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Galipette

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La ladrerie du bon Félix Galipaux est célèbre dans le monde du théâtre. Le plus beau, c’est que ce n’est pas une légende, et les traits, qu’on en rapporte sont souvent au-dessous de la vérité.

L’ingéniosité de Galipaux pour esquiver la moindre dépense a quelque chose de miraculeux. C’est principalement à l’époque des étrennes qu’elle se manifeste dans toute sa beauté. Cette année, voici ce qu’il a trouvé pour ne pas verser l’obole traditionnelle entre les mains du facteur :

Pardon, mon bon ami, a-t-il dit avec une extrême simplicité à celui qui lui présentait son calendrier, j’ai décidé de ne rien donner au facteur cette année.
— Pourquoi donc ? fit l’autre, étonné.
— Parce que vous vous êtes mis en grève en avril dernier, dit Galipaux, et ce jour-là justement est restée en souffrance la lettre très urgente d’un directeur qui me convoquait pour me confier un rôle important. Je suis arrivé trop tard à la convocation, le rôle était confié à un autre, j’ai perdu plus de trente mille francs dans le coup.

Il dit adieu, et gracieusement referma la porte, content de lui.

« L’Œil de Paris. » Paris, 1930.

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La carte

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Deux Anglais étant descendus dans un des principaux hôtels de Cologne, marchandaient d’avance chaque bagatelle, même le prix du couvert à table d’hôte.

Un ami de l’aubergiste, indigné de ce procédé, aujourd’hui si fort en usage chez les voyageurs anglais, lui dit de lui laisser faire le rôle de premier garçon d’auberge; à quoi celui-ci consentit.

Après le repas, les Anglais, qui avaient mangé pour quatre, mais qui n’avaient bu que deux carafes d’eau, demandent leur compte; on le leur présente. En le parcourant, les Anglais voyant que les deux carafes d’eau y sont portées à raison de trente sous l’une, jettent les hauts cris:

Comment ! faut-il payer l’eau de ce pays-ci ?
Sans contredit, répond le prétendu garçon d’auberge, c’est de l’eau de Cologne.