Pissarro

Pour les historiens de Pissarro

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M. Jean Grave nous adresse la lettre suivante au Bulletin de la Vie artistique, dont les historiens de l’impressionnisme lui sauront gré :

Puisque vous publiez des anecdotes sur Pissarro, en voici une qui peut intéresser vos lecteurs, car elle explique la rareté des oeuvres de début de cet artiste. Elle me fut racontée par lui-même.

Pissarro habitait les environs de Paris (Ville-d’Avray, je crois, mais mon souvenir est confus là-dessus) lorsqu’éclata la guerre de 1870-1871. A l’approche des Allemands, Pissarro ferma sa maison et se réfugia à Paris. Le siège levé, il retourna chez lui, mais pour constater qu’il avait été « nettoyé » de la plupart des objets que renfermait la maison, y compris toutes les toiles qu’il avait laissées.

« Les Allemands avaient passé par là » , lui expliquèrent les voisins apitoyés.

Mais Pissarro ne tarda pas à remarquer que pas mal de femmes du village se rendaient au lavoir munies de superbes tabliers de toile, faits d’un assemblage de morceaux de différentes grandeurs.

J’ai oublié comment il lui fut permis d’éclaircir le mystère en soulevant un coin… du tablier, mais le fait est que les dits tabliers portaient encore, à l’envers, la peinture de Pissarro.

« Le Bulletin de la vie artistique. » Paris, avril, 1921.

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