psychologique

Surprise aérienne

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bombe

Le premier bombardement aérien a eu lieu le 16 décembre 1912. Il fut effectué par le lieutenant Raoul Milkov, de l’armée bulgare qui, lors du siège de la forteresse d’Andrinople jeta sur celle-ci deux bombes fabriquées avec des moyens rudimentaires.

Ces bombes étaient fixées à la place de l’observateur, dans une caisse pleine d’avoine pour éviter les secousses. 

Les dégâts causés par ces deux engins furent modestes. Quelques trous aux environs de la gare. Mais ils eurent un effet psychologique si important qu’ils amenèrent la reddition de la citadelle quelque temps après.

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Le coupable

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proces

Le procès Verger a eu son premier dénouement. La peine de mort a été prononcée. Nous n’avons rien à dire sur cette affaire, qui ne supporte pas la plaisanterie. Si on ne le considère pas comme un fou, l’assassin est du moins de la catégorie de ces êtres exaspérés, pour qui rien n’existe plus au monde que l’ardeur d’une vengeance à assouvir.

Son attitude à l’audience, ses fureurs, ses cris, ses convulsions, tout annonce un fanatique ivre de sa colère. Il n’offre aucun intérêt à l’analyse psychologique, à moins qu’on n’y trouve un exemple de vanité extravagante, d’orgueil démesuré. Sa famille est d’ailleurs fantasque. Le frère voulait exploiter la vente du portrait de son frère; le père pose pour les courses que cette affaire lui a occasionnées !

Ne trouvant pas matière à élucubrations philosophiques, les journaux judiciaires se rattrapent sur les détails intimes. La curiosité avec laquelle le public est avide de connaître l’heure et la quantité des repas de Verger est quelque chose de prodigieux ! Que peut-il donc résulter de ces détails ? Est-ce l’espoir d’un remords qui fait courir après ces indiscrétions ? En tous cas, voici ce que les journaux impriment gravement :

Verger a peu dîné dimanche. Sa nuit a été agitée et sans sommeil. Sa respiration était courte et oppressée. Il changeait souvent de place et de posture sans pouvoir trouver le calme et le repos. Il s’est levé lundi de grand matin. Sa figure, ordinairement pâle, était livide et portait des traces d’une nuit d’insomnie. Son abattement était extrême. Il a demandé son déjeuner, mais c’est vainement qu’il a voulu manger. Après d’inutiles efforts pour vaincre l’état d’affaissement dans lequel il se trouvait, il a renvoyé le mets qui lui avait été apporté.

Ces renseignements conviendraient aussi bien à un journal de médecine. Au surplus, il est peut-être essentiel de constater, au point de vue de la découverte des crimes et de l’étude des criminels, les symptômes physiques qui précèdent, accompagnent ou suivent les émotions de la cour d’assises. On a déjà publié dans un journal que Verger paraissait avoir à l’audience le gosier très desséché. Ce détail, qui a pu faire sourire, tient à un ordre de considérations fort graves.

Balzac, dans des travaux publiés par la Revue de Paris en 1852, et que les entrepreneurs de ses œuvres complètes n’ont pas encore réimprimés, racontait que Vidocq et Samson lui avaient affirmé, comme un fait sans aucune exception et hors de toute controverse, que tous les criminels, au moment de leur arrestation, étaient atteints d’une suppression de salive qui ne cessait qu’après plusieurs semaines. Les assassins sont ceux qui recouvrent le plus tard la faculté de saliver. L’exécuteur des hautes-œuvres n’avait jamais vu d’homme cracher en allant au supplice, ni depuis le moment où on lui faisait la toilette. Et à ce propos Balzac racontait, en attestant son authenticité, l’anecdote suivante :

Sur une frégate du roi, avant la révolution, en pleine mer, il y eut un vol de commis. Le coupable était nécessairement à bord. Malgré les plus sévères perquisitions et l’habitude d’observer les matelots, on ne put rien découvrir touchant l’auteur du vol. Grande rumeur ! grand désappointement dans tout l’équipage. Quand il eut vu la stupéfaction générale, le contremaître dit au commandant :

Demain matin, je trouverai le voleur.

Le lendemain, le contremaître fait ranger l’équipage sur le gaillard, en annonçant qu’il va rechercher le coupable. Il ordonne à chaque homme de tendre la main, et lui distribue une petite quantité de farine. Il passe la revue en commandant à chaque homme de faire une boulette avec la farine, en y mêlant de la salive. Il y eut un homme qui ne put faire sa boulette faute de salive.

Voilà le coupable , dit le contremaître qui ne s’était pas trompé.

Verger n’éclaircira aucun problème psychologique. Il servira tout au plus à préciser une fois de plus ce phénomène de physiologie.

« Le Chroniqueur de la semaine. »  Libr. A. Taride. Paris, 1856.
Image d’illustration.

Gourmets

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fromage

Le fromage est une des gloires de la production française. On connaît le fameux sonnet de Saint-Amand sur le Brie. M. E. de Pomiane raffine encore (c’est bien le mot) et assure que, seuls, les pays ultra-civilisés, les nations qui ont eu une renaissance artistique, possèdent une gamme de fromages.

La France a ses Camenbert, ses Brie, ses Roquefort, l’Italie ses Gorgonzola, ses Parmesan, ses Caciocavallo. Et les fromages suisses, anglais, allemands ne peuvent égaler leur gloire… Il est assez curieux de constater la désaffectation actuelle des tables bourgeoises pour le fromage. C’est une erreur psychologique et hygiénique, tout fromage étant une colonie de bacilles digestifs.

Le fromage pourrait se plaindre de l’ingratitude humaine,  d’autant que Brillat-Savarin d’ordinaire si généreux lui décocha cet aphorisme célèbre, assez étrange comme sens et comme signification :

« Un repas sans fromage est une jolie femme qui n’a qu’un œil ».

Malgré sa passion pour le Livarot, on peut se demander quel rapport existe entre le regard divin d’une Aspasie et un conglomérat de ferments lactiques…

« La Femme de France. »  Paris, 1927.