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Madame le maire

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Le 8 avril 1894, la ville de Pleasanton (Kansas) est la première ville des Etats-Unis qui ait pour maire une femme.

La belle Mme Austin a été élue.  récemment après une campagne électorale des plus chaudes qu’elle a menée elle-même. Elle l’a emporté de vingt-six voix sur son concurrent, un quincaillier, soutenu par tout le commerce de la ville et qui, même, particularité plaisante, avait obtenu la voix du propre mari de sa rivale. Ce dernier semblait peu partisan de la participation des femmes, et encore moins de celle de son épouse, aux affaires publiques.

Il faut dire aussi que Mme Austin est une maîtresse-femme et une femme au caractère bien trempé. Elle a déclaré une guerre à mort, dans le conseil municipal, qui n’est composé que d’hommes, aux cafés et aux maisons de jeu, et a dénoncé énergiquement l’immoralité de l’administration précédente qui a imposé une amende à ces établissements pour en tirer un revenu. Elle a déclaré qu’il était temps de changer un état de choses où les finances de Pleasanton reposaient en partie sur une tolérance immorale.

Son premier acte officiel a été de révoquer toute la police et de la remplacer par des hommes sûrs, ayant ordre de faire respecter rigoureusement la loi qui prohibe la vente des liqueurs et le jeu. Aussi les cafés et les tripots se sont-ils fermés comme par enchantement. Les propriétaires et les gérants de ces établissements ont disparu de la ville. La vente de cigarettes aux mineurs a été interdite. Les jeunes garçons et les jeunes filles de moins de seize ans, qui sont trouvés dans la rue après neuf heures du soir, sont arrêtés. Tous les magasins et restaurants doivent être fermés à dix heures.

On ne rigole plus à Pleasanton.

Source : « Almanach du Brésil républicain. »  Rio de Janeiro, 1895.

Envers et contre tout

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Va-t-on rapporter la loi de prohibition ? Certains le prétendent. A cette seule annonce, les purs et les irréductibles ont protesté.

Parmi eux, Henry Ford, l’industriel. Il a déclaré que si l’on abrogeait le régime sec, il fermerait ses usines. Cette mesure mettrait évidemment un nombre considérable d’ouvriers en état de chômage.

Rien n’embarrasserait plus le gouvernement. 

C’est, au fond, là, une véritable méthode d’intimidation et de chantage. Réussirait-elle ? Tout est là. Ford a-t-il donc peur que si ses ouvriers buvaient quelque vin ou quelque alcool de France, ses automobiles seraient construites de travers ?

« L’Impartial. » Djidjelli, 1931.

La loi sur les culottes

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On sait que les Mexicains ne portent ordinairement, quand il fait chaud, qu’une chemise et de larges caleçons en coton appelés calzoncillos, La législature de Zacatecas, prenant les intérêts de la civilisation et de la décence, a décrété : 

Article premier. L’usage des calzoncillos à l’extérieur est désormais prohibé dans tout l’Etat. Des pantalons ou des culottes leur seront substitués. 

Art.2. Si, dans deux mois après la publication de ce décret, ses dispositifs ne sont pas exécutés, tous les contrevenants payeront une amenda de 1 fr. 25 c. par mois au profit du Trésor public.

« Le Voleur illustré. » Paris, 1869.

Bars recyclés

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Depuis que la vente et la consommation de l’alcool ou des boissons alcoolisées sont interdites aux États-Unis, la vie du pays s’en trouve singulièrement changée.

Les cafés n’existent pas en Amérique, mais les bars y étaient extrêmement nombreux. Les commerçants qui vivaient de la vente des boissons ont dû chercher d’autres occupations et on transforme, actuellement, tous les bars. Beaucoup sont déjà devenus des librairies. L’une de celles-ci a été inaugurée récemment à New York par des hommes de lettres.

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Un bar recyclé servant des jouets : quelle bonne idée ! 😀

« Le Miroir. »Paris, 1919.

Cola de communion

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pretre.Extrait d’une lettre adressée par le Révérend R. H. Rice, de l’Eglise libérale de Denvers, à une fabrique de Coca-cola, boisson rafraîchissante : 

Monsieur le directeur,

A cette époque de prohibition, vous avez entendu dire qu’en de nombreuses églises on a remplacé le vin de communion par de l’extrait de grappes non fermenté. Nous sommes fiers d’être les premiers à faire usage du coca-cola.

Dimanche dernier, pendant la communion, une grande bannière portant le nom  Coca-Cola fut déployée.

La pureté. la qualité et le goût excellent de votre breuvage justifient l’usage que nous en faisons, et nous espérons que beaucoup d’autres congrégations suivront notre exemple.

« Mercure de France. »  Paris, 1927.
Illustration : montage personnel.

Prohibition

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Sait-on que les officiers chargés, en Amérique de faire observer la prohibition et de veiller au régime sec, se livrent à de véritables crimes, demeurés du reste impunis, les tribunaux ne voulant pas déconsidérer la prohibition.

C’est, en quelque sorte, le régime de la terreur. Les officiers de police s’en  donnent d’assouvir leurs vengeances personnelles ou de faire des cartons sur ceux qu’ils soupçonnent, de ne pas observer l’Act Volsteadt.

Enfin, la rumeur publique se serait émue. Quatre agents, accusés d’avoir tué un fermier qui fabriquait de la bière, vont être jugés à Washington. Déjà, prohibitionnistes et antiprohibitionnistes se passionnent et entrent en guerre.

Mais que dire de ce régime sec qui consiste à  faire couler du sang ?

« Comoedia. »Gaston de Pawlowski   Paris, 1927.