prudence

Un cas embarrassant

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saint-benoit

Un petit bourg possédait un Conseil municipal remarquable par sa prudence et qui avait pris pour règle de conduite : « Ne faites jamais un pas sans que l’autre soit bien assuré ». En toute occasion on appliquait ce sage principe. 

Or, le petit bâtiment qui servait de prison était si vieux et si délabré qu’il ne pouvait même plus être réparé. On décide la construction d’une nouvelle prison, et le Conseil fut assemblé pour régler la manière dont l’affaire serait conduite. Les discussions furent longues et ardues. Le maire prêchait l’économie, l’adjoint faisait valoir la nécessité d’avoir un endroit sûr pour enfermer les malfaiteurs. Un conseiller municipal voulait avoir une nouvelle prison le plus tôt possible, un autre voulait garder l’ancienne. Pour tout concilier et ne rien laisser en souffrance, on tomba d’accord sur l’arrêté ci-dessous : 

Art. Ier. Une nouvelle prison sera construite.
Art. II. La vieille prison restera telle qu’elle est jusqu’à ce que la nouvelle soit terminée.
Art. III. On construira la nouvelle prison avec les matériaux provenant de l’ancienne. 

« Le Petit Français illustré. » Paris, 1891.
Peinture : Adolphe Elisée Bourde.

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Rotrou le prudent

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jean-de-rotrouJean de Rotrou, auteur tragique (1609-1650), était joueur, et il avait un expédient singulier pour s’empêcher de dilapider tout son argent en une seule fois.

Quand les comédiens lui apportaient un présent pour le remercier d’une de ses pièces, il jetait ordinairement les pistoles ou les louis sur un tas de fagots qu’il tenait enfermés, et quand il avait besoin d’argent il était obligé de secouer ces fagots pour en faire tomber quelques pièces ; ce qui l’empêchait de récupérer tout son argent d’un coup, et ainsi lui faisait laisser toujours quelque chose en réserve.