poulet

A propos du poulet

Publié le Mis à jour le

harry-eliottLes habitants de l’île de Cos étaient des gastronomes émérites. Les Romains, leurs vainqueurs, leur prirent leurs richesses, et, ce qui vaut mieux encore, la manière d’engraisser les volailles. Comme tout ce qui est bon passe de peuple à peuple et de bouche en bouche, nous, à notre tour, nous avons perfectionné cet art si précieux à l’endroit des poulets et poulardes, et plusieurs de nos départements se rendent tributaires de Paris pour alimenter et charmer les tables de nos Apicius modernes. 

Napoléon Ier, après avoir arrosé une aile de poulet d’un verre de Chambertin, dit un jour à Monsieur de Cussy : 

 Diable ! (ce qui équivaut à ventre saint gris !) j’avais trouvé la chair du poulet fade et plate; celui-ci est excellent. 

Monsieur de Cussy répondit à l’impérial gastronome qu’il avait autant de manières d’apprêter un poulet qu’il y a de jours dans l’année; voire même une année bissextile ! 

Comme nous n’avons pas la prétention, ni la place, de détailler les trois cent soixante-cinq recettes culinaires employées pour amener bel et bien sur nos tables cet intéressant volatile, nous nous contenterons de dire aux gens du monde :

« La chair du poulet est nourrissante et facile à digérer; elle est rafraîchissante et d’un suc excellent; enfin elle convient à tous les tempéraments; puis aux gens de cuisine.  Choisissez le poulet jeune comme un enfant au berceau, tendre comme une fille qui commence à aimer, et gras et bien nourri  comme un député périgourdin. » 

« La Salle à manger. » Paris, 1865.
Illustration : Harry Eliott.

Le souper du sanglier

Publié le Mis à jour le

varennes

La gloutonnerie des Bourbons éclate chez Louis XVI  d’une manière intempestive. A aucune époque de sa vie, le pauvre homme ne sut modérer ni contenir son appétit.

Quand il se fut déterminé à quitter les Tuileries, le 21 août 1791, il se détourna de son itinéraire pour déjeuner à Etoges, chez son premier valet de chambre, M. de Chamilly. Quand il entra dans Varennes, les troupes du marquis de Bouillé étaient parties depuis deux heures, mais le postillon Drouet et ses hommes l’attendaient. A peine de retour aux Tuileries, il soupa, dévora un poulet comme si rien d’extraordinaire ne s’était passé.

Il mangeait salement et Buffon, ayant assisté une fois à son grand couvert, laissa échapper un mot qui n’est pas du style soutenu, devant les sangliers domestiques élevés par le Jardin des plantes :

 « Eh bien, le roi, dit-il, mange comme ces animaux-là ! »

« Petit bréviaire de la gourmandise. »  Laurent Tailhade. Paris, 1914.  
Illustration : « Arrestation à Varennes. » Jean Louis Prieur.

 

Billets doux

Publié le

billet doux

On s’est souvent demandé quelle est l’origine du nom de « poulets », qu’on donne généralement aux billets doux.

Autrefois, en Italie, c’étaient les vendeurs de poulets qui se chargeaient des messages d’amour. Ils cachaient le billet sous l’aile d’une des volailles que la ménagère achetait de confiance.

Ces dames, quand elles échangeaient leurs confidences, disaient :

J’ai reçu ce matin un bien joli poulet…

Y a-t-il longtemps que vous n’avez eu de poulet, chère amie ?

Et l’on disait aussi en parlant de deux amoureux en pleine lune de miel :

Ils échangent un poulet tous les matins.

 « La Revue des journaux et des livres. »  Paris, 1887.