promesse

Les bons de tabac

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maréchal-Canrobert.

Il est des anniversaires qui semblent insignifiants et qu’il convient pourtant de rappeler. Voici soixante ans que fut institué le bon de tabac par l’illustre maréchal Canrobert.

L’affection et l’amour du maréchal pour les soldats sont connus. Sa préoccupation constante était d’assurer leur bien être matériel. C’est pourquoi il provoquait fréquemment leurs réclamations. En 1854, au cours d’une tournée d’inspection qu’il faisait à Lunéville, il avise dans les rangs un soldat à la physionomie franche et intelligente et lui pose les questions d’usage :

Es-tu content de l’ordinaire ? La soupe est-elle bonne ?
Enchanté, monsieur le maréchal. Mais ça manque de tabac !
Comment, ça manque de tabac ?
Mais oui, monsieur le maréchal, on nous interdit d’en acheter aux contrebandiers et celui de la régie coûte cher. Dame ! un sou par jour !
C’est bien, dit le maréchal : tu auras satisfaction.

De retour à Paris, le maréchal n’oublia pas sa promesse. Quinze jours après, une décision ministérielle instituait les bons de tabac. Et depuis lors, les bons ont été distribués régulièrement.

Le troupier français, qui en bénéficie tous les dix jours, a-t-il encore un souvenir pour le brave Canrobert ?

« Nouvelles de France : chronique hebdomadaire de la presse française. » Paris, 1914.
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La promesse de mariage

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Paul Berthon
Paul Berthon

Une belle Bretonne, qu’on appelait mademoiselle Lessevin, voulant tirer parti de ses attraits, s’imagina qu’Adolphe de Gainville, qui en paraissait touché, et qui était jeune, aimable, riche surtout, pourrait bien donner dans le sacrement.

Après avoir employé avec assez d’art les rigueurs et les complaisances, elle obtint de lui une promesse qui devait être effectuée lorsqu’elle le requerrait. L’amant devint volage; c’est l’effet ordinaire des faveurs. La demoiselle se plaignit, ne le ramena pas, et voulut faire valoir sa promesse en justice. On la lut en présence des Juges; mais quelle fut sa confusion en entendant prononcer ces mots :

Je soussigné promets d’épousseter mademoiselle de Lessevin toutes les fois que j’en serai requis par elle.

On s’imagine bien que la demoiselle retira sa requête.

Les mille et une anecdotes … Passard, Paris, 1854.