pluie

Nouveaux reptiles

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Ivan-Shishkin

A la suite d’un violent orage qui a éclaté ces jours derniers à Springfield (Illinois), tous les ruisseaux et toutes les mares de la prairie de Taylorsville se sont trouvés remplis d’une innombrable quantité de reptiles.

D’une espèce inconnue dans le pays, ils sont tombés des nues par myriades. Ces intéressantes créatures ont d’un pied et demi à deux pieds de long, et de trois quarts de pouce à un pouce de diamètre. Leur queue est semblable à celle de l’anguille, sauf l’amincissement de l’extrémité, qui n’existe pas. La tête est exactement celle du rémora. Les yeux sont presque imperceptibles et les oreilles indiquées par un simple orifice. La couleur de la peau est bleu de ciel.

La population de Springfield est tout entière occupée à pêcher ces petits serpents d’eau, qui font d’excellentes fritures. On en prend des milliers chaque jour, mais leur nombre semble augmenter sans cesse. On se perd en conjectures sur le lieu de leur provenance.

Maurice Lachâtre. « Nouvelle encyclopédie nationale. »  Paris, 1870.
Illustration : Ivan-Shishkin.

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Un naufragé

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naufrage-chat

Une crue un peu forte s’est produite pendant la nuit, et le fleuve a recueilli un certain nombre d’objets imprudemment déposés trop près de ses rives, poutres, futailles vides, et autres matériaux susceptibles de flotter.

Sur une de ces épaves un chat miaule déplorablement, et tous les cœurs sensibles, affiliés ou non à la Société protectrice des animaux, se demandent avec angoisse quel courageux sauveteur se portera au secours de l’infortuné félin.

« À travers Paris. » Texte et dessin de Crafty.  Paris, 1894..

Pourquoi nous avons eu si froid

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Eugène-Galien-Laloue

On est tellement étonné d’avoir froid, après avoir joui de quelques jours de beau temps, qu’on voudrait toujours que la science nous en explique la raison. 

Or, la science météorologique ressemble, pour cela, au médecin de Molière qui expliquait que quand une fille ne parle pas… c’est qu’elle est muette ; et M. Mascart, membre de l’Institut, explique, avec tout le sang-froid d’un pince-sans-rire, que, si nous avons froid, c’est que nous subissons de vastes pressions ayant pour cause un vent du nord-est ; et comme le vent nord-est n’est généralement pas chaud, nous avons eu froid. Quant à la neige, qu’on, a signalée sur quelques points, elle a été amenée aussi par ce même fâcheux vent du nord-est, qui a transformé en neige la pluie qui allait tomber sur la terre.

En revanche, M. Mascard a souri de cette pauvre humanité, qui ne se souvient jamais d’avoir eu si froid, comme, dans quelques semaines, on ne se souviendra pas d’avoir jamais eu si chaud. Le temps, que nous avons subi n’est nullement anormal, et il y a déjà eu bien des avrils aussi désagréables que celui-ci. Et pour  nous consoler, M. Mascard nous annonce que  nous allions avoir de la chaleur, ou de la pluie.

On ira lui en demander la raison, et il répondra encore, de son ton le plus pince-sans-rire, que, s’il fait chaud, c’est que le soleil nous  brûle, et que, s’il tombe de la pluie, c’est qu’il y a au ciel de grands nuages qui crèvent sur nous.

« Le Journal du dimanche : gazette hebdomadaire de la famille. »  Paris, 1905.
Illustration : Eugène Galien-Laloue.