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Charité

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Il n’est pas d’âme humaine au fond de laquelle il ne reste aucun sentiment humain.

Dans son ouvrage sur les prisons, l’écrivain anglais Buxton rapporte que, lorsqu’il alla visiter la prison de Bristol, la ration de pain accordée aux criminels était au-dessous du nécessaire. Par une bizarrerie étrange et cruelle, aucune ration n’était allouée aux prisonniers pour dettes.

Plus d’un débiteur, ne recevant aucun secours du dehors, serait infailliblement mort de besoin sans l’humanité des criminels, qui partageaient avec leurs camarades de prison une ration insuffisante pour eux-mêmes.

« Almanach du Magasin pittoresque. »  Paris, 1861.
Illustration :  Vincent Van Gogh.

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Le gardien se fait la belle

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poilus-prisonniers-allemands.

Le Conseil de guerre d’Orléans vient de condamner à deux ans de prison le soldat Raynaud, et les débats de l’audience furent dignes de ces tribunaux comiques, dont parla Jules Moineaux, père de notre Courteline.

Or donc, le soldat Raynaud était occupé à la garde d’une vingtaine de prisonniers boches, lesquels moissonnaient chez M. Courtier, agriculteur. Certain jour d’août, où Phœbus dardait trop ardemment, Raynaud s’en fut boire au prochain village, laissant là ses vingt prisonniers. Ceux-ci, d’un mouvement rythmique et discipliné, continuèrent à faucher. Cependant, ne voyant point revenir leur gardien, à l’heure du souper, ils prirent la sage résolution de rentrer à la ferme. Raynaud, ayant bu avec abondance dormit abondamment dans les blés et ne rentra que le lendemain. Mais il se dit que puisque ses prisonniers travaillaient tout seuls et rentraient d’eux-mêmes, il pouvait s’octroyer une petite permission de 48 heures.

C’est cette permission qui l’amena devant le Conseil de guerre. Ses prisonniers déposèrent à son avantage. L’un d’eux raconta qu’ayant cherché leur gardien partout, ils avaient compris qu’il s’était échappé. Et le fermier déclara qu’il n’avait jamais eu un aussi bon gardien que Raynaud.

Le Tribunal rit aux larmes… mais punit.

« Le Carnet de la semaine. »  Paris, 1917.
Illustration : Prisonniers allemands, surveillés par des poilus. Photographie de presse. Agence Rol. 1917 (avec mon profond respect).