provocation

Le cinématographe provocateur

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Il est inutile de rappeler le rôle que le cinématographe a joué, en maintes circonstances, comme agent incendiaire, mais voici que les journaux américains l’accusent maintenant d’un tout autre genre de méfaits.

Il parait, en effet, que des entrepreneurs hardis font naître sciemment et à point nommé des scènes de désordre, afin de pouvoir les cinématographier.

C’est ainsi que. lors de l’exécution récente d’un assassin, à New-York, dès que le bourreau eut terminé son œuvre, un groupe d’individus sans aveu attaqua subitement, et sans motif apparent, les agents du shérif.

Une lutte terrible à coups de poings s’ensuivit, et la foule, sans savoir de quoi il s’agissait, ayant pris parti pour les uns ou pour les autres, les scènes de désordre se propagèrent rapidement sur une grande partie de la place, tandis que, dans d’autres coins, le public se contentait de se réjouir férocement de la bagarre.

On a su, depuis, que l’attaque contre les gardes du shérif avait été arrangée d’avance par un fabricant de vues cinématographiques, et que les individus en question avaient été loués et grassement payés par lui.

« La Science française. »  Paris, 1897.
Illustration : Mulberry Street, on the Lower East Side, circa 1900