poème

Le promeneur solitaire

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verlaine

Gustave Kahn aimait à rappeler quelques-uns des nombreux souvenirs que lui a laissés sa longue amitié avec  Paul Verlaine.

Il écrivait n’importe où, racontait-il, sur un coin de table, dans la rue. La marche l’inspirait, son rythme faisait naître en lui le poème. C’est ainsi qu’un jour, en se rendant de Saint-Sulpice à certain café des Batignolles où il avait ses habitudes, il composa le petit poème « Automne ». Au Louvre il nota « Les sanglots longs des violons de l’automne » et à la Chaussée d’Antin « Pareil à la feuille morte ».

Il corrigea le tout sur la table du mastroquet.

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Un poème qui a eu chaud

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ludwig-van-beethoven

Un jour, le maître de chapelle de la cour, Barth, vint chez Beethoven qui était son ami.

  Bonjour ! Qu’y a-t-il de neuf ?
— Vois ! répondit Beethoven en lui tendant un manuscrit. Je fais ceci aujourd’hui, et justement le feu flambe bien dans la cheminée et je veux le jeter dedans.
— Faites voir ?

Barth prit la feuille, la lut, essaya et relut, et dit enfin à Beethoven :

 Je yeux essayer de chanter si vous voulez écouter.
—  Chantez si vous voulez.

Barth commença, Beethoven, furetant dans ses papiers, peu à peu devint attentif. Puis il écouta tranquillement. Sa physionomie, d’abord obscure, s’éclaircit, et lorsque le chanteur eût fini, il devint comme illuminé.

Non, mon cher vieux, s’écrie-t-il alors, nous ne brûlerons pas cela.

C’était son poème immortel : Adélaïde.

« L’Argus méridional. » Montpellier, 1860.
Illustration : peinture de Carl Schweninger.