jusqu’à sa sortie, qui eut lieu au bout de dix jours, elle ne présenta aucune trace de maladies; et elle passait ses journées auprès de sa mère, la consolant, la soignant.

« L’Ami des sciences. »  Victor Meunier, Paris, 1855.  

Tableau: « L’enfant malade. »    Edvard Munch