prêtre

Un mariage par surprise

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Un événement, qui occupe vivement la haute société de Madrid, s’est produit dimanche dernier, dans l’église de la Conception.

Au moment où le prêtre officiant quittait l’autel, deux jeunes gens se jetèrent à ses pieds en se déclarant réciproquement :

Je t’aime et je consens à t’épouser.

Le jeune homme est un tout petit employé de la Cour des Comptes, Juan Milla, et la jeune fille s’appelle Josefa Ramirez de Arrellano y Moyano, fille de la richissime marquise de la Fuensenta del Balle.

Les jeunes amoureux étaient accompagnés du comte de Jover, du major Estrada et du dessinateur Antunez. Ces mariages, qu’on appelle matrimonios  por sorprisa (mariages par surprise) sont fréquents en Espagne. On les lient pour valables devant l’église.

En tout cas, celui qui nous occupe sera un régularisé : touchée par tant d’amour, la marquise, qui jusqu’à présent s’était obstinément refusée à donner son consentement, vient d’autoriser sa fille à s’unir au roturier Juan Milla.

 « Arcachon-journal » 1899.
Peinture de Antonio López García.

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Confession

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Lorsque le duc de Vendôme commandait l’armée des deux couronnes en Lombardie, la désertion était considérable parmi les Italiens.

En vain la peine de mort était exécutée contre les déserteurs, rien ne pouvait fixer le soldat sous ses drapeaux. A la fin, le général fit publier que tous ceux qui déserteraient seraient pendus à l’instant, et sans l’assistance d’aucun prêtre. Cette punition, comme on l’avait prévu, fit sur eux plus d’impression que la mort même.

Ils auraient bien risqué d’être pendus, mais ils n’osèrent pas courir le risque d’être pendus sans confession.

Victor Fournel. « Dictionnaire encyclopédique. » Paris, 1872.

Les omelettes

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lacordaire.

On lit dans la brochure intitulée le Prêtre, une anecdote très piquante sur le père Lacordaire. Lacordaire est non seulement un homme de génie dans ses conférences, mais encore un homme de beaucoup d’esprit hors de l’église.

Il se trouvait un jour, par hasard, à côté d’un monsieur se disant athée. Cet incrédule se mit à discuter longuement et tout seul contre l’existence de Dieu. Il s’adressa brusquement au célèbre dominicain :

Monsieur, lui dit-il, c’est à vous de nous éclairer sur cette grave question. Dites-nous, n’est-il pas absurde de croire ce que la raison ne saurait comprendre ?
— Nullement, répondit le père Lacordaire, je suis d’un avis tout contraire.

Et il ajouta :

Comprenez-vous comment il se fait que le feu fait fondre le beurre, tandis qu’il durcit les œufs : deux effets contraires produits par la même cause.
— Non… Mais que concluez-vous de là ?
— C’est que cela ne vous empêche pas de croire aux omelettes !

« La Chronique monstre du Journal monstre. » Léo Lespès, Paris, 1858.

Charité ingénieuse

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curéUn vieux prêtre fort pauvre venait de recevoir la visite d’un mendiant qui marchait pieds nus. Emu de tant de misère, il lui donna aussitôt une bonne paire de souliers neufs qu’il venait d’acheter.

Comment, monsieur l’abbé, vos souliers neufs pour ce vagabond ! lui dit sa servante. Vos vieux souliers auraient bien suffi.

Taisez-vous, Marguerite, dit le prêtre. Avec de vieux souliers, il serait revenu demain; avec des souliers neufs, je ne le reverrai pas de trois mois.

Une distraction épiscopale

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prêtre

M. de Bonnac, évêque d’Agen, étant allé à la campagne chez un de ses amis, son postillon se laissa tomber du haut d’un grenier à foin sur le pavé. Tout le monde courait au secours du malheureux qui était tout fracassé.

Allez chercher un chirurgien ! criait-on.

Eh non, dit naïvement l’évêque dans le plus grand effroi, cet homme se meurt; vite un prêtre, amenez un prêtre

Et vous, monseigneur, ne l’êtes-vous pas ? répondit quelqu’un qui était plus de sang-froid.

Ah ! c’est vrai, je n’y pensais pas, répliqua le prélat, à qui l’excès du trouble avait fait oublier son caractère.

Voltaire en promenade

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VoltaireVoltaire se promenant avec un de ses amis, un prêtre, suivi de son escorte, portant le saint viatique, vint à passer. Le philosophe ôte son chapeau; son ami lui demande s’il était réconcilié avec Dieu:

« Nous nous saluons, répondit Voltaire, mais nous ne nous parlons pas. »

Quand on sait sa Bible

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femme-jarretière

Au temps des jarretières, une dame française, de passage à Londres, perdit, en passant dans le Strand, un des élégants soutiens de ses bas. Elle ne s’en était pas aperçue tout de suite. Celui qui avait trouvé le colifichet courut après elle en l’appelant. Comme elle le remerciait dans la langue de Shakespeare, il sourit et se contenta de répondre :

Deutéronome, chapitre tant, tel verset.

C’est seulement à ce moment qu’elle s’aperçut, au costume de cet homme, qu’elle avait affaire à un pasteur. Il disparut et, ayant remis sa jarretière à l’abri d’une porte, elle rentra à son hôtel. Là, intriguée par l’étrange réponse de l’obligeant homme de Dieu, elle demanda une Bible et y chercha le chapitre et le verset indiqués. Or, voici ce qu’elle lut :

« Le bonheur est plus haut … »